le 22/10/2014 à 14h41

CAN : Platini soutient la thèse d'un report... et se voit renvoyer la crise en Ukraine en pleine face

Michel Platini aurait sans doute mieux fait de s'abstenir.
Le président de l'UEFA avait soutenu dimanche l'hypothèse d'un report de la Coupe d'Afrique des Nations, censée débuter en janvier, en raison des risques liés à une épidémie d'Ebola au Maroc, pays hôte. Un avis que n'a guère apprécié la Confédération africaine de football, qui lui a rappelé un autre épisode contesté : le déroulement de matchs en Ukraine…

La Confédération africaine de football se montre ferme. Elle a déjà rejeté la demande du Maroc, pays organisateur de la CAN 2015 (du 17 janvier au 8 février), qui souhaitait un report de la compétition craignant une épidémie d'Ebola sur son sol. Et quand le président de l'UEFA Michel Platini évoque le sujet, la repartie n'est pas tendre.

Une «ingérence» du président de l'UEFA

Au président qui préconisait l'avis des «instances mondiales de la santé» sur beIN Sports dimanche pour maintenir l'organisation ou non de la compétition, la CAF a réagi via un communiqué ce mercredi. «En dehors des trois pays lourdement touchés par cette épidémie que sont la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia où l'OMS a clairement indiqué à la CAF qu'il fallait éviter les rassemblements de masse, la mesure pour l'instant ne vaut pour aucun autre pays du continent.» Et la réponse n'est pas finie.

Le cas ukrainien pointé du doigt

«Il faudrait se garder de ce qui apparait en tout point de vue comme une ingérence dans des affaires qui concernent d'abord et avant tout l'Afrique et la CAF» rappelle ce communiqué, avant d'évoquer une situation tout autant explosive : l'Ukraine. «Malgré les risques inhérents au conflit armé qui sévit en Ukraine, pays où un avion civil a été abattu faisant près de 300 morts, l'UEFA n'a pas jugé nécessaire (…) de faire disputer les matchs dans un périmètre de sécurité en dehors de cette nation.»

Le vol MH17, vraisemblablement abattu par des séparatistes pro-russes, avait sonné le point culminant des tensions dans un pays déchiré par la guerre civile. Un match de Ligue Europa, entre le Dynamo Kiev et Valence, avait pourtant bien été délocalisé à Nicosie, à Chypre, tandis que six joueurs du Shakhtar Donetsk (cinq Brésiliens et un Argentin) avaient refusé de rallier le club en début de saison.

L'OL peut témoigner...

Mais auparavant, en février, la rencontre entre Odessa et l'Olympique Lyonnais avait bien eu lieu sur le sol ukrainien. Malgré la demande de délocalisation des Lyonnais, l'UEFA s'était montrée inflexible.

Et l'instance africaine de résumer son message à Michel Platini. «La CAF tient par la présente à réaffirmer qu'elle attache du prix au respect de sa souveraineté et n'entend laisser qui que ce soit interférer dans la gestion de ses affaires.» Le message est passé.

Selon vous, Michel Platini a-t-il eu tort d'évoquer la CAN, qui ne dépend pas de sa juridiction ? Pour en débattre, «Publiez un commentaire» dans l'espace ci-dessous…

Par Maxime Deloffre, le 22/10/2014 à 14h41