le 18/12/2007 à 01h50

Palacio, un buteur patient

L'attaquant argentin de Boca Juniors s'affiche d'ores et déjà en tête de liste des attractions du prochain mercato d'hiver. Après avoir enflammé la Bombonera, Rodrigo Palacio, âgé de 25 ans, est aujourd'hui prêt à découvrir le haut niveau européen, et pourrait passer par la Ligue 1.

Batistuta, Palermo, Tevez mais aussi Riquelme, Veron ou, bien sûr, «el Pibe de Oro» Diego Maradona. On en passe et des meilleurs... Rodrigo Palacio, le dernier représentant en date de l'impressionante pépinière de Boca Juniors n'a rien à envier aux statistiques affolantes de ses illustres devanciers. Portant pour la première fois le maillot xeneize en février 2005, sa moyenne de près de 0,4 but par match depuis ses débuts est d'autant plus remarquable que Palacio est avant tout un joueur reconnu pour sa polyvalence. Tout à fait capable d'évoluer en tant qu'ailier, son poste de formation, il lui arrive aussi de reculer pour assurer de brillants intérims de milieu offensif. Mais c'est bel et bien face au but qu'il s'est taillé une belle réputation, associé notamment à Martin Palermo pour former le fameux duo "Pa-Pa" lui permettant notamment de remporter la dernière Copa Libertadores mais aussi la Copa Sudamericana (l'équivalent de notre Coupe de l'UEFA) en 2005, les tournois d'ouverture 2005 et de clôture 2006 du championnat ou encore deux recopas sudamericanas en 2005 et 2006.

Né le 5 février 1982, Palacio n'est pas un de ces jeunes prodiges tonitruants qui, à peine sorti du centre de formation d'un des plus grands clubs du pays, n'a besoin que de quelques entrées en jeu, de quelques gestes techniques puis de quelques buts sensationnels pour attirer toute l'attention des médias et pouvoir s'exiler en Europe quasi-instantanément. Pour ensuite s'y perdre, en manque d'adaptation... Non, Palacio n'est pas un Tevez parti à West Ham à 22 ans, ni un Saviola expatrié à Barcelone à seulement 19 ans pour un parcours en dents de scie. La nouvelle coqueluche de la Bombonera, lui, a été formé dans son club de Huracan, l'un de ces si nombreux clubs en Argentine dont le suiveur européen a déjà entendu parler mais qui n'a jamais gagné de titre... Il y joue son premier match professionnel en 2002, puis part à Banfield en 2003 pour y parfaire ses gammes avant d'intégrer Boca en début d'année 2005.

"El Rayo" devrait aussi avoir droit à son poster

Un mois après sa première apparition sous la fameuse tunique bleu et or, Palacio est convoqué en équipe d'Argentine par José Pekerman en mars 2005 pour un match amical face au Mexique. Il fait depuis régulièrement partie du groupe et, s'il lui est pour l'instant encore un peu difficile de prétendre à une place de titulaire, il est donc des quart-finalistes du Mondial 2006 (où il dispute notamment la dernière demi-heure de la rencontre face à la Côte d'Ivoire en remplacement d'Hernan Crespo) et de l'équipe finaliste de la dernière Copa America face au Brésil (0-3). Barré donc pour le moment par les talents de Messi, Tevez, Crespo ou encore Milito en sélection, il balaie tout sur son passage en club et, forcément, cette progression ne peut laisser indifférent. A déjà vingt-cinq ans, l'homme possède, en plus du traditionnel bagage technique sud-américain ayant constitué un nombre incalculable de joueurs hors normes, cette expérience, cette maturité et cette patience qui manquent souvent aux très jeunes pépites sud-américaines, trop rapidement séparées de leurs racines. Alors, forcément, un profil aussi polyvalent et doué techniquement que solide et aguerri mentalement, cela attire...

Arsenal, Barcelone, la Juve mais aussi Lyon et Marseille le suivent. A priori, l'Olympique Lyonnais serait le mieux placé, au vu du prix exigé par les dirigeants argentins (près de 18 millions d'euros) et pour d'évidentes raisons sportives. Les Gunners et les Blaugrana, notamment, avaient fait de lui une de leurs priorités mais avant tout lors du dernier mercato estival. Un peu moins en vue ces derniers temps, cela ne devrait certainement pas freiner l'évolution du gamin de Bahia Blanca, lui qui, dans cette capitale du basket (sport très populaire en Argentine), avait tout naturellement commencé sa carrière sportive sur les parquets... Voisin de Pepe Sanchez, meneur de l'équipe argentine championne olympique, ils allaient notamment tous les deux rendre visite, enfants, à une épicière qui a toujours refusé depuis d'afficher le poster du footballeur à côté de celui de Pepe au-dessus des boîtes à bonbons autrefois dévalisées par les deux compères, tant qu'il n'aurait pas accompli les mêmes exploits que le copain basketteur. Cela ne devrait plus trop tarder pour "El Rayo" ...

Par Thomas Siniecki, le 18/12/2007 à 01h50