le 05/05/2008 à 22h41

Yaya Touré, bonne pioche du Barça

Il aurait pu ne jamais être connu. L'Ivoirien, formé à l'ASEC Abidjan, est passé par les championnats belge, ukrainien et grec avant de rejoindre l'AS Monaco en 2006. Aujourd'hui à Barcelone, Yaya Touré est devenu un élément indispensable dans le système de jeu imposé par Frank Rijkaard. Athlétique, puissant… Tiens, comme Patrick Vieira.

A l'époque, le quotidien sportif catalan El Mundo Deportivo avait consacré sa Une à l'arrivée de Yaya Gnegneri Touré à Barcelone. Avec un titre évocateur : «Un Vieira pour le Barça» . C'était en juin dernier. Les dirigeants blaugranas venaient de poser 9 millions d'euros sur la table pour s'offrir la perle ivoirienne. «Il est fort, dur, difficile à bouger, il porte bien le ballon et a la qualité pour le distribuer» , se réjouissait alors le directeur sportif du club Txiki Begiristain.

Et dès sa première saison, Yaya Touré a su trouver sa place dans le jeu catalan. Celle d'un pivot situé devant la défense, jusque là point faible du Barça. Bien sûr, pas de comparaison possible entre le jeu qu'il produit en Liga et celui qu'il pratiquait à l'Olympiakos ou à Monaco. Fini donc le temps où l'Ivoirien disposait d'une certaine liberté offensive, n'hésitant pas à gêner les défenses adverses. Chez les Catalans, ses montées sont forcément moins fréquentes. Yaya Touré doit faire son job. Avec force et autorité. Point.

De Beveren au Barça

Yaya Touré explose donc cette saison en Liga, et a disputé 24 matches sous le maillot barcelonais en Liga et 7 en Ligue des Champions. Tout va bien pour lui, donc. Mais il aurait pu ne jamais être révélé. Et rester un de ces footballeurs talentueux, mais qui ne percent pas. Dans les rangs de l'académie de Jean-Marc Guillou à Abidjan, Yaya Touré a longtemps été présenté comme le futur Patrick Vieira. Parti à Beveren, point de chute de la plupart des jeunes Ivoiriens, il est resté trois ans en Belgique avant de rejoindre le Metalurg Donetsk en Ukraine. Où il a passé près de deux saisons déprimantes.

Son coup de chance se nomme Trond Sollied. L'entraîneur de l'Olympiakos, ancien boss de Bruges, avait remarqué le joueur en Belgique. Il a donc tout fait pour le récupérer dès son arrivée au Pirée. Bonne pioche. Lors de saison chez les Grecs, l'Ivoirien remporte le championnat. Mieux, il est l'un des seuls à tirer son épingle du jeu lors des matchs de poules disputés par son club en Ligue des Champions.

A la Patrick Vieira…

Puis arrive la Coupe du monde 2006. En Allemagne, il est titulaire lors des trois rencontres de la Côte d'Ivoire. Face à l'Argentine, les Pays Bas et la Serbie. Yaya Touré rejoint alors la Ligue 1 et une équipe de Monaco belle à voir sur le papier mais timorée sur le terrain. Sauf que László Bölöni ne compte pas vraiment sur lui. Les matches, c'est davantage du banc de touche qu'il les regarde. L'entraîneur de l'époque l'apprécie peu. En interne, il l'aurait même qualifié de «demi-joueur» . Devant la presse aussi, il le tance. Son salut viendra donc avec l'arrivée de Laurent Banide. Sa rapidité et sa puissance physique font de lui un atout redoutable pour Monaco. Evoluant au poste inhabituel de milieu offensif, Touré marque cinq buts pour autant de passes décisives.

Malgré tout en juin dernier, l'international ivoirien quittait un Rocher ébranlé, pour rejoindre une équipe de Barcelone qui souhaitait renforcer son milieu de terrain. Yaya Touré, c'est son jeu qu'il a renforcé. Petit Yaya est donc devenu grand. Et suit les traces de son frère aîné Kolo, le Gunner. C'est d'ailleurs lui qui l'a comparé le premier à «Patrick Vieira» . Yaya Touré n'a que 24 ans. A son âge, Patrick Vieira était déjà un pion incontestable du milieu de terrain d'Arsenal. Il était puissant, athlétique, avec une formidable couverture de balles. Tiens, Yaya Touré aussi.

Nom : Touré
Prénom : Yaya
Age : 24 ans
Taille : 1m87
Poids : 78 kg
Poste : milieu de terrain
Club actuel : FC Barcelone (Liga)

Par Raphael Godet, le 05/05/2008 à 22h41