le 04/02/2010 à 08h49

Débat : faut-il nettoyer les stades au karcher ?

Les forces de l'ordre attendent les nouvelles consignes
OUI ! Pour 60% d'entre vous, les autorités doivent prendre le problème à bras le corps et nettoyer les tribunes des casseurs et autres fauteurs de trouble. Mais préconisé par les uns, le modèle anglais ne plait pas à tout le monde... Vos réactions pour le Débat du Jeudi !

Projectiles, bombes, invasion du terrain, violences physiques et verbales, les tribunes françaises ont été le théâtre de nombreux débordements depuis le début de la saison. Mais que fait la police ? Les autorités doivent-elles employer les grands moyens ? Samedi dernier à Monaco, la pelouse du stade Louis II a été envahie par des dizaines de supporters de l'OGC Nice au terme du derby de la Côte d'Azur (victoire 3-2 de l'ASM). Les coups de poing et les sièges ont volé en direction des stadiers et forces de l'ordre. Après les incidents intra ou extra muros survenus à Montpellier, Grenoble, Marseille… et quelques jours après les affrontements marquants entre supporters parisiens, ces nouveaux incidents ont fait déborder le vase.

Les autorités doivent-elles laisser faire ou monter d'un cran sur l'échelle des sanctions ? La secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade est intervenue mardi, demandant à l'OGCN de porter plainte ainsi que la dissolution pure et simple «des groupes de supporters délinquants.» La bonne solution ? La majorité des lecteurs ayant répondu à l'appel du Débat du jeudi pense qu'il est temps de nettoyer les tribunes en passant par exemple à la mode anglaise, plus répressive. L'ambiance doit être familiale et non guerrière. La minorité des lecteurs pense au contraire que seuls les quelques fauteurs de trouble doivent payer et qu'une politique de répression aurait pour effet de rendre les tribunes plus bourgeoises et aseptisées, donc moins populaires et chaleureuses.

OUI (60%) – «J'en ai marre d'être enfermé comme un lapin dans une cage entourée de CRS»

Les fauteurs de trouble ne sont pas de vrais supporters, ils ternissent l'image du football et gâchent la fête. Pour éviter que ces déviances n'handicapent la candidature de la France à l'organisation de l'Euro 2016, pour pouvoir emmener ses enfants au stade sans crainte, pour que les tribunes soient réservées aux «vrais» supporters… il faut réagir, et vite !

«Le système anglais prouve qu'il est possible d'éradiquer ce phénomène. Le rêve de tout VRAI supporter est de pouvoir aller au stade, sereinement en famille, pouvoir se sentir proche de son équipe en enlevant les grilles. A partir de là, je pense que les stades seraient sans doute plus remplis et tout cela permettrait de tirer le football français vers le haut de l'Europe.» (Anonyme)

«Il est vraiment temps de réagir car ce n'est que le début. Les autorités font le maximum et elles ont raison. Sans elles, il y aurait dix fois plus de dégâts, voire des blessés ou des morts. Les amendes et les huis-clos n'arrangeront rien, les amendes au club sont complètement inutiles vu que c'est le club qui paye et pas les supporters. Monter d'un cran sur les sanctions, je suis entièrement d'accord car ce n'est plus du foot mais une réunion de violence.» (Titi)

«Oui, car je voudrais amener ma fille au Vélodrome. Elle a 7 ans, j'hésite encore.» (fakahotmail)

«Il est inadmissible que ces groupes d'émeutiers soient rassemblées en association loi 1901 de soi-disant supporters. Ces associations, dont les statuts doivent clairement indiquer qu'elles sont créées dans le but d'encadrer leurs affiliés afin de sécuriser les stades, se sont transformées en anarchiques groupes de pression bénéficiant de passe-droit pour l'accès aux stades. Il faut remettre le système à plat. Et ça commence effectivement par la dissolution de ces 'bandes'.» (Jean)

«Je suis d'accord pour être beaucoup plus dur avec ces groupes de supporters qui n'ont rien à faire dans un stade. Je trouve que l'Angleterre a la meilleure répression qu'il soit car moi j'en ai marre d'aller au stade enfermé comme un lapin dans une cage entourée de CRS.» (M. Viard)

«Il est temps que les autorités s'en occupent avec plus de répression, ce n'est pas aux clubs à être sanctionnés (huis clos ou autre) pour quelques abrutis qui se défoulent en prétextant être des supporters.» (Anonyme)

«Il faut nettoyer les stades, mais de fond en combles, c'est à dire sur la pelouse aussi. Comment voulez-vous ne pas voir des gestes de violence dans les tribunes lorsque vous voyez des joueurs agresser l'arbitre, l'injurier, injurier ou cracher sur l'adversaire, lui mettre un coup de boule, simuler la réception d'un coup de boule, tricher en plongeant, en jouant au handball devant les buts... Oui, nettoyons les tribunes, mais commençons par faire respecter les règles de civilité et de respect sur la pelouse.» (myasm)

«Je pense sincèrement qu'il faut 'nettoyer' les stades français. Le modèle anglais reste idéal globalement, mais là-bas, il y a une vraie culture foot et les supporters sont prêts à payer très cher leurs abonnements ou ne serait ce qu'une place. Nous devons agir vite car la décision concernant l'euro 2016 arrive bientôt et nous nous devons de prendre des mesures afin d'obtenir l'organisation.» (Anonyme)

«Il faut nettoyer les tribunes et vite ! Il faudrait que toutes les personnes qui se rendent au stade soit fichées, avoir des billets nominatifs (contrôle carte d'identité), ainsi on connaitrait la population qui vient au stade et les fauteurs de trouble pourraient être plus facilement identifiés. Avoir des caméras également capables de filmer toutes les tribunes d'un stade. Et que la justice suive derrière pour sévir.» (Cédric)

NON (40%) – «On cite souvent l'Angleterre en exemple... Bah désolé, mais dans les stades de Premier League, on se fait royalement chier !»

Entre football populaire ou bourgeois, le choix est fait. Le système anglais loué pour sa capacité à éradiquer les dérives des supporters a aussi des conséquences insupportables : moins populaire car trop cher, donc aseptisé, le football y perdrait son âme.

«Etant un ultra parisien, je ne souhaite pas que la France prenne en exemple le modèle britannique. Le modèle britannique a vu la mort du football populaire (prix multipliés par 3). De plus sur les différents incidents notamment à Monaco, ne pas tomber dans l'amalgame entre ultras et casseurs. Les ultras niçois et notamment la BSN étaient au rendez-vous avec Mme Yade le jeudi pour défendre le peu de liberté qui nous reste, ce qui montre bien l'implication des ultras dans l'avenir du football. Alors oui parfois il y a des incidents (Grenoble ou Paris), nous ne sommes pas tout blancs, mais la France a besoin de tribunes vivantes.» (Florent)

«Je suis moi-même stadier. Je ne pense pas que nettoyer les tribunes est la meilleure façon. En revanche les forces de l'ordre devraient être beaucoup plus présentes dans les stades. Le foot est un sport populaire, il ne faut pas faire flamber le prix des places. Le renfort des effectifs, les caméras et les forces de l'ordre diminueraient déjà bien la violence dans les stades français.» (Maxime)

«Il faut surtout exclure les gens qui sont là seulement pour casser et se battre mais surtout ne pas mettre tout le monde dans le même sac. Il y a de très bons ultras ! Ce n'est pas parce qu'on craque un fumigène qu'on est un hooligan» (Steve)

«Les fauteurs de trouble sont bien connus et des peines sont prévues à leur encontre, encore faut-il avoir le courage d'appliquer les sanctions. (…) Il ne faudrait pas non plus tomber dans l'excès et avoir des stades aseptisés. On cite souvent l'Angleterre en exemple... Bah désolé, mais dans la plupart des stades de Premier League, on se fait royalement chier ! Et dans les stades des divisions inférieurs on redoute le pire, il y a un juste milieu à trouver !» (Manolo)

«Le système anglais n'a pas éliminé le problème, il l'a seulement déplacé. De plus les Anglais on augmenté fortement le prix des places de match, ce qui à mon avis, vu le taux de remplissage en France, ne ferait que vider encore plus les stades. Et puis la dissolution des groupes ne résoudrait pas le problème car les présidents de club et autre organismes n'auraient plus aucun interlocuteur à part des indépendants, et je pense qu'il est plus facile de gérer un groupe de mille personnes plutôt que mille personnes. La seule véritable solution est l'interdiction de stade.» (Ultras07)

«S'il est indéniable que les lieux sportifs doivent être sûrs et que certaines décisions sont à prendre, le problème de la sécurité est à traiter à l'échelle nationale. La balle est donc dans le camp des pouvoirs publics, et non de la Ligue (bien qu'une coopération soit nécessaire). Par ailleurs, il ne faut absolument pas se calquer sur le modèle anglais car d'une part la situation ne l'impose pas, et d'autre part les changements opérés outre-Manche ont conduit à rendre les tribunes moins populaires, ce qui s'oppose aux valeurs du football.» (Y.Amarouchene)

«La Ligue et les dirigeants de clubs aimeraient avoir des stades aseptisés comme en Angleterre et ils prennent en excuse les débordements de minorités pour pointer les ultras. On sait parler des débordements mais on ne parle jamais du reste (tifo magnifique, oeuvre de bienfaisance...) La Ligue dit que les gens vont moins au stade à cause de la violence des Ultras, mais ne disent pas que les gens (à St-Etienne entre autre), viennent aussi pour l'ambiance mise par les ultras.» (Nono)

«D'une, la répression actuelle concernant les interdictions de stade est énorme, une simple suspicion des autorités suffit à interdire de stade ! D'autre part, que représente la délinquance dans les stades par rapport à celle de tous les jours ? La LFP veut à tout prix embourgeoiser le public français et ces quelques perturbateurs la gênent dans son programme. Tous ces débordements sont liés au manque d'ambition des clubs. (…) Certains s'expriment de manière un peu virulente mais dans notre société pour se faire entendre, il faut être violent, c'est triste mais c'est comme ca !» (Sebasceaux2)

Au coeur du débat, le système mis en place en Angleterre crée la division. Les autorités décideront-elles de verser dans le tout répressif et d'augmenter le prix des places au risque de récolter des tribunes aseptisées ?

Merci pour vos nombreuses réactions. Tout le monde ne peut pas être diffusé mais vos réponses ont toutes été enregistrées, les argumentaires ont été lus et pris en compte.

Par Nicolas Lagavardan, le 04/02/2010 à 08h49