Les dernières prestations olympiennes
Difficile d'évoquer le début d'année marseillais sans parler du naufrage angevin, samedi dernier. Une défaite 3 à 2, au Vélodrome, qui avait fait trembler tout le staff marseillais. Quoi de plus déroutant ? D'autant que si le résultat est là , la manière y était également. Non, les Olympiens n'ont pas perdu sur un coup du sort, malgré une bonne prestation -selon la formule consacrée-, mais ils ont tout simplement été surclassés par le 17e de Ligue 2. Et c'est cela le plus inquiétant. Une fois de plus, l'OM n'a pas su gérer sa supériorité technique. Après avoir marqué tôt dans la partie, les hommes de Philippe Troussier ont montré un manque d'envie indigne d'un prétendant à la Ligue des Champions et au sacre en Coupe de France. Qu'il s'agisse de Marlet et Luyindula, inexistants en attaque, de Pedretti et N'Diaye ou de Beye et Dehu, jamais les Phocéens n'ont su montrer un tant soit peu de détermination une fois le premier but marqué. Samedi dernier, les hommes de Troussier ont confirmé à leurs supporters qu'ils étaient bien plus aptes à s'adapter au jeu d'un adversaire plus fort, par exemple, Lyon (1-1), qu'à produire leur propre jeu, comme le soulignait à juste titre le «sorcier blanc» au sortir du match : «Quand on a la possession de balle à 60, 70% on n'a peut-être pas les qualités pour l'emporter, alors que quand on a un rapport de 50-50, voire inférieur, on est plus fort.»
Autre compétition, autre visage. Difficile de croire que c'est le même Olympique de Marseille qui se rendait sur la pelouse de Lille, avant-hier soir ! Et pourtant, huit des joueurs titularisés en Coupe de France l'étaient de nouveau au Stadium Lille Métropole (Barthez, Dehu, Beye, N'Diaye, Olembe, Pedretti, Marlet et Luyindula). Un OM flamboyant, retrouvé, qui n'a pas laissé une minute de répit à des Lillois un peu timides. Non content d'inscrire un premier but en tout début de rencontre (Marlet, 3'), les Marseillais ont maintenu la pression, parvenant même à en inscrire un second par l'intermédiaire du tout jeune Nasri, 17 ans (22'). Par la suite, les Olympiens n'ont jamais lâché le moindre ballon, se battant corps et âme pour la conquête de ce dernier. Et c'est là toute la différence. L'OM a montré, au-delà des qualités individuelles, un véritable esprit de groupe emprunt de solidarité. Une attitude qui a particulièrement réjoui le coach olympien : «Après le match contre Angers (défaite 3-2) on se devait de réagir, de rebondir, en allant plus vite vers l'avant, en étant plus rapide dans l'exécution. C'est dans cet esprit-là qu'on pourra s'améliorer.» Un esprit qui avait fait défaut quatre jours auparavant, face à Angers.
L'attaque : le vrai problème
C'est un fait avéré, le vrai problème de l'OM est l'animation offensive. Et même si les choses semblent aller mieux en ce début d'année (une moyenne honorable de deux buts par match), l'amélioration n'est présente qu'en surface. En effet, sur les quatre buts olympiens inscrits face à Angers et Lille, un seul est à mettre à l'actif d'un vrai attaquant, celui de Steve Marlet face au LOSC. Une statistique qui dénote un vrai déséquilibre, et qui tend à prouver la méforme de la première ligne de Troussier. Au sujet des deux principaux attaquants de l'OM en ce début d'année, Peguy Luyindula et Steve Marlet, ils semblent atteints de maux différents. Steve Marlet est, à l'image de son collectif, d'une irrégularité certaine. Plus que médiocre au Vél' en Coupe de France, il a été l'un des principaux artisans du succès de son équipe face à Lille, quatre jours plus tard, avec un but, une passe décisive, et de nombreuses actions offensives.
Luyindula, quant à lui, semble être atteint d'un mal plus profond. S'il n'a pas démérité en terme d'envie face à Lille, il semble toujours être une pièce rapportée au jeu marseillais et tarde vraiment à se fondre dans le schéma tactique olympien. L'héritage de Didier Drogba semble être un bien lourd fardeau pour l'ancien Lyonnais, qui ne parvient toujours pas à faire oublier son prédécesseur. A noter qu'il pourrait même quitter le club cet hiver, Charlton ayant fait de l'international français l'une de ses priorités. Luyindula sera-t-il sensible aux sirènes de la Premier League ? Pas si sûr, puisque le Phocéen avait déclaré avant la trêve : «Le travail finira par payer, même si cela mettra du temps, j'y arriverai.» Espérons que 2005 s'annonce sous de meilleurs auspices pour le buteur marseillais, car la fin 2004 n'aura pas été des plus heureuses.
Un ange est venuÂ…
Si le salut ne semble pas venir des confirmés, il pourrait bien arriver avec l'émergence progressive de la nouvelle garde phocéenne. Et notamment Samir Nasri, titularisé face à Lille. Le champion d'Europe des moins de 17 ans avec l'équipe de France, révélation du début de saison, s'est une fois de plus montré indispensable à l'entrejeu marseillais. Au cours du match, qui l'a par ailleurs vu débloquer son compteur de buts en L1, le jeune Nasri s'est révélé être un meneur d'hommes et un atout offensif et défensif. A l'origine de la quasi-intégralité des occasions olympiennes, il a suppléé Luyindula en attaque avec Marlet, et a littéralement pris le jeu à son compte au milieu de terrain, volant même la vedette à Benoît Pedretti. 2005 pourrait bien être l'année Nasri du côté de la Canebière…
D'autant plus qu'il dispose du soutien indéfectible de son staff. Si Anigo disait, avec cette passion propre à 'homme : «Nasri est un diamant à l'état pur» , son nouveau coach, bien plus réservé, ne tarit pourtant pas d'éloges à son égard. Ainsi, il avait fait taire les rumeurs quant à la venue du créateur Marcelo Gallardo comme tel : «Nous n'avons pas besoin de Gallardo. Le jeune Nasri est un Gallardo en puissance.» Une belle preuve de confiance, qui s'est concrétisée sur le terrain, puisque Nasri est entré en jeu à Caen à la 58e minute, avant d'être titularisé à Auxerre, Lyon et plus récemment Lille. A 17 ans, Nasri pourrait bien s'affirmer dans les mois à venir comme le nouveau meneur de l'OM, capable de porter son équipe à l'image d'un Drogba qui manque tant au Vélodrome depuis cet été.
L'OM continue donc dans la lignée de 2004, débutant l'année en dents de scie. Car si les espoirs les plus fous sont maintenant de rigueur avec dernière la performance des Phocéens, il ne faut pas oublier que Marseille est encore convalescent. Irréguliers au possible, les hommes de Philippe Troussier se métamorphosent tantôt en guerriers, tantôt en touristes, faisant apparaître de vraies carences dans le jeu. Parviendront-ils à réitérer régulièrement le coup du LOSC ? Rien n'est moins sûr…