le 16/03/2005 à 17h51

Plus de munitions pour Arsenal

Les Canonniers ont perdu de leur puissance de feu ! Ceux que l'on appelait l'an passé les «Untouchables» viennent coup sur coup d'abandonner leurs rêves en Primer League et en Ligue des Champions. Que s'est-il passé ? Existe-t-il un responsable ? Arsenal serait-il maudit ?

Les «Untouchables» de retour sur Terre

Dix points ! C'est exactement le nombre de points qui sépare Arsenal du leader Chelsea au terme de la 29ème journée. Et encore ! Est-il besoin de signaler que les Blues ont un match en moins que les Gunners ? On peut donc mettre un bémol conséquent sur un hypothétique titre de Champion d'Angleterre pour les coéquipiers de Patrick Viera. Cela faisait longtemps en effet que l'on n'avait pas vu les Londoniens dans pareille situation ! Hormis le titre de meilleur buteur pour Thierry Henry (déjà 22 buts marqués et à sept réalisations du record de Ian Wright avec ses 185 buts inscrits sous les couleurs rouge et blanches), on voit mal ce qui pourrait atterrir dans l'escarcelle d'Arsenal cette année. Certes, la demi-finale de Coupe d'Angleterre contre Blackburn pourrait venir atténuer une saison décidément bien noire pour les Gunners, mais quoi que l'on dise Arsenal a raté sa saison !

Meilleur attaque avec 67 buts, c'est un fait ! Mais également une défense catastrophique avec 32 buts encaissés soit presque le double de Manchester United (17 buts encaissés) et plus de trois fois plus que Chelsea et ses neufs buts encaissés. Pour donner une idée, 32 buts encaissés en 29 rencontres c'est quasiment le même résultat que Manchester City (31 buts contre) qui pourtant est 12ème au classement de Primer League ou bien celui du Stade Rennais (7ème), du Paris SG (11ème) et de Metz (15ème) dans notre championnat. Des coupables, des responsables, les dirigeants et journalistes en trouvent ! Il suffit de voir actuellement la guerre des goals dans le club londonien entre Lehmann et Almunia pour comprendre l'anxiété du club et la recherche du maillon faible.

Toutefois, loin des statistiques et autres querelles entre gardiens de buts du même club, ce sont certaines défaites ou coups du sort qui ont fait très mal aux Gunners. Le match à Highbury contre le leader actuel Chelsea en est le parfait exemple ! Même avec la plus grande malice (cf le but sur coup-franc de Henry alors que le portier des Blues plaçait son mur), Arsenal n'a jamais pu venir à bout des hommes de Mourinho (2-2) et ont même concédé un but égalisateur des plus évitables. Les Gunners ne savent donc vraiment pas être présents lorsqu'il le faut ! Et que dire alors de la double défaite voir humiliation contre l'ennemi intime, Manchester United. Les Reds ont en effet anéanti la dynamique londonienne en mettant un terme à une série de 48 matchs sans défaite au match aller (2-0). De plus, les coéquipiers de Rooney ont corrigé les Gunners (2-4) sur leur pelouse d'Highbury en revenant par deux fois au score pour finalement s'imposer et estomper les dernières ambitions de titre des Rouge et Blancs.

Pétard mouillé en Ligue des Champions

Ce n'est plus une coïncidence ! A Arsenal lorsque les choses sérieuses commencent, le jeu des londoniens vacille et se désagrège. Depuis l'arrivée de Wenger en 1996, les Gunners n'ont jamais franchi les quarts de finale de Ligue des Champions, éliminés deux fois à ce stade par Chelsea, dont l'année dernière, et par Valence, en 2001. Arsène Wenger reste lucide sur les performances de ses protégés : «L'an dernier était notre année. Nous avions tout pour remporter la compétition. Et pourtant nous avons échoué. Cette saison, les joueurs sont surmotivés. Il faut juste transcrire cela sur le terrain» .

Et pourtant encore une fois, les hommes d'Arsène Wenger n'ont pas pu concrétiser sur la scène européenne. Ils ont chuté en huitième de finale contre les Allemands du Bayern de Munich. Défaits 3-1 en Bavière, Thierry Henry et ses coéquipiers se sont néanmoins imposés 1-0 à Highbury, mais cela a été insuffisant pour prendre le wagon des huit meilleures équipes européennes. Ce ne sont cependant pas les sources de motivation qui ont manqué aux Londoniens. Parfait exemple : les propos polémiques du dirigeant bavarois Franz Beckenbauer avant le match retour: «Le début du match va être délicat pour nous. Les Anglais vont pousser ! Pardon, je ne devrais pas dire les Anglais. Cette équipe n'a en effet plus rien d'une formation anglaise. C'est une multinationale !» .

Une fois n'est pas coutume, les Gunners ne réussissent pas en C1. La décision s'est faite dès le match aller : la tempête bavaroise a en effet englouti Arsenal, qui n'a offert que l'ombre de son football habituel. Autre match dans le match : le bras de fer entre Jens Lehmann et Oliver Kahn qui se disputaient à distance le poste de gardien titulaire de l'équipe nationale d'Allemagne. Arsène Wenger a été conscient également du match dans le match : «Ce sera une rencontre intéressante, et particulière pour Jens Lehmann qui aura la pression d'évoluer face à Oliver Kahn, son concurrent en équipe d'Allemagne. Mais à 34 ans, il doit savoir faire face. Après que je l'ai écarté, il m'a convaincu de le rappeler.» Malheureusement pour le portier londonien, la défaite à Munich a été vécu pour lui comme une véritable humiliation personnelle.

Le dilemme Henry

Après un championnat d'Europe des Nations difficile, Thierry Henry a retrouvé tout son allant de retour sous les couleurs des Gunners et porte déjà à 22 buts l'ensemble de ses réalisations. Cependant, lorsque l'on habitue les supporters à du haut niveau, ils en veulent toujours plus. Malgré ses performances extraordinaires, Henry a donc été la cible de plusieurs critiques. «Les gens parlent encore sur moi, continuent de me critiquer, de dire que je ne marque pas assez. Moi, je dis qu'il faut simplement regarder les statistiques. Pas seulement les buts que je marque mais aussi les passes décisives que je fais: 14 cette saison plus 22 buts (soit une moyenne de 0,75 but par rencontre), je ne pense pas que cela soit mauvais. Mais j'entends toujours les gens parler. Alors je les laisse parler et j'essaie de faire le maximum pour mon équipe, c'est tout ce qui m'importe» . Propos entièrement soutenu par son coach alsacien, Arsène Wenger : «si vous regardez les chiffres, il est le troisième meilleur buteur de tous les temps en Ligue des champions. Thierry vous gâte si souvent que quand il ne produit pas ce que les gens attendent de lui, ils vont un peu trop loin dans l'autre sens. Il est victime de son propre succès» .

Les Londoniens ont été secoués également par ce que l'on a appelé Outre-Manche, la guerre des goals. Elu gants d'or de la Primer League 2003/04, l'Allemand Jens Lehmann n'avait concédé que 26 buts sur l'ensemble de la saison. C'était également le seul des «Untouchables» qui avait disputé l'intégralité des 38 matchs de cette campagne historique. Cette année, le portier allemand fait partie des déceptions de l'équipe anglaise en étant vite mis en concurrence avec l'Espagnol Almunia. Un concurrence incomprise par Lehmann : «J'ai bien sur été surpris de me retrouver sur le banc, mais qu'ai-je fait de mal ? Dans ce club, chaque but encaissé est de la faute du gardien. S'ils peuvent en trouver un qui ne fasse jamais la moindre petite erreur, qu'ils l'engagent immédiatement ! Mais je crois qu'il va être difficile de le trouver.» L'ancien coach monégasque préfère calmer les esprits et répondre aux journalistes en confessant que le problème de l'équipe est d'abord collectif. Lehmann demeure toutefois toujours à Arsenal. Preuve que l'Allemand a sa fierté, et plus de courage que l'on ne lui accorde.

Les Gunners ont vraiment tiré des balles à blanc lors de cette saison ! Incapable de s'affirmer sur la scène européenne, Arsenal n'aura donc toujours pas la reconnaissance totale du continent cette année. Arsène Wenger ne baisse toutefois pas les bras. «C'est un gros manque dans l'histoire du club et je veux le combler. Ce club le mérite.»

Par David Bonnefous, le 16/03/2005 à 17h51
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