818 buts ont été inscrits sur les pelouses françaises en 2004/2005, contre 884 la saison précédente. C'est moins qu'en Italie (877 buts), qu'en Angleterre (944), et loin derrière Espagne (957). Même la Bundesliga, qui ne se dispute pourtant qu'en 34 journées, bat ce score : les filets y ont tremblé à 880 reprises.
Les buteurs sont partis sans être remplacés
Le championnat de France a souffert du départ de ses meilleurs attaquants. Sur les dix meilleurs buteurs de la saison 2003/2004, il n'en restait que six cette année : Djibril Cissé, 26 buts lors de sa dernière années à Auxerre, a mis les voiles pour Liverpool et Chelsea a recruté Didier Drogba, 18 réalisations avec l'OM. Quant au Monégasque Giuly et au Lillois Manchev, auteurs de 13 buts chacun, ils ont respectivement rejoint le FC Barcelone et Levante, en Liga. Des six attaquants restants, deux seulement ont eu l'occasion de s'exprimer : le Rennais Frei et le Parisien Pauleta. Les autres, Bamogo, Luyindula (16 buts en 2003/04) et Frau (17), ont perdu leur place de titulaire indiscutable après un changement de club. Santos, buteur 14 fois il y a un an, est certes resté à Sochaux, mais un autre Brésilien, Ilan, a diminué son temps de jeu.
Peu de révélations sont à signaler, hormis le Sochalien Ilan qui a trompé les gardiens adverses 12 fois. Sébastien Mazure, promu parmi l'élite avec son club Caen, a fait mieux avec 13 réalisations. Les recrues de l'AS Monaco Chevanton et Kallon, 11 et 10 buts, auraient pu augmenter leur score sans les blessures du premier et la méforme du second en fin d'exercice. Quelques revenants sont également à signaler : le Strasbourgeois Mickaël Pagis a connu sa meilleure saison avec 15 unités au compteur. Fort de 13 réalisations, le Stéphanois Feindouno a lui aussi battu son record personnel. L'Ajaccien Lucas a fait parler son jeu de tête pour marquer 11 fois. Le reste du classement se compose d'habitués des places d'honneur, des milieux de terrain (le Lyonnais Juninho) ou des attaquants de soutien (Utaka, de Lens). Seuls deux joueurs ont atteint la barre des 15 buts, contre six l'an passé.
La défense, une spécialité française ?
Cette saison, peu d'équipes se sont distingués par leurs ambitions offensives. L'entraîneur de l'Olympique Lyonnais Paul Le Guen fut l'un des seuls coaches de L1 à aligner systématiquement trois attaquants (Malouda-Wiltord-Govou). Les brillants résultats des Gones auraient d'ailleurs dû inspirer les autres formations ! Hélas, avec dix clubs menacées de relégation un maintien situé à 43 points, la frilosité l'a emporté. La plupart des entraîneurs assurent en priorité leurs arrières et adoptent pour cela le schéma de jeu du «coffre-fort» . Les grosses écuries doivent alors redoubler d'efforts pour faire sauter le verrou adverse. Au final, ces rencontres se terminent souvent sur le score de 0-0 ou 1-0. Parmi les satisfactions, Rennes et Saint-Etienne ont été spectaculaires chez eux et Lille a proposé un jeu bien construit. Monaco n'a brillé que par intermittence et Lens s'est brûlé les ailes à vouloir jouer haut. En bas de classement, Caen a sacrifié la défense pour l'attaque (60 buts pris).
Le championnat de France serait-il plus faible que ses voisins ? Pas si sûr : si l'on peut s'inquiéter de la rareté des numéros 9 en L1, la baisse du nombre de buts est également le fait d'une rigueur défensive dont jouissent même les petites équipes. Nantes, premier non-relégable, a encaissé 38 buts. C'est seulement 3 de plus que Monaco, troisième ! Les défenses de notre championnat sont donc très homogènes. La qualité des gardiens vient encore renforcer ce constat : Bastia, pourtant relégué, a pu compter sur l'un des gardiens de but les plus sûrs de sa génération, Nicolas Penneteau. Planté à Caen ou Riou à Istres n'ont pas non plus démérité. La Ligue 1 dans son ensemble peut donc se targuer de posséder les lignes arrières les plus performantes d'Europe. A l'inverse, la moyenne de buts en Premier League est en partie imputable à des défenses friables et à des gardiens pas toujours rassurants. Le championnat de France n'est donc pas si mauvais que cela...
Une saison 2004/2005 plus offensive ?
Pour pallier l'absence d'attaquants de pointe performants dans leur effectif, les clubs de l'élite ont fait leur marché à l 'étranger. L'Ivoirien Aruna Dindane, passé d'Anderlecht (Belgique) à Lens résoudra-t-il le problème d'efficacité de son équipe ? Acheté 7 millions d'euros au Besiktas Istanbul, le Norvégien John Carew compte bien lui aussi affoler les statistiques. Certains habitués du championnat de France ont choisi de changer de club pour acquérir une dimension supérieure. C'est le cas de l'ancien Strasbourgeois Mamadou Niang, aujourd'hui à l'OM, du néo-Stéphanois Sébastien Mazure, du Nigérian John Utaka, qui portera le maillot rennais, ou du champion de France Bryan Bergougnoux, désormais à Toulouse. Au rang des révélations, le Niçois Bakary Koné, meilleur scoreur de Ligue 2 l'an passé ou le Troyen Sébastien Grax, qui vient lui aussi de l'étage inférieur, chercheront à tirer leur épingle du jeu. Ajoutez à cette liste les éternels Pauleta et Frei, et vous conviendrez qu'il est difficile de prévoir le nom du successeur du Suisse au classement des buteurs. Une chose est sûre : du rendement de ces attaquants dépendront les résultats de leur équipe...
La L1 ne s'est pas montrée sous on meilleur jour en 2004/2005. Les entraîneurs de L1 ont souvent privilégié la défense au jeu d'attaque. Un phénomène qui coïncide avec l'extinction progressive des buteurs dans notre championnat. Espérons que 2005/2006 sera plus prolifique !