Les raisons d'un départ raté
Toulouse a bien entamé son championnat en battant Sochaux au stade Bonal (1-0). Mais ceux qui ont vu dans ce succès l'avant-goût d'une saison réussie ont bien vite dû déchanter : les hommes d'Erick Mombaerts ne vont plus gagner durant les six journées suivantes (4 défaites, 2 nuls). Une défaite au Stadium contre Nice et une autre au Parc, toutes deux sur le score de 2-0, vont lancer la période noire toulousaine. Deux matches nuls contre Lille (0-0) et Saint-Etienne (1-1), puis deux nouvelles défaites face au Mans et Nantes (2-0 à chaque fois) vont clore ce passage à vide. Au soir de la 7ème journée, le Téfécé est 17ème de L1, au bord de la zone de relégation. Un constat inattendu car les dirigeants du club semblaient avoir réalisé un recrutement de qualité en associant des habitués de la L1 (Santos, Abdessadki, Mansaré) à certains produits des meilleurs centres de formation du pays (Bergougnoux, 22 ans, Mathieu, 21). Le fait d'avoir conservé la colonne vertébrale Revault-Arribagé-Emana-Moreira devait également être un gage de résultats.
Comment dans ce cas expliquer le faux-départ de Revault et des siens ? Tout d'abord, n'oublions pas qu'à l'aube de cette nouvelle saison, le TFC restait sur 8 défaites d'affilée en championnat. Certes, ce creux répondait davantage à un relâchement de l'équipe après qu'elle a obtenu son maintien qu'à une réelle faillite collective. Mais il a forcément laissé des traces. Heureusement d'ailleurs que Toulouse a remporté son premier match en 2005/2006, quelle série cela aurait donné sinon ! La lente intégration des recrues a elle aussi joué un rôle dans cette stagnation. Pour preuve, c'est le secteur offensif, le plus bouleversé à l'intersaison, qui s'est révélé le talon d'Achille de l'équipe aux mois d'août et de septembre (2 buts marqués en 8 rencontres). Jérémy Mathieu perdu sur l'aile gauche, Abdessadki en-dessous de son niveau, Mansaré peu productif, Bergougnoux exclu lors de sa première titularisation et un duo Moreira-Santos en panne d'automatismes... Difficile de marquer des buts dans ces conditions !
Le déclic face à l'OM
Pour stopper la descente aux enfers de son équipe, l'entraîneur Erick Mombaerts n'a eu de cesse de la modifier. Malgré quelques tentatives de 4-3-3, à Lille par exemple, le 4-4-2 semble avoir sa préférence. Arribagé, Aubey ou Dao composent la défense centrale. Sur les flancs, les titulaires sont généralement Ebondo à droite, et Mathieu ou Congré à gauche. Dans l'entrejeu, il a fallu trouver un soutien à l'indispensable Achille Emana. Mathieu, Dieuze et Cardy s'y sont essayés. Abdessadki, Giresse, Bonnet, Mansaré et Battles ont tour à tour occupé les ailes. En attaque, Moreira peut redescendre milieu droit, Santos et Bergougnoux occupant respectivement une position d'avant-centre et de «neuf et demi» . A force de tâtonnements, Mombaerts est parvenu à dégager une base fixe : Arribagé, Aubey, Congré, Emana, Moreira. L'intégration de Laurent Battles, buteur à Strasbourg, et de l'ancien Lyonnais Bryan Bergougnoux, qui reste sur deux réalisations consécutives à domicile, se sont également révélées particulièrement payantes.
On ne le dira jamais assez, le mental d'une équipe a des conséquences bien plus importantes sur ses résultats que n'importe quel changement tactique. La victoire face à l'Olympique de Marseille à domicile lors de la 8ème journée en est la meilleure démonstration. Réduits à dix dès la 21ème minute de jeu, les Violets vont tenir face à un OM oppressant et finalement remporter leur première victoire depuis presque deux mois. Les mots du nouveau-venu Laurent Battles à l'issue de la rencontre traduisaient bien l'impression de renaissance qui régnait dans l'effectif du Téfécé : «On a fait preuve de beaucoup de solidarité. Ce soir la réussite qui nous manquait depuis deux matches a tourné.» Le déclic s'est confirmé lors des matches suivants. Malgré des faiblesses encore visibles, Toulouse a remporté deux nouvelles victoires à Strasbourg (2-4) puis contre Auxerre (2-0). En trois matches, Le TFC a ainsi inscrit 7 buts en n'en encaissant que deux. Pas étonnant de retrouver les coéquipiers de Bergougnoux à la 10ème place.
Le Téfécé va-t-il continuer sur sa lancée ?
Les trois victoires consécutives du TFC ne doivent pas masquer ses défauts persistants. Jusqu'à maintenant, il n'a battu que des adversaires de bas de tableau (Sochaux, Strasbourg) ou en méforme (Marseille, Auxerre qui venait d'être éliminé de la Coupe UEFA). Au stade de La Meinau, il a montré des faiblesses défensives plutôt inquiétantes dans un match il est vrai un peu fou. L'équipe fait parfois preuve de naïveté, surtout en défense, à l'image des deux buts marqués par Pauleta lors de PSG-TFC le 13 août dernier. Surtout, après la bonne saison dernière, les coéquipiers de Daniel Moreira sont désormais attendus sur toutes les pelouses de France. Cet été, on ne parlait plus d'eux comme candidats au maintien mais comme outsiders au titre de champion ! Le recrutement a été l'un des plus remarqués de France, l'équipe se devait de passer un cap. Reste à savoir si elle n'a pas grandi trop vite, et si les jeunes joueurs toulousains supporteront ce nouveau statut.
Depuis sa victoire face à Marseille, les Violets n'ont fait que progresser de match en match. D'abord offensivement, en passant quatre buts à Strasbourg (4-2) lors de la 9ème journée, puis défensivement, en préservant l'invincibilité de Revault face à Auxerre (2-0) samedi dernier. Des progrès sur lesquels Erick Mombaerts a insisté à l'issue de ce succès : «Par rapport au début de saison, j'ai apprécié la façon dont on a procédé aujourd'hui. La maîtrise, c'est ça.» Mais comme le dit lui-même le technicien toulousain, «le problème, maintenant, c'est de durer.» Dans sa traversée du tunnel, Toulouse a acquis des repères qu'il n'avait pas en début de saison. L'amalgame entre les jeunes formés au club (Ebondo, Dao, Aubey, Cardy) et les joueurs expérimentés (Battles, Revaut, Arribagé, Moreira) est en train de prendre. Avec une moyenne d'âge à 23 ans, Toulouse est promis à un bel avenir cette saison, mais aussi les suivantes. Et au TFC, on travaille dans la continuité : le maintien de Mombaerts à la tête de l'équipe par le président Olivier Sadran le prouve.
Après 10 journées, difficile de tirer des conclusions sur le niveau qu'aura le Téfécé cette saison. L'équipe a alterné le très mauvais puis le bien meilleur. Toutefois, après de nombreux essais, l'entraîneur Erick Mombaerts a réussi à dessiner les contours d'une équipe compétitive, tout en faisant jouer une forte concurrence à chaque poste.