Les Gones passent la seconde
Si certains doutes subsistaient encore sur le niveau de l'Olympique Lyonnais cuvée 2003-2004, il suffit de demander leurs avis aux Lensois et aux Ajacciens… Battus respectivement 4-0 et 4-2 par les Gones, les joueurs de Joël Muller et de Dominique Bijotat ne font en tout cas pas partie de ceux qui verraient le double champion sortant affaibli par rapport aux saisons précédentes. De toute façon, l’O.L est un habitué des débuts de championnat "au diesel" puisque Grégory Coupet et ses coéquipiers pointaient à la huitième place à la même période la saison dernière. Et cette année, ils ont très rapidement redressé la barre et se retrouvent donc au troisième rang derrière le duo de choc Monaco-Marseille, deux clubs qui seront de féroces adversaires pour les Lyonnais dans leur quête pour un troisième sacre de suite.
En tout cas, les hommes de Paul Le Guen se donnent les moyens d’espérer réaliser cet exploit en gagnant des matches comme celui d’Ajaccio, exemple-type de la rencontre piège. D’ailleurs, sur une pelouse exécrable, ils n'ont pas forcément réalisé une performance exceptionnelle et ont même douté après l’égalisation du champion du monde Bernard Diomède juste avant la mi-temps. Mais dès l’entame de la seconde période, la puissance de feu de l’attaque lyonnaise a fait la différence et le show Malouda-Luyindula a pu commencer (deux passes décisives pour l’ancien Guingampais et trois buts pour le natif de Kinshasa).
Un effectif pléthorique
Ces deux joueurs symbolisent d’ailleurs la qualité de l’effectif dont dispose Paul Le Guen, ce qui entraîne parfois des choix cornéliens. Le héros de samedi dernier, Péguy Luyindula, a été le premier à faire les frais de l’abondance d’éléments offensifs de ce groupe : après l’arrivée du Brésilien Giovane Elber, l’entraîneur des Gones a décidé de jouer en 4-5-1 avec trois milieux offensifs (Juninho, Govou, Dhorasoo, Essien en position avancée ou encore Carrière) derrière l’ancien buteur du Bayern. Après avoir été titulaire lors des cinq premières journées, il a donc dû se contenter du rôle de remplaçant de luxe pour les trois matches suivants. Jusqu'à sa titularisation face à Ajaccio avec le résultat que l'on connaît…
Après ce succès, Le Guen reste quand même réaliste : "Cette troisième victoire d'affilée nous permet non de recoller, car les autres continuent d'aller vite, mais de suivre. Il y a eu des imperfections, mais nous avons le souci de progresser." Voilà un discours prudent et intelligent de la part de l'ancien joueur parisien, qui voudra certainement éviter que son groupe s'embale en insistant sur certaines carences défensives soulignées par les attaquants ajacciens (deux buts de Diomède et Mitrovic) et même auparavant par les joueurs du Celtic Glasgow.
Lyon, l'Arsenal français ?
Au Celtic Park de Glasgow, les deux buts écossais, jumeaux, soulignaient deux problèmes défensifs : la solidité des latéraux dans leurs couloirs (Réveillère titularisé à droite en championnat puis à gauche en Champion's league, Deflandre en petite forme) et le jeu de tête de la charnière centrale Edmilson-Muller, battue il est vrai par de très gros clients. Mais au-delà de ces défauts peut-être momentanés, il y a une question "européenne" qui se pose : l'Olympique Lyonnais va t-il passer un cap en Champion's league ou nous faire une "Arsenal", c'est-à -dire de très bons résultats en championnat et d'autres décevants en Coupe d'Europe ? Le meilleur moyen de répondre à cette question est d'attendre un certain OL-Bayern Munich le 21 octobre, en espérant que Sidney Govou et ses coéquipiers se remémorent le fameux 3-0 infligé il y a deux ans aux Bavarois. Auparavant, les Lyonnais auront pu se rôder puisqu'ils affronteront, pour le compte de la dixième journée de Ligue 1, des Sochaliens revanchards après leur défaite face au PSG. Un test pour le moins intéressant…
Le joueur : Vikash Dhorasoo
S'il y a bien un joueur à sortir du lot dans l'incroyable effectif lyonnais, c'est bien le Mauricien Vikash Dhorasoo. Sa performance n'est pas forcément visible sur le plan des statistiques (ni but ni passe décisive) mais sur le terrain, elle est exceptionnelle ! Marathonien infatigable du milieu de terrain, l'ancien Havrais joue plus souvent milieu récupérateur dans le dispositif mis en place par Paul Le Guen puisque l'OL est très bien pourvu en milieux offensifs. Qu'importe, Vikash fait les quatre coins du terrain et ratisse les ballons. S'il continue à jouer à ce niveau-là , cet international (deux sélections en 1999) mériterait même d'être appelé par Jacques Santini pour enfiler le maillot bleu.
La stat : huit buts en deux matches
Lens et Ajaccio, même tarif : quatre buts encaissés face à l'armada lyonnaise. Après Juninho, c'est Luyindula qui a fait parler la poudre en réalisant lui aussi un triplé. Cela prouve que l'attaque des Gones, à défaut d'être aussi flamboyante que la saison passée (pour l'instant), est de nouveau aussi efficace. Marquer autant de buts en Champion's league serait un atout indéniable…
La décla : Paul Le Guen
"Ce sont des joueurs de qualité qui composent mon groupe. Je le sais, mais s'ils sont remplaçants, ce n'est pas une punition. J'ai des choix à faire, et ce sera comme ça tout au long de la saison. Ils ont des qualités, j'en suis conscient, il faut simplement qu'ils montrent qu'ils en ont plus que les autres. Je sais que Péguy est capable de très bien faire, je l'ai fait pas mal jouer la saison dernière, et cette année en début de saison, il faut qu'il confirme."
Merci, et à la semaine prochaine !