Un long fleuve tranquille
Au lendemain de son quatrième titre, on savait que l'OL ne voudrait pas s'arrêter en si bon chemin. Mais les recrutement effectués par des équipes comme le PSG laissaient penser que l'équipe de Gérard Houllier ne se baladerait pas comme lors de la deuxième partie de la saison passée. Et c'est pourtant ce qui s'est passé. 13 victoires, 5 nuls et une petite défaite plus tard, voilà les Lyonnais en plein survol de la L1, avec 44 points, soit 12 de plus que leur dauphin lensois. Et contrairement aux saisons passées, la machine OL n'a pas mis du temps à se lancer. Dés l'entame du championnat, les coéquipiers de Claudio Caçapa ont mis le pied sur l'accélérateur, avec deux victoires au Mans et face à Strasbourg. Pas suffisant pour s'emparer de la tête, ce qui sera fait au soir de la 5e journée et un succès à Auxerre (2-0). Et lorsque Lyon concède deux fois de suite un résultat nul (Bordeaux puis Lens), il enchaîne par 7 victoires consécutives !
Entre la 9e et la 15e journée, l'OL n'a ainsi connu que la victoire, certes contre des équipes de 2e partie de classement (Nantes, Rennes, Ajaccio, Metz, Sochaux, Toulouse, Troyes), mais cela suffit à mettre toute la concurrence hors course. Déjà assuré à 90% a mi-parcours de remporter une cinquième couronne, Lyon s'est d'ailleurs peut-être un peu relâché lors de ses deux dernières sorties, face à Saint-Etienne (0-0) et Lille (1-3). Deux matchs ou les joueurs de Gérard Houllier ont été plus dominés que dominateurs, ce qui s'est conclu par un premier match sans but marqué cette saison, à Geoffroy-Guichard, puis par la première défaite des Rhodaniens depuis avril dernier face à des Lillois entreprenants. De quoi s'inquiéter ? Pas du tout, car la domination, tant en France qu'en Europe (démonstrations face au Real et à l'Olympiakos), de Lyon depuis le coup d'envoi de cette saison 2005/2006 a été tellement grande que rien ne semble pouvoir venir casser cette dynamique.
Un équilibre sur toutes les lignes
Chaque année, invariablement, l'OL franchit les paliers. La seule (et infime) faiblesse du Lyon 2004/2005 résidait en l'absence d'un, voire deux, véritables renards des surfaces, des numéros 9 capables de faire la différence à n'importe quel moment. Depuis l'été dernier, la machine lyonnaise s'est dotée de deux artilleurs d'élite : John Carew et Fred. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces deux recrues apportent ce qu'on leur a demandé, puisque le géant norvégien en est à 12 buts en 23 matchs (5 en L1, 4 en C1 et 3 lors du Trophée des Champions) et le Brésilien le suit avec 6 buts en 18 apparitions (5 en L1, 1 en C1). L'OL a donc comblé son manque, d'autant plus que les autres artificiers olympiens (Wiltord, Govou, Juninho) marquent également quand il le faut. Et que dire du banc du quadruple champion de France, qui compte des joueurs de niveau international (Fred, Wiltord, Monsoreau, Berthod, Diatta) ainsi que des jeunes plein de talent et d'avenir (Clément, Ben Arfa, Benzema).
En clair, Lyon, comme Chelsea, la Juventus ou le Bayern dans les autres championnats, est un rouleau compresseur qui n'a de rivaux qu'au niveau européen. Dans le jeu, les Rhodaniens sont également supérieurs à toutes les équipes françaises, mais aussi à pas mal d'écuries européennes, même si Lyon a toujours cette fâcheuse tendance à remporter ses rencontres par un seul but d'écart. Sur ses 18 succès depuis le début de la saison, 12 l'ont été sur la plus petite des marges. Lyon ne doit donc pas se reposer sur ses lauriers, faire la différence quand il le faut et tuer les matchs quand il le peut. Quelles autres faiblesses pourrait-on trouver dans le bloc lyonnais ? Les petits flops Nilmar et Frau ont été rejoint par Benoît Pedretti, qui devra repartir de l'avant pour ne pas plomber sa carrière et la profondeur de banc de son club.
Objectif Stade de France
Quand on survole autant son championnat comme le fait Lyon, il est évident que c'est la compétition européenne qui prime. Et il paraît évident, sauf coup de fatigue inattendu et improbable, que le club de Jean-Michel Aulas va être sacré bien avant la fin du championnat. Le vrai suspense de ce championnat résidera dans l'attribution des places d'honneurs. Le huitième de finale de la Ligue des Champions, face au PSV Eindhoven, paraît loin d'être insurmontable, et l'ambition de tout le club est de parvenir jusqu'à la grande finale au Stade de France, le 17 mai prochain. Barcelone et Chelsea, tout comme le Milan AC et le Bayern, s'affrontant en huitièmes, cela fera deux gros clients en moins pour la suite du trajet, qui reste semé d'embûches avec la Juventus comme autre épouvantail.
C'est donc en mars-avril qu'on devrait voir le réel potentiel de cet OL cru 2006, mais il devrait incontestablement faire partie du dernier carré européen, et il lui faudra alors le facteur X qui permet aux grandes équipes de remporter de grandes victoires. En tout cas, la continuité et le travail réalisé par Lyon pourrait trouver son apothéose en mai, 10 ans après la dernière victoire française dans une coupe européenne. C'est tout ce qui manque à Lyon pour devenir définitivement grand parmi les grands.
Ultra-dominateur en Ligue 1, Lyon va jouer à fond la carte européenne dans cette deuxième partie de saison, avec en point d'orgue le Stade de France. C'est le rêve avoué de Jean-Michel Aulas, et son équipe a les moyens de le réaliser.