Rennes, capable du meilleur... et du pire
Etrange parcours que celui des Rennais. Auteurs d'une entame de saison catastrophique (4 défaites en cinq journées) illustré par les écrasants revers vécus au Mans (4-0) ou à Nancy (6-0), les coéquipiers d'Olivier Monterrubio vont peu à peu relever la tête à partir du mois de septembre. Cinq victoires, deux nuls et une seule défaite entre la 6ème et la 13ème journée vont sortir le club de la zone de relégation et le hisser à la 9ème place du championnat... pour retomber aussi sec. Défaite, victoire, défaite, victoire... Avec Rennes, c'est tout ou rien : capables d'enchaîner trois succès dont deux à l'extérieur durant le mois d'octobre, les Bretons traversent actuellement une période aussi sombre que leur début de saison. A chaque éclaircie succède une défaite aussi sévère qu'inattendue. Bilan, le club ne compte que deux matches nuls et s'est classé depuis le début du championnat entre la dernière et la 8ème place. Aucune autre équipe à part l'OM n'a balayé un spectre aussi la
rge.
Changement d'année ou pas, l'inconstance rennaise s'est prolongée en 2006. Tout avait bien commencé puisque, dès la reprise, les hommes de Laszlo Bölöni battent Nantes à La Beaujoire grâce à des buts d'Etienne Didot et du Nigérian John Utaka. 41 ans que cela n'était plus arrivé ! La semaine suivante, les Rouge et Noir viennent à bout du Mans à domicile. Après ces deux victoires en deux matches, l'espoir de disputer les places européennes grandit, et on se dit que le Stade Rennais va peut-être réaliser une deuxième moitié de championnat digne de l'an dernier, lorsqu'il avait terminé à la quatrième place du classement. Hélas, Frei et les siens s'inclinent à Marseille (1-0) lors de la 22ème journée, puis chez eux contre Nancy (0-2), à Auxerre (2-0) et contre Monaco (1-3). Quatre défaite consécutives, et voilà le club du président Emmanuel Cueff quatorzième de Ligue 1. Pour l'Europe, à moins d'un miracle, c'est fini.
Une attaque muette, une défense fragile
Dès le mois de juillet, quand le gardien rennais Andreas Isaksson a encaissé 16 buts lors des cinq premières rencontres, Laszlo Bölöni a compris que son chantier principal concernerait cette année la défense. Six mois plus tard, ce secteur n'est heureusement plus aussi poreux qu'en tout début de championnat. Il reste toutefois, avec 38 buts pris, l'un des moins performants de L1 : seul Metz (39 buts), la lanterne rouge, a fait pire ! Sur les quatre derniers matches, Faty et les siens ont été pris à défaut à huit reprises. Une chiffre qui coïncide avec le départ du Marocain Abdeslam Ouaddou à la CAN. Le défenseur central de 27 ans a beau être critiqué depuis le début de la saison, au point que des rumeurs l'annoncent partant l'été prochain, force est de constater que les statistiques plaident en sa faveur. D'autant qu'à l'arrière, le Brésilien Adaïlton et le Suédois Edman multiplient les prestations ratées. Actuellement blessé, le Marocain est attendu avec impatience par son entraîneur...
En attaque, ça ne marche pas très fort non plus. Contre l'AS Monaco samedi, Rennes a enfin retrouvé le chemin des filets après trois rencontres sans inscrire le moindre but. C'est le jeune Arnold Mvuemba, 21 ans, qui a ouvert le score. Au cour de ce problème offensif, l'impuissance de l'attaquant Alexander Frei. Meilleur buteur de Ligue 1 la saison dernière avec 20 réalisations, l'international suisse n'en est qu'à cinq unités cette année. Son dernier but remonte au match Rennes-Le Mans disputé il y a deux mois pour le compte de la 17ème journée. Souvent transparent pendant les matches, Frei paraît résigné : cette saison n'est décidément pas la sienne... Conséquence d'une attaque moins efficace, le Stade Rennais n'est plus en mesure de gagner au Stade de la Route de Lorient, là où le club avait bâti sa réussite en 2004/2005. Les deux récentes défaites face à Nancy (0-2) et Monaco (1-3) en sont les meilleures illustrations.
Quelle fin de saison pour le Stade Rennais ?
Laszlo Bölöni et ses hommes ont-ils encore quelque chose à espérer de cette saison ? Oui, dans la mesure où le championnat est très serré. Même s'ils occupent le 14ème place du classement, les Rouge et Noir ne sont jamais qu'à 7 points du top 5. Un écart important, mais pas insurmontable. Les Rennais ayant pris l'habitude d'alterner le très mauvais et le très bon cette saison, pourquoi ne pas s'attendre à une série de quelques victoires et à une soudaine remontée de leur part ? Pour y parvenir, ils pourront compter sur un nouveau venu recruté durant le mercato : John Mensah, c'est son nom, est un défenseur central de 23 ans. Sélectionné avec le Ghana pour la CAN, il évoluait jusqu'alors dans le club de Cremonese (L2 italienne) mais appartient au Chievo Verone, qui joue en Serie A. Il aura la difficile tache de combler le point faible de l'équipe. Le secteur défensif ainsi renforcé, il restait à donner plus de poids à l'attaque.
Sur un plus long terme, on peut se demander ce qu'il se passera du côté de Rennes à l'issue de la saison. Fin janvier, le manager général du club Pierre Dréossi aurait déclaré que le Suisse Frei et le Suédois Källström bénéficierait d'un bon de sortie en fin de saison. Des propos aussitôt démentis mais qui laissent peu de doutes sur le départ probable de ces deux joueurs à l'issue du championnat. Toutefois, la relève est peut-être déjà prête. Les deux derniers buts marqués par les Bretons en L1 sont l'ouvre de deux jeunes joueurs formés au club : face au Mans (1-0), c'est l'attaquant Jimmy Briand, 20 ans, qui a offert la victoire aux siens. Et contre Monaco, samedi, c'est Arnold Mvuemba, 21 ans, qui a inscrit son premier but en L1. Ils seront sûrement encore là l'an prochain. Une question reste en suspend : leur entraîneur sera-t-il toujours Laszlo Bölöni ?
Résultats irréguliers, attaque inefficace, défense perméable... Les raisons sont nombreuses pour expliquer la mauvaise passe actuelle des Rennais. Une non-qualification pour la Coupe d'Europe et le départ de certains joueurs importants à l'issue de la saison pourraient bien signifier la fin d'un cycle à Rennes.