le 24/05/2006 à 22h24

Bilan L1 : Monaco

Habitué, ces dernières saisons, à être l'un des seuls concurrents valables de l'OL, Monaco a cette fois-ci sombré, terminant à la 10ème place du championnat. Le départ de Didier Deschamps en cours de saison, l'arrivée de Guidolin et un mercato très agité n'ont pas suffi à relancer la machine monégasque.

Monaco avait terminé l'exercice 2004/2005 derrière Lille et à 16 points du champion de France lyonnais. Mais cette troisième place permettait au moins aux hommes de Didier Deschamps de disputer leur troisième Ligue des Champions consécutive. Renforcé par les arrivées de Toifilou Maoulida et Olivier Sorlin, venus de Rennes, d'Olivier Kapo en provenance de la Juve, du Barcelonais Gerard et du Bordelais Meriem, l'effectif princier semblait prêt à jouer sur les deux tableaux.

Guidolin n'a rien changé

Pour une fois, on ne va pas reprocher aux dirigeants d'avoir écarté leur entraîneur : c'est en effet de lui-même que Didier Deschamps a quitté Monaco. La faute à un début de championnat médiocre (deux victoires, un nul et quatre défaites, dont deux à domicile, lors des sept premières journées), mais aussi et surtout à l'élimination de l'ASM en tour préliminaire de la Ligue des Champions face au Betis Séville (1-0 ; 2-2). Deschamps, que l'on sait davantage attiré par les joutes européennes que par le quotidien de la L1, ne pouvait se contenter de disputer la Coupe UEFA, surtout avec une équipe dont il ne parvient plus à tirer le maximum. Son départ a eu des conséquences profondes sur l'effectif, plusieurs joueurs importants (Givet, Evra, Squillaci, Roma...) lui étant restés très fidèles depuis l'épopée européenne de 2004. C'est pourquoi Francesco Guidolin, le successeur de l'ancien capitaine des Bleus, recevra un accueil plutôt froid et Patrice Evra quittera le club dès le mercato pour rejoindre Manchester United.

Les débuts de l'ancien coach de Palerme sont encourageants : après les deux victoires obtenues par l'intérimaire Jean Petit, l'Italien permet à son équipe d'atteindre, après une victoire sur Metz (3-0), la sixième place de classement. On croit alors l'ASM relancée. Mais les Rouge et Blanc ne parviendront plus à aligner deux succès consécutifs jusqu'à la fin de la saison. Fin 2005, le club parvient pourtant à se maintenir entre la cinquième et le neuvième place, au prix de victoires contre les «petits» (Le Mans, Toulouse, Ajaccio). Les recrues du mercato Vieri et Di Vaio annoncent même, du moins le croit-on, le retour prochain de Monaco au sein du top 5. Mais en 2006, la bande à Givet s'écroule : quatre victoires seulement au cours de la phase retour annihilent tout espoir de coupe d'Europe. Six matches nuls sur les huit dernières journées ne permettront pas aux Monégasques de repasser dans la première moitié du classement. Bilan : 13 victoires, 13 nuls et 12 défaites, exactement comme le PSG, et une peu flatteuse 10ème place.

Les déceptions

Monaco a raté son recrutement. Contrairement à l'année précédente, où plusieurs stars étrangères avaient rallié la Principauté (Kallon, Maïcon, Saviola...), Deschamps avait préféré cette fois-ci miser sur des joueurs français habitués de la Ligue 1 : Maoulida, Sorlin, Meriem, Kapo... Hélas, pour la plupart, ils ne sont que des «bons joueurs de club» comme on dit, c'est-à-dire incapables de tirer leur équipe vers le haut. L'ASM peut également regretter son parcours à Louis II : Squillaci et les siens n'y ont gagné que huit fois en dix-neuf rencontres, perdant quatre fois et faisant sept matches nuls. Il ne s'agit que du onzième meilleur total de L1 pour une équipe à domicile.

Repartis respectivement vers l'OM et Rennes au mercato, Maoulida et Sorlin n'ont pas franchi le cap nécessaire pour s'imposer à Monaco. Camel Meriem, malgré deux-trois éclairs, ne pèse pas sur le jeu de son équipe. Il semble condamné à rester un éternel espoir, un éternel «futur Zidane» . On commence également à s'inquiéter pour Olivier Kapo : jadis international mais incapable de s'imposer à la Juve et à l'ASM, le milieu de terrain a eu une bonne période en mars mais songe à partir depuis le mois de décembre. On angoisse carrément pour Christian Vieri : le peu qu'il a joué, l'Italien a marqué des buts. Mais ses blessures à répétition ne lui laissent plus le moindre répit... Squillaci, moins impérial que les années précédentes, a lui aussi été trahi par les pépins physiques. Et que dire de l'ancien Valencian Gerard, indisponible d'un bout à l'autre de la saison... Enfin, le Grec Zikos, symbole des grandes années Deschamps, a pris comme un coup de vieux (treize fois titulaire seulement).

Les satisfactions

Certes, Lyon était sans doute démobilisé. Mais l'ASM peut tout de même se targuer d'être la première et quasiment le seule, cette saison, à avoir battu un OL en déplacement (2-1). C'était le 23 avril dernier pour le compte de la 34ème journée. Un succès de prestige qui souligne ses possibilités, hélas sous-exploitées. De plus, il faut concéder à Francesco Guidolin le mérite d'avoir donné leur chance aux jeunes dans un club réputé pour ses stars. Sous ses ordres, Gakpe (19 ans), Veigneau (20 ans) et Maurice-Bellay (21) ont obtenu un temps de jeu intéressant. Les récentes signatures de Nimani, Lescure, Ruffier et Lô Sambou confirment cette volonté des dirigeants de faire confiance aux joueurs formés au club.

Remplaçant en début de saison, Warmuz a finalement (bien) joué 23 rencontres suite à la blessure de Roma. Givet a compensé les quelques errements de sa défense par sa combativité habituelle. Le Brésilien Maïcon, même plus discret que lors de sa première saison sur le Rocher, a de nouveau donné plus de poids aux offensives de son équipe (2 passes décisives). Pas toujours considéré comme un titulaire indiscutable, François Modesto a pourtant montré, en l'absence de Squillaci, qu'il pouvait solidifier l'arrière-garde tout en menaçant les buts adverses grâce à son bon jeu de tête. Lucas Bernardi a réalisé son énième saison correcte à Monaco. Quand il n'est pas là, cela se sent. En attaque, Di Vaio a d'abord semblé en manque de confiance, ratant nombre d'occasions, avant de retrouver aux côtés de Chevanton ses qualités de deuxième attaquant passeur et buteur. Quant à l'Uruguayen, auteur d'une fin de championnat tonitruante (8 buts lors des 10 derniers matches), il a raté six mois de compétition sur blessures. On attend toujours de voir ce qu'il vaut sur une saison entière.

La chasse aux entraîneurs

L'an prochain, Monaco doit faire mieux. Mais l'intersaison est en train de virer au burlesque à La Turbie : depuis le mois d'avril, les dirigeants de l'ASM espéraient convaincre Claude Puel de les rejoindre, quitte à n'ouvrir aucune autre piste pour trouver un successeur à Guidolin. Malheureusement, Puel a décidé de rester à Lille. Voilà Monaco sans la moindre solution de rechange ! Pour y remédier, la piste Jean Fernandez a été activée en catastrophe. Trop tard, apparemment, pour empêcher le technicien marseillais de prendre en main les commandes de l'AJ Auxerre. Que faire alors ? Garder Guidolin ? Monaco y a pensé, mais le maintien à son poste du coach italien, sous contrat jusqu'en 2007, signifierait le départ assuré de certains cadres (Squillaci, Givet...) qui ne l'apprécient pas. Pour gagner du temps, le club lui a proposé une «demi-place» d'entraîneur, privé de ses adjoints. Un moyen de faciliter sa future éviction...

A l'heure actuelle, Monaco n'a toujours pas de nouveau coach, même si la rumeur de l'arrivée du Rennais Laszlo Bölöni se fait de plus en plus précise. En attendant, le vice-président Gérard Brianti et le directeur sportif Jean-Luc Ettori s'efforcent de former un effectif sans l'aval du futur coach, qui sera pourtant chargé de le diriger. C'est sans doute ce qui explique que parmi les recrues monégasques ne figure pour l'instant aucun nom : outre les jeunes joueurs cités plus haut, l'attaquant Alexandre Licata, âgé de 22 ans, a signé en provenance de Louhans-Cuiseaux, équipe de National.

Après une saison ratée, Monaco doit absolument retrouver l'an prochain une place dans le haut du classement. Mais le flou qui règne actuellement sur le Rocher ne favorise pas vraiment l'éclosion d'un Monaco nouveau et plus performant en 2006/2007...

Par Julien Demets, le 24/05/2006 à 22h24
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