le 02/07/2006 à 00h19

Le Journal du Mondial - N°25

Décriés pour leur jeu pas vraiment séduisant depuis le début de la Coupe du monde, la France et le Portugal s'affronteront mercredi pour une place en finale. Jamais vraiment à leur aise depuis trois semaines, le Brésil et l'Angleterre quittent la compétition la tête basse, victimes de leur bête noire respective.

Le Brésil n'est plus !

Premier des deux quarts de finale hier, Angleterre-Portugal a été une rencontre, comme on s'y attendait, à forte pression. Entre deux équipes qui se s'étaient déjà affrontées en quart de finale de l'Euro 2004 (pour une victoire des portugais aux tirs aux buts), l'affrontement a été âpre. En première période, les occasions sont rares, mais la tension déjà présente. Après le repos, on assiste à plusieurs situations chaudes d'un côté comme de l'autre, mais personne ne parvient à trouver la faille. Muselé par la défense portugaise, Wayne Ronney vraque et marque sur le bas ventre de Ricardo Carvalho. Sanction immédiate, expulsion de l'attaquant anglais. Malgré cela, l'Angleterre poursuit héroïquement et obtient même quelques occasions, mais comme il y a deux ans, la place en demie se jouera aux tirs aux buts. Et à ce petit jeu là, Ricardo est imbattable. Il stoppe trois tentatives anglaises, et Cristiano Ronaldo, excellent tout au long du match, se charge de mettre fin aux espoirs de la « génération Beckham Â» . Comme un signe, le capitaine anglais est sorti, blessé, peu après la mi-temps. En revanche, Pauleta, Figo et consorts caressent encore le rêve d'un grand titre.

Et qui de mieux que l'équipe de France pour affronter les Lusitaniens, pour une revanche (encore une…) de la demi-finale de l'Euro 2000 ? Emmenés par un Zinédine Zidane au top du top, les Bleus ont confirmé leur retour au premier plan en battant le Brésil 1-0 dans un match assez fermé mais au cours duquel la Seleçao a dû attendre la 91e minute pour réaliser une frappe cadrée ! Bien maîtrisés par une défense française extrêmement solide, les génies brésiliens n'ont pas réussi à faire la différence malgré le coup tenté par Carlos Alberto Parreira, qui avait titularisé Juninho à la place d'Adriano. La première passe décisive de Zinédine Zidane pour Thierry Henry à la 57e, a suffi à qualifier les Bleus pour leur cinquième demi-finale mondiale. Le Brésil, décevant tout au long du tournoi, n'a plus que ses yeux pour pleurer, incapable de donner le coup d'accélérateur nécessaire malgré ses joueurs d'exceptions. Ronaldinho, déception parmi les déceptions, a manqué son Mondial. Zidane, lui, n'est toujours pas à la retraite, malgré les volontés de Mario Zagallo…

L'Europe sur le toit du monde

Allemagne-Italie et Portugal-France, voilà donc les affiches des demi-finales. Ave quatre équipes sur quatre présentes à ce stade de la compétition, les Européens assoient leur domination sur le monde. Grands favoris, l'Argentine et le Brésil ont disparus, leur jeu offensif tout en technique ayant été mis sur la touche par les blocs allemands et français. Désormais, impossible de dégager un favori, ces quatre équipes étant montées en puissance tout au long du Mondial. Les duels Toni-Klose, Zidane-Deco, Ballack-Totti ou Henry-Pauleta tiendront le monde entier en haleine, et ne décevront pas, car aucun grand joueur ne déçoit arrivé en demi-finale. Mardi, à Dortmund, l'Italie aura un avantage psychologique face à l'Allemagne après le match amical du mois de février (4-1), mais aura tout un peuple derrière sa Mannschaft à contrer. Dans l'autre demi-finale, le jeu sera peut-être plus ouvert, même si l'équipe de France s'appuiera une nouvelle fois sur son bloc défensif impressionnant depuis deux rencontres pour passer l'obstacle portugais. Dans cette rencontre, les avertissements auront également un grand rôle à jouer : Thuram, Sagnol, Vieira, Zidane, Saha et Ribery côté français, Ricardo, Nuno Valente, Ricardo Carvalho, Maniche et Figo côté portugais sont sous la menace d'une sanction. Mais que ces demi-finales seront belles, car le passé entre ces quatre équipes est très chargé d'histoire. Et le sera encore plus dans une semaine.

La phrase du jour : Cristiano Ronaldo

« Je pense que la presse anglaise va écrire que Rooney a été exclu à cause de moi mais ce n'est pas vrai. Â»

Le fait du match Angleterre-Portugal, c'est évidemment l'expulsion de Wayne Rooney pour un vilain geste sur Ricardo Carvalho. Et le fait que Cristiano Ronaldo ait parlé à l'arbitre juste avant que celui-ci ne sorte le carton rouge fera beaucoup parlé les tabloids. Mais le jeune attaquant portugais se défend de toute intimidation : « C'est un collègue de club et il est de niveau international et j'espère que son geste n'est pas aussi méchant qu'il en avait l'air. Je connais le caractère fort de Wayne et tout ce qui en découle, et qu'il a le coeur brisé. Â»

On n'attendait pas vraiment l'Italie, la France et le Portugal en demi-finales, mais ces grands noms ont répondu présent, au contraire de l'Argentine, du Brésil ou de l'Angleterre. De plus, elles sont sur la pente ascendante, tout comme une Allemagne poussée par tout un pays, ce qui promet des affrontements d'anthologie !

Par Cédric Chapuis, le 02/07/2006 à 00h19
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