le 03/07/2006 à 22h57

Le Journal du Mondial - N°27

Allemagne-Italie… Une demi-finale chargée d'Histoire se joue ce soir à Dortmund, mais surtout une place en finale et la chance d'accrocher une quatrième étoile. On espère également voir des buts, car ceux-ci se font de plus en plus rares à mesure que le tournoi avance.

Que d'HistoireÂ…

Il y a 36 ans, la RFA et l'Italie s'affronte dans une demi-finale de légende, au score finale de 4-3 en faveur de la Squadra après la prolongation. Le monde entier se souvient du bras bandé de Franz Beckenbauer, libéro héroïque mais finalement battu. Il y a 24 ans, l'Italie et la RFA s'affronte en finale de la Coupe du monde. Quelques jours après la mythique rencontre de Séville face aux Bleus, la Mannschaft subit la loi de la Squadra de Paolo Rossi (3-1) et laisse l'Italie devenir triple championne du monde. L'Allemagne deviendra elle aussi championne pour la troisième fois huit ans plus tard, en … Italie, mais le passé entre ces deux nations donne à cette demi-finale des allures de combat des Dieux. Trois titres chacun, sept finales, dix demi-finales d'un côté (Allemagne et RFA), cinq finales et sept demi-finales de l'autre (Italie), ces deux nations sont celles qui ont le plus marqué la Coupe du monde de leur empreinte derrière le Brésil.

Mais en cette année 2006, peu d'observateurs auraient parié sur une demi-finale Allemagne-Italie, l'équipe de Jürgen Klinsmann ayant à priori trop de problèmes défensifs et la sélection emmenée par Marcello Lippi semblant préoccupée par les gros problèmes de corruption dont souffre son football national. Finalement, ces deux équipes ont convaincu depuis le début du Mondial, et ont passé sans encombres un parcours pourtant semé d'embûches. Si le quart de finale de l'Allemagne a été beaucoup plus disputé (1-1, 4-2 t.a.b. face à l'Argentine) que celui de l'Italie (3-0 face à l'Ukraine), la Mannschaft joue véritablement à 12 depuis « son Â» Mondial, poussée par tout un peuple. Cette première demi-finale pourrait bien rentrer dans la grande histoire de la Coupe du monde, car impossible d'en dégager un favori, entre une équipe d'Allemagne souveraine offensivement et défensivement depuis le début de la compétition, et une Squadra plus que jamais sûre d'elle et qui paraît avoir trouvé la réussite qui lui fuyait depuis bien longtemps dans une grande compétition.

La question du jour : Le spectacle offensif peut-il revenir ?

Après un premier tour assez riche en buts, les huitièmes puis les quarts de finale ont offert des matchs plutôt fermés. Certes, l'intensité des oppositions a fait un peu oublier le manque de buts, mais une nouvelle fois, les équipes ayant un bloc défensif efficace sont passées. Avec 21 buts inscrits en 12 rencontres du deuxième tour, les défenses ont plutôt pris le pas sur les attaques, malgré certaines exceptions (Italie-Ukraine, Brésil-Ghana, Espagne-France), et cette pénurie de buts peut-elle s'arrêter alors que les équipes jouent leur place en finale ? On en doute, surtout que l'Allemagne, l'Italie, le Portugal et la France ont une grosse culture défensive.

Mais la présence dans chacune de ces équipes de génies offensifs (Ballack, Klose, Totti, Toni, Deco, Cristiano, Ronaldo, Zidane, Henry pour ne citer qu'eux) pourrait enflammer ces rencontres. On a vu lors du premier tour qu'une ouverture du score rapide permettait de débrider un match. On compte donc sur les joueurs d'exception présents pour débloquer la situation, car dans ces deux rencontres chargées d'histoire, il ne sera pas facile de créer les décalages et les occasions. Le catenaccio de la Squadra avait bien explosé en finale en 1970 face au Brésil (4-1), donc tous les espoirs sont permis !

La phrase du jour : Ricardo

« Je n'avais pas pensé aller en vacances en Angleterre... Ce sont plutôt les Anglais qui viennent dans notre pays. Â»

Interrogé sur le fait qu'il aurait du mal à passer des vacances en Angleterre après les deux séances de tirs aux buts héroïques qu'il a livré face aux Anglais en 2004 et 2006, le portier portugais Ricardo a rappelé gentiment que cette destination peu ensoleillée ne lui avait pas encore traversé l'esprit. Et que ce sont plutôt les touristes anglais qui auront à supporter les moqueries portugaises cet été…

Avant Portugal-France, Allemagne-Italie annoncera la couleur des demi-finales. A priori, elle seront haute en intensité et peu fertile en occasions et en buts. Mais la légende ne s'écrit pas forcément avec des 4-0...

Par Cédric Chapuis, le 03/07/2006 à 22h57
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