le 25/10/2006 à 18h44

Etat d'urgence à Monaco

Reléguable en championnat, fraîchement éliminé en Coupe de la Ligue par un membre de l'étage inférieur, l'ASM vit un début de saison cauchemardesque. Laurent Banide, qui vient de remplacer Laszlo Bölöni à la tête de l'équipe, a devant lui un défi de taille : remettre un club en pleine perdition sur de bons rails.

Les entraîneurs changent, mais les mauvais résultats restent à Monaco. Au lendemain de son intronisation à la tête de l'équipe première, Laurent Banide a connu mercredi sa première grosse désillusion, en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue. Une élimination frustrante à Reims, pensionnaire de Ligue 2 (en 7ème position actuellement), aux tirs aux buts (0-0, 4 t. a. b. à 3). Malgré de bonnes intentions dans le jeu, les joueurs monégasques ont encore pêché par manque d'efficacité. Symbole de cette maladresse, Marco di Vaio, qui a manqué l'occasion de donner la victoire à son équipe, avant de rater son tir au but (tout comme le capitaine Gaël Givet).

La veille, l'ASM avait mis au placard l'entraîneur Laszlo Bölöni, qui était arrivé à l'intersaison après un brillant parcours rennais. Mais avec un bilan de sept défaites en dix journées, et une qualité de jeu indigne d'un «grand» du championnat, le technicien roumain n'a pas tenu la distance. Pire, il s'est même mis à dos ses propres joueurs. Lors de l'annonce de son éviction, personne dans l'effectif monégasque n'est monté au front pour le défendre. Yaya Touré a même joué les balances. «Pour moi, le départ de Bölöni est une grande satisfaction. Il est logique et une bonne chose. J'en avais plus que marre. Ce qui se passait était inadmissible. Je ne comprenais pas ses reproches» , confiait mardi le milieu de terrain ivoirien à l'Equipe.

Bref, la crise est là, confortablement installée sur le Rocher, et Laurent Banide va vite devoir rectifier le tir. Monaco occupe en effet une inquiétante 19ème position, avec 7 petits points, et est donc reléguable, avec des statistiques de reléguable. Deux victoires seulement en dix journées, neuf buts marqués pour quinze encaissés, ce qui en fait le double dauphin de la plus mauvaise attaque et de la plus mauvaise défense du championnat. Trois défaites en cinq rencontres à domicile, devant un stade à l'affluence toujours aussi misérable. Un seul petit point pris à l'extérieur. Et des attaquants qui totalisent un compteur-but famélique. Kallon, le plus performant d'entre eux, en est à deux réalisations en cinq matches. Il faut dire que le Sierra-Léonais, blessé, n'a plus disputé la moindre minute en Ligue 1 depuis plus d'un mois.

Gapké et les autres

En fait, la seule réelle satisfaction de ce début de saison, hormis le toujours constant Flavio Roma dans les buts, demeure le jeune milieu offensif Serge Gapké, qui a souvent été l'inspirateur des rares occasions monégasques. C'est bien simple, avec cinq passes décisives (le meilleur de la Ligue 1 en la matière), il est directement impliqué dans plus de la moitié des buts de son équipe. Le tout en six titularisations. Derrière lui, c'est le désert. En attaque, Jan Koller, malgré un jeu en pivot intéressant, est sevré de ballons, et ne compte qu'un petit but à son compteur, lui qui a pourtant disputé tous les matches de l'ASM. Les choses ne s'arrangent pas pour le géant tchèque, puisqu'il est sorti sur blessure à Reims. Son compère de l'attaque, Marco di Vaio, n'est guère mieux loti. L'Italien a inscrit son premier but en championnat lors de la dernière journée, et n'a été que rarement titulaire depuis le début de la saison. Enfin, l'ancien Sochalien Jérémy Menez (un seul but lui aussi) peine à donner la pleine mesure de son talent.

Le milieu de terrain souffre lui aussi d'un grand manque d'inspiration. Si Yaya Touré a montré par bribes un gros potentiel, il s'est souvent perdu à un poste de meneur de jeu qui n'est pas le sien. Il a d'ailleurs retrouvé sa place de prédilection, devant la défense, à Reims. A ses côtés, l'Argentin Bernardi et le Tchèque Plasil, si brillants dans leurs premières années monégasques, sont devenus quelconques au sein d'un collectif enrhumé. Enfin, en défense, Gaël Givet fait ce qu'il peut, assez bien secondé jusque là par le Brésilien Bolivar. Sylvain Monsoreau ne retrouve pas son niveau lyonnais, et l'international argentin Leandro Cufre s'est davantage distingué par sa proportion à récolter des cartons (3 jaunes et un rouge reçus en cinq matches) que par ses talents défensifs.

Dans ce constat peu réjouissant, un motif d'espoir. Laurent Banide, 38 ans seulement, semble faire l'unanimité auprès des joueurs. Et malgré la contre-performance à Reims, les joueurs et leur nouvel entraîneur ont préféré retenir le positif, rien que le positif. Les joueurs ? «Héroïques» , à Reims, selon Banide. Gaël Givet a quant à lui parlé de «choses encourageantes dans le jeu» , ainsi que des progrès de la défense et d'un bon état d'esprit. Certes, mais il s'agissait d'un club de Ligue 2 en face. Et c'est ce que les supporters monégasques retiendront.

Par Patrick Audouard, le 25/10/2006 à 18h44
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