le 15/11/2006 à 22h10

Elmander, la bonne pioche du Téfécé

Septième de Ligue 1 après 13 journées, le Téfécé ne devrait pas être concerné, cette saison, par la lutte pour le maintien. Symbole des progrès du club, le Suédois Johan Elmander, arrivé à l'intersaison et désormais indispensable.

Une recrue venue incognito

Ceux qui connaissaient déjà Johan Elmander avant son transfert à Toulouse ont dû le découvrir cet été lorsqu'il a disputé le Mondial avec la Suède. Hélas, barré par Larsson, Ibrahimovic ou Allbäck, le joueur de 25 ans n'a eu que peu d'occasions de briller sur les terrains allemands. Son entrée en jeu face au Paraguay (1-0) lors du deuxième match des Scandinaves avait toutefois laissé entrevoir une part de son talent puisqu'il avait offert le but de la victoire à Ljungberg pendant les arrêts de jeu de la rencontre. C'était, croyait-on, la première et dernière fois qu'on entendrait parler de l'attaquant de Bröndby (L1 danoise), dont la seule expérience dans un club connu se résumait à deux passages pas très remarqués au Feyenoord Rotterdam entre 2000 et 2003.

C'est au tout début du mois de juillet, alors que la Suède n'est éliminée de la Coupe du monde que depuis quelques jours, que Johan Elmander signe son contrat avec le club de la Ville rose. Un petit exploit pour le Téfécé qui s'est montré plus convaincant que le Stade Rennais, pourtant spécialiste de la filière suédoise (Källström, Isaksson, Edman) et qui courtisait également le joueur. La venue d'un nouvel attaquant constituait un pari osé pour le président toulousain Olivier Sadran, dont le recrutement durant l'intersaison 2005 avait soulevé beaucoup de critiques (Santos, Mathieu, Bergougnoux, Mansaré…). Au moins Elmander permettait-il à Elie Baup de disposer d'un attaquant athlétique et longiligne (le Suédois mesure 1m88), un profil qui manquait jusqu-alors dans son effectif.

Buteur et passeur

Elmander a beau arborer le numéro neuf au dos de son maillot, il n'est pas un buteur-type comme le sont le Parisien Pauleta ou le Lyonnais Fred. Son rendement offensif en terme de buts marqués est celui d'un attaquant de soutien : il compte 7 réalisations en 20 sélections avec l'équipe de Suède et a toujours inscrit une petite dizaine de buts par saison lors de ses différents passages à Djugarden (Suède), Breda (Pays-Bas) ou Bröndby. Trois buts en Ligue 1 dont un à Monaco à l'occasion de la 10ème journée (victoire 3-1) et deux le week-end dernier pour la réception de Sedan (même score), voilà quelles sont les statistiques «françaises» de ce joueur qui, s'il ne marque pas à chaque rencontre, reste un buteur régulier capable de faire évoluer le score à tout instant.

Le point fort de ce joueur de 25 ans, c'est sa capacité à délivrer des passes décisives, en plus de marquer des buts importants. Depuis le début de la saison, Elmander en a déjà réussi quatre. Il est notamment impliqué sur deux buts inscrits par le Brésilien Fabinho, l'autre recrue de l'intersaison, ce qui doit rassurer le président Sadran. En outre, des défenses du calibre de Lyon (1-1, 2ème journée) ou Lille (3-1, 6ème journée) n'ont pu contrer la vision de jeu et la précision du Suédois. Bref, après un tiers de championnat disputé, celui-ci se retrouve parmi les meilleurs passeurs de Ligue 1, aux côtés d'habitués comme Malouda, Piquionne ou Lachuer. Buteur et passeur, Elmander est directement impliqué sur 7 des 19 buts de son équipe, soit plus d'un tiers.

Indispensable au Téfécé

Cette dernière statistique suffit à traduire l'influence de l'ancien joueur de Bröndby sur les résultats de son équipe. Mais il y en a d'autres encore plus parlantes : sur les onze matches auxquels Elmander a participé en championnat, le TFC en a remporté six, pour trois nuls et deux défaites. Cela équivaut à une moyenne de 1,9 points glanés par match. Les deux seules fois où Elie Baup a dû se passer de son attaquant, blessé contre Sochaux et à Saint-Étienne (11ème et 12ème journée), sa formation a dû s'incliner. Le constat est sans équivoque… D'ailleurs, si on ne tient pas compte de ces deux défaites concédées en l'absence du Suédois, Toulouse reste sur trois victoires. A chaque fois que l'attaquant a marqué ou fait marquer, le Téfécé a gagné, sauf à Lyon. Ce n'est pas encore une Elmander-dépendance, seulement le résultat d'une intégration parfaitement réussie.

Arrivé en France en catimini, Elmander est en train de se faire une place parmi les meilleurs achats de l'été. Sa réussite actuelle, si elle se prolonge, peut permettre à Toulouse de viser le premier tiers du classement de L1 en fin de saison.

Par Julien Demets, le 15/11/2006 à 22h10
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