le 16/11/2006 à 17h23

Lille, toujours plus haut

S'ils ne suivent pas le rythme infernal des Lyonnais, les Nordistes viennent de s'installer à la deuxième place du classement de Ligue 1. En bonne position pour se qualifier en huitièmes de finale de la Ligue des Champions, les hommes de Claude Puel semblent encore avoir franchi un pallier cette saison.

On prend les mêmes et on recommence. Alors qu'on vient de dépasser le premier tiers du championnat, le casting est presque le même que celui des saisons précédentes. Lyon, premier, loin devant, inaccessible. Marseille et Paris dans les choux… et Lille dans les trois premiers. Second en 2005 devant Monaco, 3ème en 2006 derrière Bordeaux, les Nordistes viennent de retrouver le podium. Après leur victoire sur un OM de plus en plus souffrant, les hommes de Claude Puel sont les nouveaux dauphins de Lyon. Et veulent le rester. Un objectif devenu évident pour un groupe qui snobe aujourd'hui la fausse modestie. «Ce que nous voulons, c'est une place sur le podium en fin de saison, affirme Nicolas Plestan sur le site du LOSC. Cette deuxième position au classement est très éphémère, il reste encore beaucoup de matchs. A nous de ne pas nous enflammer et de continuer à bosser pour la conserver» .

Après un violent passage à vide fin septembre, avec deux défaites violentes face à Toulouse (1-3) et à Lyon (1-4), Lille a donc repris sa marche en avant. Sans faire de bruit. De petites victoires à domicile face à Nice, Lorient et Marseille, sur le même score (1-0). Et de bons résultats à l'extérieur : une belle victoire chez le voisin valenciennois (3-0), et des matches nuls obtenus à Troyes et au Mans (1-1). Bref, le parcours presque pépère d'un club aux vertus collectives toujours aussi affirmées. A Lille plus qu'ailleurs, la star, c'est l'équipe. Un constat qui est confirmé par l'absence des Français du LOSC chez les Bleus. Plestan : «A vrai dire, ça m'importe peu. Il y a un sélectionneur qui fait ses choix. Bien sûr, Mathieu (Bodmer) le mériterait amplement par exemple. Mais il n'est pas retenu et n'en fait pas tout un plat. Une sélection, ça vient naturellement. Tant qu'on ne l'a pas, c'est qu'on ne la mérite pas.»

Plus de talent, plus d'ambition

Mathieu Bodmer, comme Bruno Cheyrou à l'époque de «coach Vahid» Halilhodzic, émerge en effet du collectif lillois. Son superbe but inscrit contre l'OM et sa vista technique ont enthousiasmé le public dimanche dernier. Ce jour-là, c'est lui qui a montré la voie. Un symptôme de la différence de cette année par rapport aux précédentes saisons du LOSC. Quand en 2004-2005, Claude Puel préconisait le turnover à outrance dans le champ, quand presque aucune individualité ne se dégageait, cette saison, beaucoup ont gagné leurs talons de titulaires (presque) indiscutables. Au gardien Sylva, au capitaine Tafforeau et à l'indispensable Camerounais Jean II Makoun, toujours rayonnant à la récupération, sont venus s'ajouter Bodmer et son efficacité (5 buts) et l'Ivoirien Abdul Kader Keita (3 buts, 3 passes décisives), souvent irrésistible sur son côté droit. En attaque, le Nigérian Peter Odemwingie (5 buts) pensait avoir définitivement acquis ce statut d'irremplaçable, après ses 14 buts l'année dernière et un début de saison canon. Une période creuse lui a récemment fait goûter de nouveau aux joies du banc. Les titulaires sont donc soumis à une pression constante. Derrière eux, les jeunes Debuchy, Fauvergue ou Robail frappent à la porte de plus en plus fort. Et Claude Puel n'est pas du genre à accorder des faveurs à ses stars si le rendement faiblit.

Mais l'entraîneur est conscient de disposer d'un effectif plus talentueux, plus fort que les années précédentes. Car même si les joueurs ont peu changé, certains d'entre eux ont pris une autre dimension. Et pour l'entraîneur nordiste, il s'agit à présent d'avoir de nouvelles ambitions. Notamment en Ligue des Champions. L'année dernière, c'était un LOSC trop timide qui avait fini à une frustrante troisième place en phase de poule. Mais cette saison, Claude Puel a annoncé la couleur dans l'Equipe. «On espère avoir une meilleurs approche que l'an dernier, où on ne savait pas du tout où on allait, si on allait en prendre six à chaque matches. Cette année, on n'a pas seulement envie d'y participer» . Portés à bout de bras par Kader Keita, les Lillois ont alterné le bon (victoire face à l'AEK Athènes, nul à Anderlecht) et le moins bon (défaite injuste à Athènes, match nul chanceux face au Milan AC). A deux journées du terme de la phase de poules, l'espoir reste intact. Lille est second, avec un point d'avance sur l'AEK Athènes. Une victoire face à Anderlecht (dernier de la poule) et une défaite des Grecs face à Milan lui assurerait la qualification en huitièmes de finale de la compétition. Personne n'y aurait cru il y a trois ans, quand Claude Puel et le LOSC ramaient en milieu de tableau de Ligue 1. Mais aujourd'hui, ce ne serait une surprise pour personne.

Par Patrick Audouard, le 16/11/2006 à 17h23
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