Deux petites victoires en 16 rencontres. Huit défaites. Douze petits buts inscrits, soit l'attaque la moins prolifique du championnat. 23 buts encaissés, et une statistique édifiante : depuis le début de la saison, les Nantais ne sont parvenus à garder leur cage inviolée qu'à une seule reprise (contre Monaco, 1-0). Bref, rien ne va plus chez les Canaris, qui ont déjà utilisé un joker en remplaçant le dépressif Serge le Dizet par son adjoint, George Eo, au poste d'entraîneur. Sans résultat, après un (léger) coup de mieux, les Nantais sont repartis sur un rythme de relégable : matches nuls à domicile, défaites à l'extérieur. Résultat, ils pointent aujourd'hui à une très inquiétante 19ème place, à deux points du premier non reléguable, Nice.
Autant dire que les prochaines échéances vont être cruciales pour les coéquipiers du capitaine Cetto, qui voient se profiler un calendrier qui semble propice pour vite se refaire une santé. Lors des deux prochaines journées, les Jaunes reçoivent coup sur coup le Mans et Bordeaux. Deux équipes de milieu de tableau, pas forcément parmi les plus à l'aise à l'extérieur (surtout les joueurs de Ricardo). Pour George Eo, interrogé sur le site du club, la réception des Manceaux est «super importante pour la suite ! C'est le premier des deux matches à domicile. Il peut conditionner le second» .
Une réaction est donc vitale et devra intervenir devant un public peu gâté depuis le début de la saison (quatre matches nuls et deux défaites à la maison, en huit rencontres). Des points souvent lâchés en seconde période, un phénomène pour lequel Eo a sa petite explication. «Notre jeu n'est pas économique. Quand on est sur la fraîcheur, ça va. Mais l'équipe n'a pas une grande maîtrise et court beaucoup après le ballon. Parfois on a du mal à terminer nos matches» , explique-t-il dans l'Equipe.
De grosses lacunes individuelles
Cette unique explication serait trop simple. Un constat s'impose, les individualités ne sont pas au niveau. Entre les nouvelles recrues incapables de s'adapter, et les jeunes trop tendres, le coeur du technicien balance. «En début de saison, nous avons essayé de faire venir des joueurs avec du caractère, ce qui nous manquait l'an passé. On constate que nous en manquons encore. A Rennes, on a vu que des joueurs qui ont la culture maison - comme Dimitrijevic, Fae, Saïdou, Keserü,... - ont apporté une certaine cohésion. Mais ça n'a pas été efficace. Faut-il continuer ? Ils sont jeunes. Est-ce le moment ?» Des questions toujours sans réponse aujourd'hui. La campagne de recrutement, réalisée par l'ancien meneur de jeu du club, Japhet N'Doram, est à l'heure actuelle un véritable fiasco. Le gardien Vladimir Stojkovic n'a jamais convaincu, et a même perdu sa place de titulaire pendant plusieurs journées, au bénéfice du jeune Briant, jugé trop tendre par la suite. Ayant retrouvé sa place, le Serbe s'est encore troué à Rennes, ratant sa sortie sur le but de Melchiot. L'ombre de Landreau plane encore au dessus des travées de la Beaujoire.
Parmi les autres recrues, le Suédois Wilhemsson et le Marocain Boukhari, précédés d'une belle réputation, n'ont pas convaincu. Le premier a fait preuve d'une grossière inefficacité dans le jeu, alors que le second, malgré quelques éclairs (deux buts, dont cette somptueuse frappe lointaine face à Saint-Etienne), a surtout connu le banc de touche. Pour Eo, le problème est avant tout physique. «Des joueurs comme Wilhelmsson et Boukhari sont de très bons joueurs. Mais ils ne peuvent pas exprimer leur potentiel» . Finalement, les deux recrues à avoir gagné leur place, sans toutefois briller outre mesure, sont l'ancien Lensois Cubilier et le Camerounais Saïdou, qui semble avoir trouvé une certaine régularité dans l'entrejeu, aux côtés de Fae, après des débuts difficiles. D'ailleurs, Eo est satisfait de ce secteur de jeu. «Au milieu, on ne craint personne»
Devant et derrière, en revanche, c'est un autre problème. En défense, si l'on excepte le cas épineux du gardien, les possibilités sont limitées. La charnière Cetto-Pierre ne donne pas toutes les garanties de sécurité, même si l'Argentin continue d'évoluer à un bon niveau. Et sur les ailes, Signorino ne peut pas tout faire. Le problème est encore plus criant en attaque. Hormis le jeune Payet, qui a réussi à s'imposer au point de devenir le meilleur buteur du club, avec… trois réalisations, le secteur offensif est un florilège d'attaquants inefficaces, manquant cruellement de confiance. Diallo et Olliech n'ont toujours pas dépucelé leur compteur, tandis que Rossi et Da Rocha atteignent péniblement les deux réalisations. Il va pourtant falloir trouver l'ouverture. Et vite.