Viendra, ne viendra pas. On commençait à se lasser du «feuilleton Kachkar» sur la Canebière. Son dénouement laisse un goût amer aux supporters phocéens, comme si tout ce tapage médiatique autour du rachat du club n'avait en réalité servi à rien. «Candidat numéro un» à la reprise du club, Jack Kachkar était en contact depuis le 19 décembre dernier avec Robert Louis-Dreyfus. Une omniprésence médiatique qui faisait de lui le nouvel homme fort de l'OM. Mais qui a dans le même temps suscité les interrogations les plus folles.
Un faux suspense
Dès le départ, Kachkar s'est présenté comme le «patron» du club, avec le projet de faire de Marseille l'un des plus grands clubs d'Europe. Une ambition semble-t-il démesurée lorsqu'on sait que l'homme d'affaires canadien n'en avait pas encore pris officiellement les rênes. Les différents reports demandés par l'industriel pharmaceutique auprès de RLD ont soulevé des doutes sur sa capacité financière à assumer une telle transaction. Une enquête à même été menée par les RG concernant l'origine des fonds de Kachkar. Si rien de suspect n'avait été trouvé, cette accumulation rendait la donne plus floue que prévue. L'actionnaire majoritaire de l'OM décidait alors de laisser jusqu'au 23 mars 11 heures au Canadien pour réunir la somme.
RLD garde la main
Un délai que n'aura même pas Jack Kachkar, mis sur la touche par Louis-Dreyfus hier en début de soirée. L'information, relayée par le site Internet du Point, met ainsi fin à une tragicomédie de quatre mois. Quatre mois durant lesquels Kachkar est passé de la casquette d'actionnaire majoritaire de l'Olympique de Marseille à celle de «dindon de la farce» . Déjà , des fuites annonçaient hier matin le capotage de l'affaire. «Je crois que c'est cuit» admettait dans le quotidien La Marseillaise une source proche du dossier, ajoutant qu'il «évalu(ait) désormais les chances de reprise par Kachkar à 30%» . Une prophétie qui s'est révélée plus qu'exacte, puisque RLD a décidé jeudi soir de rester à la tête du club pour ne pas plonger l'OM dans une nouvelle crise.
Il y a comme un sentiment d'inachevé qui accompagne ce refus définitif. Le discours de l'homme d'affaires canadien se voulait ambitieux, mais ne verra finalement jamais le jour. Agacé de l'attitude de l'industriel, Robert Louis-Dreyfus a préféré garder la main, avant de se tourner probablement vers d'autres investisseurs. Un nom bien familier des travées du Vélodrome se murmure de plus en plus. Jean-Michel Roussier, ancien dirigeant du club olympien, serait le représentant officiel d'un fond de pension américain et un candidat pris très au sérieux par RLD. Nul doute que ce dernier prendra désormais tout son temps pour choisir le futur homme fort du club.