L'affaire a pris une ampleur considérable cette semaine. Canal +, qui avait posé une option pour la diffusion en exclusivité des matchs de Ligue 2, a finalement retiré son offre. La raison de cette défection ? La décision de la LFP de produire elle-même ses images. Sur le fond, la prise de position de la Ligue est compréhensible car elle s'inscrirait dans la lignée de ce que font déjà la FIFA et l'UEFA. Le seul problème est que les présidents Thiriez et Méheut ont signé en 2004 un contrat annuel de 600 millions d'euros prévoyant la primauté de la retransmission des matchs de Ligue 1 par Canal +
Deux positions légitimes
Le président de la chaîne cryptée a décidé de mettre la pression sur la LFP et son président en médiatisant l'affaire. «Cette organisation affecte directement l'intérêt que nous avions de nous porter acquéreurs dans la mesure où nous ne pouvons pas assurer la qualité des images à nos abonnés» , a ainsi déclaré Bertrand Méheut dans les colonnes de L'Equipe. En clair, Canal + désirerait toujours pouvoir envoyer ses équipes TV sur place et superviser l'ensemble des opérations. Ce à quoi Frédéric Thiriez a répondu : «La Ligue a pris toutes les garanties pour que les téléspectateurs bénéficient de la même qualité de retransmission. Cette décision n'est pas critiquable» . Les deux camps restent pour le moment campés sur leur position.
Canal + menace de boycott
La chaîne cryptée, qui doit verser près d' 1,8 milliards d'euros sur trois ans pour la diffusion exclusive de la Ligue 1, n'entend pas plier. Celle qui a permis aux clubs français de recruter des joueurs de notoriété (Koller, Baros, …) pour rendre le championnat plus attractif entend bénéficier d'un retour sur investissement. Surtout depuis que le groupe Canal + a fusionné avec TPS, autrefois son grand concurrent dans la course aux droits TV. En position de quasi-monopole, la chaîne brandit même la menace du boycott des retransmissions de L1. Une défection que ne peut risquer le président Thiriez sous peine de plonger le championnat dans un marasme le plus complet.
Cette énième histoire de gros sous ne fait pour l'instant qu'une seule victime potentielle : le football français. La LFP, sûre de son bon droit, et Canal +, très gros investisseur de la Ligue 1 ont tous deux une position légitime. Reste qu'il est parfois mieux pour tout le monde que la raison l'emporte sur l'orgueil.