le 13/04/2007 à 13h54

Kanouté ou l’anti - "star-system"

Encore une nouvelle fois décisif avec son club de Séville en quart de finale retour de la Coupe UEFA face à son ancienne équipe Tottenham (2-2), Frédéric Kanouté est pourtant un joueur très peu médiatisé. Retour sur cette dualité contradictoire qui n'empêche pas le canonnier sévillan d'être aujourd'hui le Pichichi de la Liga.

La nouvelle est récurrente et ne surprend plus. Freddy Kanouté a une nouvelle fois frappé hier soir à White Hart Lane, permettant à son club de rejoindre les demi-finales de la Coupe UEFA. Véritable icône en Andalousie, l'attaquant malien ne bénéficie pas de la même aura en Europe et principalement en France, sa terre de naissance. Formé à Lyon, il n'a jamais su percer dans le groupe professionnel alors qu'on lui prédisait une grande carrière. Peu importe, Freddy, sûr de ses qualités, est parti sillonner l'Europe en quête de reconnaissance.

2006-2007 ou la révélation

Passé par West Ham, sa carrière a vraiment décollé à Tottenham. Mais le véritable tournant pour lui aura été cette saison. Inscrivant but sur but avec le FC Séville, Frédéric Kanouté a affolé les compteurs de la Liga. Actuel co-Pichichi avec le buteur argentin du Real Saragosse Diego Milito, l'ancien Lyonnais totalise déjà 19 réalisations pour 28 apparitions, soit une moyenne de 0,68 but par match. Il est tout bonnement le meilleur réalisateur des cinq grands championnats européens réunis. Auteur de trois buts en Coupe d'Europe, Kanouté est un joueur décisif qui sait marquer dans les moments importants, comme en témoigne celui d'hier soir face à son ancien club.

De nature modeste

Et pourtant, le Malien ne fait pas souvent les Unes des quotidiens espagnols, majoritairement trustés par les icônes barcelonaises et madrilènes. Néanmoins, la principale arme offensive sévillane commence à se faire un nom, et notamment en Andalousie. Modeste, il voit cette émergence comme une résultante logique des efforts et des sacrifices consentis dans le passé. «Je ne m'impressionne pas, déclarait-il d'ailleurs récemment au mensuel So Foot. Je suis tombé au bon moment dans un club qui marche bien. Je ne vais pas me rabaisser, mais je ne vais pas me vanter non plus, ce n'est pas mon style» . Modeste, Kanouté sait qu'il doit ses performances au travail abattu par ses coéquipiers et que la réussite individuelle passe avant tout par le collectif.

Comme il le soulignait dans les colonnes de So Foot, l'éducation reçue de ses parents a été un facteur prépondérant et fait aujourd'hui de lui un jour respecté et respectueux. Celui qui se définit volontiers comme un anti- «star-system» est avant tout un joueur qui exerce très simplement et efficacement son métier sans être obligé de vivre à travers les médias. Son talent n'en passe pas pour autant moins inaperçu.

Par Romain Degrange, le 13/04/2007 à 13h54
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