Avec le départ de Jacques Santini en fin de saison dernière, le mot d'ordre était reconstruction à l'Abbé Deschamps. Le profil formateur de Jean Fernandez incitait à l'optimisme. Après des débuts poussifs, les Auxerrois se sont bien repris mais n'auront jamais été en mesure de raccrocher le wagon des leaders. Rapidement éliminés de toutes les compétitions annexes (Coupe de l'UEFA, Coupe de France et Coupe de la Ligue), les partenaires de Benoît Pedretti ont bien terminé la saison et accrochent finalement une qualification en Coupe Intertoto. Une maigre consolation…
Irrégularité fatale
Les premières sorties de Jean Fernandez sur le banc de l'AJA ne furent pas des plus réussies. En effet, après 5 journées, les Bourguignons pointaient péniblement à la 13e place avec seulement 5 points. On pensait alors qu'ils étaient partis pour lutter pour le maintien. Longtemps, l'inconstance chronique des partenaires de Kaboul (à l'extérieur notamment) les condamnait à la 2e partie de tableau flirtant parfois même avec la zone des relégables. Mais rapidement libérés du poids des autres compétitions, les Auxerrois se concentraient sur la Ligue 1. Ils réalisaient une belle série de 5 rencontres sans défaite de la 27e à la 32e journée. A 6 points de la zone Ligue des Champions, on se prenait alors à rêver d'une incroyable remontée. Mais quelques contre-performances fatales à l'aube du sprint final ne permettaient pas d'accrocher cet objectif. Grâce à 11 points pris lors des 5 dernières journées, les hommes du président Hamel parvenaient de justesse à se qualifier pour la prochaine Coupe Intertoto en décrochant la huitième place. Un rang qui, au vu de leur attaque (9e de Ligue 1 avec 41 buts marqués) et de leur défense (8e de Ligue 1 avec 41 buts encaissés), était au final logique.
Si le championnat de France de Ligue 1 se termine sur une bonne note, on ne peut pas en dire autant des Coupes. Vainqueurs en Coupe Intertoto l'été dernier, les Bourguignons se qualifiaient facilement pour les poules de la Coupe de l'UEFA. Mais lors de la dernière journée, ils laissaient filer la qualification pour les seizièmes de finale à domicile face aux Italiens de Livourne (0-1). Auparavant, ils avaient réussi quelques belles prestations face aux Glasgow Rangers (2-2) et au Partizan Belgrade (4-1). Dommage… En Coupe de la Ligue, les joueurs de Fernandez tombaient en huitième de finale face aux futurs vainqueurs, les Girondins de Bordeaux (0-1). Enfin, en Coupe de France, épreuve qui réussit habituellement bien aux Icaunais, ils sortaient sans gloire en 32e de finale face à Niort, pensionnaire de L2, (2-2 ; 4 t.a.b à 5).
Satisfactions et déceptions
On pense tout d'abord à la plus belle réussite bourguignonne de la saison, Bacary Sagna. Elu meilleur latéral droit de Ligue 1 par ses pairs, sa constance et son talent lui ont valu d'être convoqué en équipe de France par Raymond Domenech. Younes Kaboul a lui aussi confirmé cette saison son exceptionnel potentiel. Se montrant parfois décisif (2 buts), il a été l'un des véritables tauliers de la maison AJA. Au milieu de terrain, Benoît Cheyrou a encore été le meilleur Auxerrois cette saison. Régulier et précieux dans l'entrejeu, l'influence du capitaine s'est une nouvelle fois faite sentir cette année. L'international danois Thomas Khalenberg a quant à lui été l'artisan de la bonne fin de saison des ajaïstes. Trop longtemps blessé, il n'a pas pu rayonner tout au long de l'année. Enfin, en attaque, Ireneusz Jelen (10 buts en L1 et 5 en UEFA) et Gauthier Kanga Akalé (9 buts en L1 et 1 en UEFA) ont été les fers de lance. L'international polonais, arrivé cet été, est l'une des meilleures affaires du marché des transferts de l'été dernier. Son apport a été primordial. Le jeu et le réalisme de l'AJA s'en sont d'ailleurs ressentis après sa longue blessure l'hiver dernier. Akalé a, cette année, confirmé ses talents de dribbleur mais s'est aussi révélé comme un buteur redoutable.
Arrivé cet hiver, le gardien de but Olivier Sorin a connu une période d'adaptation délicate encaissant plusieurs buts évitables lors de ses premières sorties avant de se reprendre. En défense, ni Jean-Pascal Mignot ni Stéphane Grichting ne se sont imposés dans l'axe. Sur le flanc gauche, Jean-Sébastien Jaurès a été loin du niveau de son partenaire Sagna à droite. Au milieu, Benoît Pedretti a été discret après de bons débuts. L'ancien Manceau Frédéric Thomas ne s'est jamais imposé. En attaque, Luigi Pieroni, parti au mercato à Nantes, n'a été que l'ombre de lui-même durant la première moitié de la saison. Enfin, le Roumain Daniel Niculae a laissé entrevoir de belles choses mais son compteur but laisse tout de même à désirer (4 buts en L1 et 4 en UEFA).
Un collectif à reconstruire
Une page se tourne cet été à Auxerre. Après des blessures à répétition, l'emblématique gardien de but Fabien Cool a raccroché ses crampons. Guy Roux, au club depuis 47 ans, a choisi de reprendre du service sur le banc du RC Lens. Le club bourguignon regrettera-t-il son influence ? Son départ s'accompagnera de celui du défenseur central Younes Kaboul vers Tottenham Hotspur pour 14 millions d'euros. Le nouveau Bleu Bacary Sagna a fait part de ses envies d'ailleurs. Arsenal, le Paris SG et l'Olympique Lyonnais sont sur le coup. Jean-Sébastien Jaurès pourrait rejoindre Newcastle. Enfin, Johann Radet est annoncé au Havre (L2). Le capitaine Benoît Cheyrou après trois belles saisons sur les bords de l'Yonne pourrait rejoindre l'Olympique Marseille. L'ancien international espoir Lionel Mathis intéresse Rennes et Bordeaux. Gauthier Kanga Akalé, en fin de contrat, devrait troquer le Stade de l'Abbé Deschamps pour Toulouse ou Lens.
Jean Fernandez devra donc s'atteler à reconstruire une équipe-type. Les gazettes envoient l'ailier droit de l'Olympique de Marseille Toifilou Maoulida vers l'AJA. Les deux hommes se connaissent bien après plusieurs expériences communes (FC Metz et OM). Le nom de l'international nigérian Wilson Oruma (OM) est aussi évoqué tout comme celui du Roumain Gabriel Tamas (Celta Vigo). En attaque, la piste Rudolph Douala (Sporting CP) revient comme à chaque période de transferts. L'AJA devra certainement s'appuyer sur son centre de formation pour rebâtir une formation compétitive pour la saison prochaine. Après Méxès, Cissé, Sagna, Kaboul et autres, on attend avec impatience les jeunes pousses auxerroises.
Après un exercice moyen, l'AJ Auxerre devrait se heurter à une importante vague de départs cet été. Jean Fernandez et ses dirigeants réussiront-ils la reconstruction pour bien figurer en Ligue 1 et pourquoi pas en Coupe d'Europe ? A suivre.