le 28/06/2007 à 23h49

Bilan de fin de saison : Monaco

Sa saison décevante, Monaco la doit d'abord à un début de championnat catastrophique et rédhibitoire. L'avènement de Banide à la place de Bölöni a néanmoins eu le mérite de relancer la machine pour finalement signer un retour en boulet de canon après la trêve. Insuffisant toutefois à l'égard des ambitions et du budget du club.

Avec un tel effectif, Monaco avait sans aucun doute les moyens de se mêler à la lutte pour les places européennes. Mais un départ cataclysmique a anéanti tout espoir avant même d'entrer dans le vif du sujet. Ce n'est peut-être que partie remise, tant les ressources sportives de l'ASM ont de quoi faire pâlir la plupart de ses concurrents. Dans ce sens, la deuxième partie de saison aura sans doute eu le mérite de permettre de préparer la prochaine. Largement remaniées et renforcées l'été dernier, les troupes monégasques ont mis un temps à trouver l'osmose mais la deuxième partie de saison laisse présager de belles éclaircies pour l'exercice 2007-2008.

Une saison contrastée

L'ASM a vécu une saison que l'on pourrait qualifier de transition, si ce n'était pas la deuxième d'affilée. Les turbulences enregistrées depuis le retrait de Didier Deschamps en 2005 n'ont pas été évacuées. Après le fiasco Francesco Guidolin l'an passé, le club de la Principauté est descendu aux enfers en début de saison sous le commandement de Laszlo Bölöni. Avec un effectif prometteur certes mais largement remanié à l'intersaison, l'ASM a peiné à trouver le bon régime pour prendre son envol. Les Monégasques ne pouvaient pas imaginer pire scénario avec une série initiale de huit défaites lors des neuf premiers matchs de championnat. Les premiers clashs internes entre l'entraîneur et certains joueurs cadres n'ont pas tardé à éclater au grand jour. Le ton était donné et Bölöni, intronisé trois mois auparavant, ne résistait pas à la 10e journée. Promu à sa place, Laurent Banide s'est alors évertué à redonner un certain équilibre à la formation du Rocher.

Le début de saison catastrophique a tué dans l'oeuf toute ambition de terminer dans le wagon de tête. L'essentiel était alors de se sortir de la zone rouge. La tâche confiée à Banide n'était pas évidente mais le technicien monégasque a progressivement redressé la tête de sa formation avant d'aligner une belle série avec deux défaites seulement en vingt-trois journées. Quatrième lors des matchs retour avec 31 points (8v, 7n, 4d), les coéquipiers de Gaël Givet ont su redorer leur blason et prouver tout leur potentiel, pour finalement échouer à la 9e place du classement de Ligue 1, avec 51 points (13v, 12n, 13d). Après un début de saison difficile, Jan Koller, Yaya Touré et Jérémy Ménez notamment ont retrouvé leur allant et permis à l'équipe de sortir la tête de l'eau. Si le bilan final est des plus médiocres pour un club du calibre de l'AS Monaco, la deuxième partie de saison laisse présager le meilleur pour la suite, à condition de miser sur la continuité.

Satisfactions et déceptions

La phase retour du championnat est à classer parmi les points positifs d'une saison au demeurant maussade. Ce renouveau est en partie dû à une défense retrouvée et au changement d'entraîneur, premier fusible en cas de pépin. Banide a parfaitement assuré l'intérim et permis à certaines recrues de s'imposer. Menez, Koller, Touré et Bolivar par exemple, ont été très en deçà de leurs possibilités dans un premier temps, avant de retrouver leur niveau par la suite. Dans les buts, Roma est à créditer d'une saison des plus sérieuses. L'Italien n'a pas manqué une seule seconde de championnat. Régulier et décisif, il a d'ailleurs été désigné meilleur joueur de la saison par les supporters de l'ASM. Avec 7 buts et 3 passes décisives, Menez poursuit sa progression mais devra confirmer la saison prochaine. Avec 5 buts et 6 passes, Touré a su se rendre indispensable dans l'entrejeu sous l'ère Banide. Gakpe (6 pd) est à créditer d'un bon début de saison mais s'est progressivement éteint. Arrivé à la mi-saison, Piquionne a redynamisé l'attaque monégasque et inscrit 5 buts. Malgré un passage à vide, le capitaine Givet a tenu son rang.

Si Banide a permis de mieux cadrer l'équipe et d'exploiter tout son potentiel, il n'a rien pu faire pour Gonzalo Vargaz. Arrivé l'été dernier avec l'étiquette de meilleur buteur du championnat argentin, l'Uruguayen n'a marqué aucun but avec Monaco et n'a joué que huit matchs en tout et pour tout. Un désastre ! Meilleur buteur du club avec 8 buts dont 6 à l'extérieur, Koller présente au final un rendement assez faible pour un joueur de son standing. Quasiment muet lors des matchs aller (2 buts), il a retrouvé un régime plus confortable après la trêve. Cadre de l'équipe, Lucas Bernanrdi s'est montré inconstant, de même que Camel Meriem, alternant le chaud et le froid. Gerard a de nouveau déçu, Kallon s'est éteint et Di Vaio n'a pas passé l'hiver. Enfin, Monaco termine 20e au classement du fair-play avec 85 cartons jaunes et 7 cartons rouges récoltés ! Jerko Leko en a reçu 15 (record en L1 cette saison), Diego Perez 11.

Une base solide

Si les Monégasques ont peiné à trouver leur rythme, ils devraient débuter la prochaine saison sur un autre tempo. Les joueurs ont eu le temps de s'apprivoiser depuis plusieurs mois et devraient démarrer la saison sur des bases plus constructives. L'ASM aura sans aucun doute les moyens de terminer sur le podium. Encore faudra-t-il un minimum de stabilité, en particulier dans l'effectif. Les départs de Givet à l'OM, Touré au Barça et Manu Dos Santos en fin de contrat ne laissent pas présager du meilleur mais le recrutement à venir pourrait atténuer les doutes des supporters. Ricardo (Bordeaux) a été le premier à débarquer sur le Rocher et dirigera l'équipe en compagnie de Patrick Colleter et Jean Petit. Le technicien brésilien a fait des miracles lors de son passage à Bordeaux mais devra s'adapter à un groupe nettement porté vers l'offensive, un concept qu'il ne maîtrise guère.

Ses objectifs de recrutement concernent deux ou trois joueurs dont un défenseur latéral et un milieu relayeur. Pour remplacer Touré, Monaco songe au milieu lensois Seydou Keita, un des meilleurs à son poste dans l'hexagone. Le Malien dispose d'un bon de sortie après cinq ans passés dans le Pas de Calais. Côté départ, l'ASM ne retiendra pas Koller mais ce dernier est exigent et ne souhaite pas rejoindre un club de seconde zone. En défense, le latéral gauche de Santos, Kleber, est dans les petits papiers de Ricardo depuis deux ans et pourrait enfin le rejoindre. Lucien Aubey a également été évoqué pour renforcer le secteur défensif. De son côté, Monsoreau devait partir mais le départ de Givet devrait le convaincre de rester. Reste le cas Giuly. Petit est sûr de son retour au club mais la lutte est acharnée avec l'OM pour savoir qui dénichera le lutin du Barça. S'il revient, ce qui est probable, Giuly sera bien entendu le fer de lance du Monaco nouvelle version.

Après deux années de disette, le club princier se doit de retrouver son rang. Pour peu qu'elle prenne un bon départ, l'AS Monaco sera à coup sûr une valeur forte du championnat la saison prochaine.

Par Nicolas Lagavardan, le 28/06/2007 à 23h49
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