le 07/01/2004 à 14h31

Bilan mi-saison : Lyon

Avec 35 points glanés en 18 journées, l’Olympique Lyonnais a réalisé une première partie de saison digne d’un futur champion de France. Victimes cependant de l’exceptionnel parcours de l’AS Monaco, les hommes de Paul Le Guen semblent plutôt miser en 2004 sur une victoire en Coupe de France, ainsi que sur un beau parcours en Ligue des Champions pour enfin devenir un Grand d’Europe.

Alors que l’an passé à la même époque, Lyon comptait seulement 32 points à la trêve (en 19 rencontres), les coéquipiers de Grégory Coupet en comptent aujourd’hui 3 de plus mais 7 de moins tout de même que les hommes de Didier Deschamps qui caracolent en tête de la Ligue 1. La faute à l’extraordinaire parcours des Monégasques, la faute aussi à l’excès de confiance qui a parfois joué de mauvais tours aux Rhodaniens au cours de plusieurs rencontres face à des mal classés. Dommage donc pour les Lyonnais, car, on le sait déjà depuis quelques années, les joueurs de l’OL ont du talent à revendre, beaucoup même ! Les arrivées de jeunes joueurs à fort potentiel tels Mickaël Essien, Florent Malouda ou Anthony Réveillère ont donné du tonus au club rhodanien qui peut désormais comparer son effectif à ceux des grands clubs d’Europe. Une scène européenne qui a d’ailleurs sourit à l’OL en cette première partie de saison. De quoi ravir Jean-Michel Aulas !…

Quand la machine lyonnaise se met en routeÂ…

En Ligue 1, le départ de la saison s’est d’abord avéré «poussif» (8 points lors des 6 premiers matchs) pour le double champion de France avec notamment un revers inquiétant face à Guingamp lors de la 5ème journée. A l’issue de la défaite lyonnaise (2-0) au Roudourou, Paul Le Guen, l’entraîneur rhodanien rappellera à l’ordre ses joueurs : «Il faut aimer ce que l’on fait» leur dira-t-il pour leur rappeler que la technique ne suffit pas toujours. L’équipe lyonnaise a ensuite commencé à trouver ses repères, à briller même. Elle a déjà démontré à de multiples occasions jusqu’à quel point elle savait parfaitement maîtriser une rencontre tant sur le plan tactique que sur le plan technique dès lors qu’elle se mettait à aller de l’avant. Le récital face à Lens (4-0) ou Nice (5-0) laissait ainsi présager de bonnes choses. Mais c’est surtout à l’extérieur que les Lyonnais ont progressé cette saison avec déjà 5 victoires (contre 7 au final lors du championnat 2002-2003) et le 3ème meilleur total de points gagnés à l’extérieur. La superbe victoire (4-1) au Stade Vélodrome face à l’OM lors de la 13ème journée sera ainsi saluée par tous les observateurs comme une performance de très haut niveau. C’est à domicile que les coéquipiers de Grégory Coupet peuvent en revanche nourrir quelques regrets : concédant quatre matchs nuls face à Toulouse, Auxerre, Sochaux et au PSG, l’OL reste certes invaincu à Gerland mais a déjà laissé échapper 8 points sur sa pelouse, trop pour suivre l’ASM...

La grosse performance lyonnaise de ces premiers mois provient surtout de la qualification pour les 8èmes de finale de la Ligue des Champions. Enfin !…serait-on tenté de dire après l’échec des Rhodaniens au premier stade des poules lors des deux saisons précédentes. Mais ce ne fut pas sans mal ! Car Lyon, là encore, eut des difficultés à démarrer la compétition. Après 3 matchs, les hommes de Paul Le Guen n’avaient pas montré grand chose de bon…jusqu’à ces 5 dernières minutes de folie à Gerland face au Bayern Munich. 5 minutes qui ont, semble-t-il, lancé une saison avec l’égalisation de Peguy Luyindula, suivi d’un exploit avec une victoire à l’Olympia Stadion (2-1). Pour finir, Lyon se fit peur jusqu’au bout, passant à côté de son match à Bruxelles face à Anderlecht (défaite 0-1), puis ragaillardi pour l’emporter à l’énergie face au Celtic Glasgow (3-2) au terme d’un match spectaculaire et d’un terrible suspense. La première place de la poule A a de plus permis à l’OL de tirer pour les 8ème de finale un adversaire à sa portée, la Real Sociedad de Raynald Denoueix.

Les satisfactions

Si les bonnes performances globales des Lyonnais sont avant tout à mettre au crédit du collectif, il est évident que certaines individualités se détachent aujourd’hui grâce à leur capacité à faire la décision dans un match sur un coup de génie ou une accélération.
A tout seigneur tout honneur, Juninho Pernambucano est sans conteste le meilleur joueur de l’effectif lyonnais, pour ne pas dire le meilleur joueur étranger du championnat de France. Ses dribbles, sa vision du jeu et son habileté pour tirer les coups de pied arrêtés en ont fait un élément indispensable au schéma tactique de Paul Le Guen. Replacé milieu défensif par son entraîneur pour créer le jeu dès le rond central, le Brésilien s’est remarquablement acquitté de cette mission, nouvelle pour lui, en offrant même la qualification à l’OL en Ligue des Champions face au Celtic grâce à 2 buts. Car, en effet, si Juninho est un milieu créatif, il n’en oublie pas pour autant de marquer. Déjà 7 buts au compteur en Ligue 1 (avec un coup du chapeau face à Lens) et 4 réalisations en Ligue des Champions. On retiendra notamment de superbes coup-francs face à Nice en championnat ou, plus beau encore, à l’Olympia Stadion face à Oliver Kahn. Ses prestations lui ont permis d’être appelé en sélection avec le Brésil pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2006.

Peguy Luyindula est également l’un des grands artisans de cette bonne première partie de saison lyonnaise. Suite au départ de Sonny Anderson, et malgré l’arrivée de Giovane Elber, l’ex-attaquant strasbourgeois, souvent sur le banc jusque-là, a su saisir sa chance pour s’imposer au front de l’attaque rhodanienne. Généreux et faisant preuve d’une belle combativité, l’ancien attaquant de l’équipe de France Espoirs est aujourd’hui le meilleur buteur lyonnais en Ligue 1 avec 8 buts. Son égalisation à 5 minutes de la fin à Gerland face au Bayern de Munich sonna le réveil des hommes de Paul de Le Guen en Ligue des Champions. De quoi prétendre à une place chez les Bleus pour l’Euro ?…Voilà qui reste à confirmer ! Enfin, au niveau des satisfactions, la défense lyonnaise est à féliciter dans son ensemble. De l’apport d’Anthony Réveillère à l’éclosion de Jérémy Berthod. Du retour en grâce d’Edmilson au brassard de capitaine de Claudio Caçapa. On retrouve là les signes d’une défense qui est devenue cette année, à la trêve, la plus imperméable de la Ligue 1 (14 buts encaissés à égalité avec Monaco). Voilà qui est de bonne augure pour les prochaines échéances quand on se souvient que Lyon était seulement la 10ème défense du championnat l’an passé.

Les déceptions

S’il est difficile aujourd’hui de parler de déception en ce qui concerne tel ou tel joueur lyonnais, certaines performances soulèvent aujourd’hui quelques interrogations, à commencer par celles de Sidney Govou. Le jeune international semble, depuis sa blessure à la cheville survenue lors de la préparation d’avant-saison en Corée du Sud, avoir du mal (1 but seulement en Ligue 1 pour 12 matchs joués) à retrouver le niveau qui était le sien et qui lui avait permis d’être appelé chez les Bleus. Il faut dire que depuis la fin de saison dernière, Paul Le Guen préfère ne conserver qu’un seul joueur dans l’axe de l’attaque lyonnaise ce qui a pour conséquence d’excentrer Govou sur le côté droit. Le rôle devrait pourtant convenir au joueur dont la vitesse est le principal atout. Auteur notamment d’un très bon match à Marseille cette année sur ce même flanc droit, Sidney Govou doit convaincre encore s’il veut rester titulaire dans un effectif lyonnais soumis à forte concurrence. Convaincre, c’est aussi la mission de Giovane Elber. Arrivé du Bayern Munich pour remplacer l’irremplaçable Sonny Anderson, le Brésilien n’a pas encore donné tout ce que les dirigeants lyonnais étaient en droit d’attendre de lui. Malgré des buts décisifs face au Bayern Munich et au Celtic Glasgow, et un bon jeu dos au but, l’attaquant lyonnais n’a marqué que 5 buts en Ligue 1 et semble peu mobile pour proposer des solutions. L’ancien meilleur buteur de la Bundesliga peut sûrement mieux faire.

D’autre part, une interrogation subsiste sur le milieu de terrain lyonnais. Paul Le Guen semble en effet avoir opté pour un 4-3-3 avec Elber, Govou, Luyindula devant et un milieu de terrain avec Essien ou Diarra, Juninho et Malouda. Or, on ne peut s’empêcher de penser que la non-titularisation de Vikash Dhorasoo, l’un des meilleurs joueurs du dernier championnat, ou d’Eric Carrière, pourtant triple champion de France, est préjudiciable à la créativité du jeu lyonnais. Pour l’heure, les résultats semblent plutôt jouer en faveur du coach breton. Mais remarquons déjà que c’est la reconstitution du triangle Juninho - Dhorasoo – Carrière qui a permis à l’OL de mettre le jeu à terre et de trouver la clé du coffre-fort parisien pour l’égalisation lyonnaise lors de la dernière journée de Ligue 1 avant la trêve (Lyon – PSG 1-1).

Le mercato et le programme à venir

Désireux de conserver un large effectif pour la Ligue des Champions, Jean Michel Aulas ne laissera partir l’un de ses joueurs que si un montant substantiel est proposé en échange. On pense bien sûr ici à Eric Carrière qui ne veut pas manquer l’Euro 2004 et ne peut donc se contenter d’une place sur le banc de touche lyonnais. Le Celta Vigo se serait manifesté, tout comme l’Olympique de Marseille qui aurait proposé un échange contre Cyril Chapuis mais les dirigeants rhodaniens n’ont pour l’heure pas donné suite à ces approches. Vikash Dhorasoo se trouve dans un cas relativement similaire à celui d’Eric Carrière si ce n’est, et il ne s’agit pas d’un détail, qu’il sera libre de partir où il veut en juin prochain. Hautement désiré du côté du PSG où Vahid Halilhodzic voulait absolument le faire venir, le joueur d’origine mauricienne a finalement décliné l’offre : «Je suis bien à Lyon et je serais encore là pour la fin de la saison» a indiqué le milieu de terrain lyonnais. Finalement le seul vrai départ pourrait concerner Rémy Vercoutre, la doublure de Grégory Coupet, qui est convoité, tout comme Vredran Runje, par l’Espanyol Barcelone. «J'ai très envie de tenter l'aventure, d'aider cette équipe qui connaît pas mal de difficultés depuis le début de saison, et de m'éclater...» a déclaré l’ancien portier montpelliérain sur le site internet du club lyonnais ajoutant toutefois que «Rien n'(était) fait» . En ce qui concerne d’éventuelles recrues, rien n’est prévu pour le moment et, comme le veut la règle en ces temps de crise, toute arrivée ne sera envisageable qu’en cas de départ.

Au programme du mois de janvier, il y a bien sûr le choc tant attendu vendredi face aux Monégasques qui pourrait permettre aux Rhodaniens de revenir, en cas de victoire, à 4 longueurs de l’équipe de la Principauté même si les joueurs de Didier Deschamps «sont favoris» selon Grégory Coupet. Viendront ensuite deux rencontres à Gerland face à Montpellier le 16 janvier, puis le match en retard face aux Girondins de Bordeaux le 28, toujours en Ligue 1. Un mois qui se terminera le 31 avec un déplacement à Toulouse.

Si un troisième sacre consécutif reste donc possible, il semble toutefois que Jean-Michel Aulas ait jeté son dévolu sur la Coupe de France: «on rêve tous de ramener un nouveau trophée dans la vitrine du club et la Coupe de France est l'objectif numéro 1 cette saison.» . A choisir, on sait cependant que l’ambitieux président de l’OL se verrait bien gagner une autre coupe, plus prestigieuse encore. Pourquoi dès lors ne pas rêver de la Ligue des Champions ? Début de réponse le 24 février à San Sebastian face à la Real Sociedad !

Par Nicolas Kahn, le 07/01/2004 à 14h31
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