le 22/04/2008 à 11h57

Cayzac, la chute irréversible

Le Paris Saint-Germain vit certainement les heures les plus sombres depuis sa création en 1970. Ce lundi, Alain Cayzac (66 ans) a été démis de ses fonctions. Histoire et surtout déboires d'un homme loyal, profondément amoureux d'un club dont il n'a jamais vraiment tenu les rênes.

Juin 2006. Le groupe Canal + décide de quitter le navire parisien, lassé de faire des dépenses inconsidérées pour une équipe qui peine à retrouver son lustre d'antan. Des actionnaires américains arrivent, avec en tête Colony Capital. Ces derniers décident de propulser à la tête des «Rouge et Bleu» un amoureux historique du PSG : Alain Cayzac.

Ce dernier pense clairement qu'avec les joueurs déjà en place : Pauleta, Yepes, Rothen, Armand, Kalou ou encore Dhorasoo, il pourra réussir une saison de qualité avec Guy Lacombe qui vient de remporter la Coupe de France. Ainsi le recrutement se résume en quelques retouches avec l'arrivée de Mickaël Landreau et de l'attaquant lyonnais, Pierre-Alain Frau. A l'époque, les supporters et la presse saluent cette politique qui tranche avec les dépenses du passé où qualité ne rimait pas forcément avec montant du transfert.

Une première année noire

Mais la fameuse «crise de l'automne» vient mettre à mal les espoirs d'Alain Cayzac. Les résultats sont catastrophiques et l'équipe de la capitale s'embourbe dans les profondeurs du classement. Pire encore, lors d'une soirée de Coupe UEFA contre l'Hapoël Tel-Aviv (défaite 2-4), un jeune supporter du Paris Saint-Germain, Julien Quemener, est tué par un policier alors qu'il courait, selon les conclusions de l'enquête, derrière un fan de l'équipe israélienne pour le passer à tabac. Ce drame humain vient noircir l'image, déjà écornée, d'un club moribond sur le plan sportif et surveillé de très près par la justice.

Lors de l'hiver 2007, le président Cayzac se résigne à limoger Guy Lacombe et rappelle une légende vivante, Paul Le Guen, qui a participé aux grands succès du PSG lors de la dernière décennie. Dans le même temps, Gallardo, Clément et Luyindula posent leurs valises du côté du Parc des Princes. Le miracle se produit à Lens (1-2), alors deuxième du championnat, lorsque un sursaut d'orgueil permet aux Parisiens de sortir de la zone rouge. Ensuite, ils terminent la saison en trombe et obtiennent le maintien.

2008 : Bis repetitaÂ… ou presque

La seconde année d'Alain Cayzac sera du même acabit avec un recrutement estival raté (Camara, Bourillon, Digard et le brésilien Ceara) et des résultats catastrophiques à domicile. Du côté des supporters cependant, l'union sacrée est de mise même si du côté d'Auteuil et Boulogne, le rêve de voir arriver de grands joueurs s'est transformé en illusion d'optique. Ainsi, les Brésiliens Souza et Everton arrivent durant l'hiver pour, dit-on, renforcer le groupe… mais ces derniers se révèlent être de véritables flops alors qu'ils ont coûté entre huit et neuf millions d'euros.

De plus une nouvelle affaire vient une nouvelle fois rythmer la vie du club francilien. Cette fameuse banderole injurieuse déployée en finale de Coupe de la Ligue contre Lens alors que sur le terrain, les hommes de Le Guen étaient allés décrocher le trophée (2-1). Aujourd'hui, force est de constater qu'Alain Cayzac et son plan quinquennal, qui visait à ramener le titre dans la capitale d'ici 2011, sont rangés au rayon des souvenirs.

Pour remplacer le natif d'Evreux, le Directeur Général du Groupe Hersant Médias et vice-président du Conseil de Surveillance de Paru Vendu, Michel Moulin, s'est vu confier une mission commando sur quatre matches. L'objectif est simple : sauver le Paris Saint-Germain de la relégation en Ligue 2 avant, peut-être, de redémarrer un nouveau cycle en lettres capitales…

Par Vincent Bogard, le 22/04/2008 à 11h57
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