Du haut de ses 20 ans, Karim Benzema ne mâche pas ses mots. Et même s'il ne possède que treize sélections en équipe de France, je jeune attaquant de l'Olympique Lyonnais se sent déjà dans la peau d'un cadre chez les Bleus. Quelques jours après la fin de l'Euro, celui qui a été élu meilleur joueur de L1 en 2007-08 est revenu sur le parcours plus que chaotique des tricolores. «C'était un peu bizarre, a lâché d'entrée Benzema dans L'Equipe. Je pensais que l'on serait plus soutenus par l'extérieur. On représente le pays quand même. Mais, avant même que ça ne commence, j'ai eu l'impression qu'on voulait nous enfoncer. Tout a été contre nous. Ce n'était pas notre Euro.»
«Je sais ce que je lui dois»
Au sujet de Raymond Domenech, l'homme qui l'a lancé chez les Bleus, Karim Benzema n'y va pas par quatre chemins. Pour le Lyonnais, le sélectionneur national n'est pas le responsable de l'échec des Bleus en Suisse et en Autriche et doit donc poursuivre sa mission à la tête de l'équipe de France jusqu'à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. «J'ai commencé avec lui, il m'a convoqué quand j'avais 18 ans. On reste sur un échec, mais je sais ce que je lui dois et il a confiance en moi» , a affirmé l'international tricolore, auteur de trois buts en Bleu. Pas question donc pour Benzema de crier haro sur Domenech.
Pas question non plus de montrer un quelconque signe de compréhension à l'égard des champions du monde 98, qui, à l'image de Bixente Lizarazu ou de Christophe Dugarry pour les plus virulents, n'ont de cesse de réclamer le départ du sélectionneur national. «Ils ont porté ce maillot et ils parlent comme s'ils n'avaient jamais joué. Ce n'est pas bien. Mais bon quand on perd, c'est comme ça» , n'a pas hésité à déclarer Benzema. Reste à savoir qui est le plus à même de donner son avis entre un joueur qui ne compte que treize sélections et des anciens à la Coupe du monde inscrite à leur palmarès…