le 30/07/2008 à 17h50

Grenoble, un club "nipponisé"

Après avoir vu les dirigeants assainir les finances devant la DNCG, les supporters de Grenoble pensaient qu'ils pourraient savourer leur remontée en Ligue 1. Mais mercredi après-midi, un communiqué publié sur le site officiel du club annonçait que le président délégué, Pierre Mazé, était écarté pour divergences de stratégie.

A l'image de Chelsea, Manchester ou encore Liverpool, Grenoble fait partie de ces clubs qui possèdent des capitaux étrangers. Mais cette exception en Ligue 1 ne fait pas toujours des heureux. En effet pour avoir critiqué la gestion de ses supérieurs hiérarchiques japonais, le désormais ex-directeur général s'est vu montrer la sortie. Pourtant 45 ans après avoir quitté l'élite du football français, le GF38 a sans doute besoin de critiques constructives pour poursuivre son ascension vers la Ligue des Champions. Un objectif difficile à atteindre, pourtant promis avant 2012 par le président Kazutoshi Watanabe il y a quatre ans.

P. Mazé - «ils vont droit dans le mur»

« J'avais une idée de la stratégie qu'il fallait avoir. Elle n'a pas été suivie, donc le propriétaire a voulu continuer sans moi. Aujourd'hui, je considère que Grenoble va droit dans le mur Â» , a déclaré à L'Equipe l'ancien dirigeant français après son éviction rocambolesque. Ces mots sonnent comme un profond désaveu à propos de la gestion d'Index Holdings. Aujourd'hui avec 99,4% des parts du club en sa possession (cf Le Figaro) , la société nippone ne compte pas se laisser envahir par des entreprises candidates à une entrée dans le capital, comme le préconisait Mazé. Pour preuve, cette holding de téléphonie mobile s'est en partie débrouillée seule pour l'édification du Stade des Alpes.

Afin de moderniser au maximum ce nouvel écrin de 20 000 personnes inauguré en février dernier, les dirigeants asiatiques n'ont pas hésité à investir près de 6 millions d'euros. A peine six mois plus tard, ces mêmes personnes sont invitées par la DNCG à venir rendre des comptes. L'organisme qui surveille de près les finances des clubs français découvre un déficit estimé à... 6,5 millions d'euros. Avec le soutien administratif de la mairie de Grenoble, Index apporte les garanties financières suffisantes pour sauver les meubles. C'était sans compter sur Pierre Mazé qui a dit ses quatre vérités à ses risques et périls. En attendant sur le plan sportif, Mécha Bazdarevic (l'entraîneur grenoblois, ndlr) doit faire avec les moyens du bord, afin de ne pas se faire à son tour «hara-kiri Â» dans les six prochains mois...

Par Vincent Bogard, le 30/07/2008 à 17h50
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