Un jeu déficient
Depuis le début de cette saison Lens souffre d'un déficit important dans le jeu. Les principales lacunes sont offensives, puisque l'équipe ne possède que la 18ème attaque de L1 avec seulement 20 buts marqués. Les Sang et or ne possèdent pas de réelle animation offensive et l'absence d'un véritable buteur se fait sentir. Ainsi, John Utaka (trois buts) n'est que l'ombre du joueur explosif qu'il était la saison dernière, Bakari (quatre buts) a un registre trop limité et n'a jamais été un vrai buteur et Moreira (six buts) malgré sa bonne volonté ne peut résoudre à lui seul tous les problèmes offensifs de son équipe. Son positionnement à droite ne l'aide d'ailleurs pas à être présent devant le but. Le départ d'Antoine Sibierski pour Manchester City en début de saison, véritable organisateur la saison dernière, a des conséquences plus importantes que prévues. Et c'est tout le jeu de l'équipe qui s'est délité au fur et à mesure de la saison. Müller en est conscient et déclare sur le site du club : «Le courage a ses limites, il faut autre chose sur le terrain : de l'intelligence, de la réflexion. Nous ne sommes pas capables, en match, de tenir les engagements que nous prenons. Quand on est surpris, à ce niveau-là , cela ne pardonne pas.»
Les effets de la CAN
Le recrutement africain du RC Lens opéré ces dernières années a souvent été critiqué. En effet, cela devait nécessairement conduire à des problèmes d'effectifs durant la CAN puisque Song, Coulibaly, Utaka, Bouba diop, Keita et Faye, tous titulaires en temps normal, sont ainsi partis. L'équipe se retrouve donc très affaiblie, d'autant que le banc n'est pas très fourni et que les remplaçants manquent d'expérience à ce niveau. Müller affirme : «Depuis, nous avons tout de même perdu des éléments clefs» . On peut dès lors s'interroger sur la politique de recrutement opérée par le club Artésien, sachant que cette situation était parfaitement envisageable. Dans une saison morose, la Can a des répercutions importantes au moment où la tête de championnat avance très vite et que l'équipe doit prendre des points.
Cette gestion du recrutement apparaît d'autant plus étonnante que le club, à la recherche d'un joueur offensif, a finit par recruter Wagneau Eloi, au chômage depuis des mois, et dont on peut douter de l'apport futur.
Un entraîneur fragilisé
On peut se demander si le discours de Joël Müller passe encore auprès de ses joueurs. Ce dernier, conscient de cette situation, en appelle à ses joueurs : «Il faut que, pendant trois mois, tout le monde soit sur la même longueur d'onde» . Cette demande d'une plus grande unité en dit long sur les relations de l'entraîneur avec ses joueurs qui ont semblé peu concernés ces derniers temps, notamment lors du match de coupe de France contre Dijon (1-2) où ils ont été sérieusement bougés par un équipe de National. Müller avait d'ailleurs dû hausser la voix après une première mi-temps catastrophique. Cet épisode est un fait marquant des relations tendues entre le coach et ses joueurs, même si ce dernier essaye de positiver sur le site officiel du club : «On ne peut pas dire que le groupe laisse filer» . Il recherche donc un consensus afin d'éviter une trop pénible fin de saison qui le fragiliserait davantage, même si le président Gervais Martel le soutient toujours officiellement.
Des objectifs à court terme
Actuellement, les Lensois sont à la recherche d'une plus grande sérénité. Les points positifs existent puisque trois joueurs (Song, Faye et Bouba Diop) sont d'ores et déjà rentrés d'Afrique et que les autres en feront de même en fin de semaine. L'effectif va retrouver des couleurs et ainsi offrir des solutions au coach qui fixe des objectifs pour cette fin de saison : «Ce que je voudrais, quand l'effectif sera au complet, c'est que l'on puisse disputer un mini Championnat de quatorze matchs avec des objectifs de jeu, de performance.» Même si le club se trouve actuellement à 11 points du PSG, premier qualifié direct pour une coupe d'Europe. Mais l'intertoto peut constituer une quête atteignable.
Si le RC Lens est actuellement en crise, il se doit cependant de réagir rapidement pour éviter de sombrer un peu plus dans les profondeurs de la Ligue 1. Une prise de conscience collective des joueurs semble nécessaire pour sauver ce qui peut encore l'être et surtout redorer un blason passablement écorné aux yeux des supporters du club nordiste.