La rencontre entre l'Olympique de Marseille et l'AS Saint-Etienne ce samedi soir sentait le souffre. Parce qu'elle opposait deux formations en crise de confiance, mais aussi parce qu'on se demandait quel accueil allait réserver le Vélodrome à Hatem Ben Arfa, une semaine après que ce dernier, mécontent d'être remplaçant, eut refusé d'entrer en jeu face au Paris Saint-Germain. S'il avait présenté ses excuses, celles-ci n'étaient pas au goût de tout le monde. Sifflé lors de son entrée sur la pelouse pour l'échauffement, Ben Arfa pouvait également lire une banderole sur laquelle était écrit : «Excuse refusée, honore ton maillot.» Le ton était donné. Mais l'international tricolore avait à coeur de se racheter. Et il n'a pas mis longtemps à se faire pardonner.
«C'est fini pour moi désormais»
Auteur d'un but sur penalty et de deux passes décisives, Ben Arfa a été le grand bonhomme de la rencontre. A tel point que le milieu de terrain est sorti sous les ovations du Vélodrome à quelques minutes du coup de sifflet final. «L'ovation m'a fait très plaisir, lâchait le Marseillais à sa sortie. Jouer au Vélodrome, ça fait chaud au coeur. C'était important de marquer, je sentais que je pouvais prendre mes responsabilités. Le plus important est la victoire, on gagne avec la manière et on est deuxième. Contre Paris c'était un épiphénomène, c'est fini pour moi désormais. Je vais faire mon maximum pour que l'on gagne le maximum de titres. Je suis très content de jouer à Marseille. On a un groupe solidaire. Tout le monde m'a soutenu, le coach, mes partenaires, cela fait chaud au coeur.»
De son côté, Eric Gerets semble également avoir oublié l'affront que lui avait administré son jeune joueur il y a une semaine. L'entraîneur marseillais est visiblement retombé sous le charme de l'ancien Lyonnais. «Ben Arfa m'a satisfait. Ses moments sont, étaient, et seront magiques car peu de joueurs ont ses qualités de mouvement. C'est bien qu'il ait pris ses responsabilités sur le penalty, surtout pour notre public qui a montré qu'il était le meilleur de France» , a affirmé le technicien belge. Hier soir au Vélodrome, c'était donc la soirée du grand pardon. Entre l'Olympique de Marseille et son public. Mais aussi et surtout, entre Ben Arfa et l'ensemble du club phocéen.