Irrégularité chronique
A l'issue de la rencontre face aux Girondins de Bordeaux – défaite deux buts à un –, les joueurs nantais éprouvaient un sentiment mitigé. Ils ne s'alarmaient pas de ce résultat négatif. Logiquement. Ils viennent d'enchaîner une série de six matchs sans défaite – trois victoires (contre Auxerre, Ajaccio et Le Mans) et trois nuls (face à Toulouse, Guingamp et Nantes). Sans oublier une qualification pour la finale de la Coupe de la Ligue, acquise quelques jours auparavant face à Auxerre. Toutefois, à la vue du classement de la Ligue 1, les Canaris peuvent émettre des regrets. Une place de neuvième avec trente-quatre points, loin des premiers rôles, dans le ventre mou du classement.
Première explication avancée par l'entraîneur des Jaunes et Verts, Loïc Amisse : «La répétition des matches commence à se faire sentir» . Avant d'ajouter, en guise de résolution : «Il va falloir gérer le groupe» . Pour ce qui est de la Coupe de la Ligue, les joueurs de Loire-Atlantique n'ont qu'un dernier effort à faire : ils se trouvent à présent à quatre-vingt-dix minutes de satisfaire leur principal objectif de la saison, gagner le seul trophée absent des étagères du club, avec le billet européen qui l'agrémente. Evoquant les résultats en Coupe (outre leur qualification pour la finale de la Coupe de la Ligue, les Nantais ont empoché hier soir leur billet pour les quarts de finale de la Coupe de France face en s'imposant face à Brest) de ses protégés, le technicien nantais ne tarit pas d'éloges sur les prestations de son groupe : «On sent un état d'esprit que l'on avait peut-être perdu un moment donné. C'est très enrichissant» .
Mais en championnat, force est de constater que les Canaris ne parviennent pas à décoller. Certes, ils ont laissé entrevoir de très belles choses à certaines périodes de la saison – comme à Bastia (victoire trois buts à un) ou contre à Ajaccio à La Beaujoire (succès quatre buts à zéro). Mais ces moments restent trop anecdotiques. Si lors de la première partie de la saison, les observateurs ont pu croire que les Nantais allaient réaliser une nouvelle fois un excellent parcours en grande partie avec des joueurs issus de leur centre de formation – le FC Nantes s'est classé dix fois dans les six premiers lors des douze premières journées de championnat –, la fin du mois d'octobre, le mois de novembre et le début du mois de décembre mirent un terme à cette analyse flatteuse. En effet, entre la onzième et la seizième journées, les Bretons ont subi cinq défaites (face à Lyon, Montpellier, Paris, Monaco et Lille) pour une seule et unique victoire (à Bastia).
Un jeu en demi-teinte
A la veille de la rencontre face à Bordeaux et après la qualification de Nantes pour la finale de la Coupe de la Ligue grâce à sa victoire aux tirs aux buts sur Auxerre, Loïc Amisse déclarait qu'il fallait «rester mobilisé en championnat» . Quelques heures plus tard, les joueurs de l'entraîneur des Jaunes et Verts regrettaient de ne pas avoir écouté plus attentivement le conseil délivré par Amisse.
Le niveau de jeu actuel des Nantais constitue la seconde explication à la saison moyenne des Canaris. C'est bien connu, les Nantais ont été, sont et ne seront efficaces que s'ils obtiennent des résultats qui passent par le développement de leu jeu si propre, fait de passes rapides, de percussions et de pressings. Autrement dit, les Nantais ne peuvent gagner en jouant mal, en défendant et en ne comptant que sur un solide bloc défensif. Les Canaris doivent attaquer pour gagner. Or, cette saison, les joueurs de Loire-Atlantique ne possèdent que la onzième attaque (vingt-quatre buts inscrits) à égalité avec Nice, Bordeaux et Lille. La faute aux buteurs ? Oui, sans doute. Marama Vahirua (6) et Grégory Pujol (3) n'ont marqué que neuf buts à tous les deux. Depuis son arrivée, Viorel Moldovan a redonné quelques couleurs à l'attaque nantaise en inscrivant deux buts en championnat. Mais cela ne suffit pas. Le nombre insuffisants de buts marqués par les Nantais n'est pas uniquement du à la maladresse des attaquants nantais.
Il s'agit plutôt d'un problème global. Si les Canaris n'arrivent pas à trouver le chemin des filets, c'est aussi et surtout car les milieux ne parviennent pas à se placer en position pour délivrer de bonnes passes, les défenseurs ne participent pas assez au jeu offensif, l'ensemble des joueurs ne font pas l'effort pour provoquer les décalages, etc. Comme l'explique Loïc Amisse, «le principal adversaire des Nantais, c'est nous» . Voilà pourquoi l'entraîneur ne cesse, depuis le début de l'année, de demander à ses joueurs de la spontanéité et de l'engagement. Avec pour but ultime, le retour du «jeu à la nantaise» . Avant la fin de la saison ?
Le joueur : Mickaël Landreau
L'international français est en pleine forme. Il vient à lui tout seul de qualifier son club pour la finale de la Coupe de la Ligue en arrêtant trois tirs aux buts (dont deux que l'arbitre a fait retirer) face à Auxerre et en inscrivant le tir au but vainqueur. Agé de 24 ans, le jeune gardien est bel et bien le spécialiste français des tirs aux buts. Une qualité, ajoutée à d'autres capacités (vif, rapide, fort sur sa ligne), qui pourrait lui permettre en juin de faire le déplacement au Portugal en tant que troisième gardien de l'Equipe de France.
La stat : 20
Mickaël Landreau n'est pas étranger à cette statistique. Si les Nantais n'ont encaissé que vingt buts depuis le début de la saison, c'est en grande partie grâce aux exploits de leur gardien de but. Sixième défense de la Ligue 1, les Nantais s'appuient cette année sur de bonnes bases. Ils doivent à présent se concentrer sur l'attaque.
La décla : Frédéric Thiriez, Président de la Ligue de Football Professionnel
A la suite de la victoire de Nantes face à Auxerre en demi-finale de la Coupe de la Ligue : «Landreau est tout simplement un magicien» .
Les Nantais sont aujourd'hui avant-dernier… de la première partie de tableau du classement de Ligue 1. Une place qui ne satisfait pas les supporters du club. Pour terminer la saison en trombe, les Canaris doivent avant tout s'appuyer sur leurs valeurs et des automatismes afin de créer du beau jeu. Peut-être dès samedi face à Nice ?