À Turin, le temps ne s'étire jamais longtemps pour les attaquants. Quelques mois après son arrivée à la Juventus, Jonathan David (25 ans) n'a pas encore trouvé sa place, ni sur le terrain ni dans la dynamique collective.
Recruté libre après cinq saisons pleines à Lille, le Canadien devait apporter mobilité et efficacité. Il incarne aujourd'hui une interrogation sportive et économique déjà bien identifiée.
Un rendement offensif en berne
Sur le plan comptable, le bilan est maigre. Toutes compétitions confondues, le Canuck affiche 3 buts en 23 apparitions pour 969 minutes disputées. En Serie A, ce temps de jeu fluctuant n'a jamais été compensé par une montée en puissance visible. Sa production reste nettement inférieure à celle de ses concurrents directs : Dusan Vlahovic totalise 6 buts en moins de minutes, tandis que Kenan Yildiz, plus jeune et plus exposé, affiche 7 réalisations malgré un rôle plus hybride. Même Loïs Openda présente un rendement comparable dans un temps de jeu inférieur.
Au-delà des chiffres, c'est surtout l'absence de séquences fortes qui interpelle. David ne semble jamais capable de porter l'attaque ni d'imposer sa présence sur la durée d'un match. Ses buts apparaissent isolés, sans continuité ni effet d'entraînement sur le collectif, et son influence reste limitée dans les rencontres à enjeu. Pour un joueur présenté comme une valeur sûre à maturité, censé stabiliser l'attaque turinoise, le décalage entre le CV construit à Lille et la réalité observée à Turin devient difficile à ignorer, tant sur le plan sportif que dans l'expression du jeu.
Une erreur de casting ?
Dans le jeu, l'intégration demeure incomplète. David propose, se déplace, presse par séquences, mais peine à s'imposer comme point d'appui ou comme finisseur naturel. Son profil discret, déjà connu à Lille, ressort davantage dans un environnement comme celui de la Juventus, où l'attaquant est attendu comme un leader visible et assumé. Loin de s'imposer, l'ancien Dogue semble subir la concurrence et les ajustements tactiques, naviguant entre les rôles sans jamais s'installer durablement.
Cette situation nourrit une réflexion interne. Selon La Gazzetta dello Sport, la direction ne ferme plus la porte à un départ dès cet hiver en cas d'offre satisfaisante, d'autant que le joueur dispose du deuxième plus gros salaire du vestiaire. À court terme, la Vieille Dame a déjà appris à composer sans lui. À l'approche d'une Coupe du monde organisée partiellement à domicile, rester dans ce flou — sans statut clair ni dynamique personnelle — pourrait s'avérer plus coûteux qu'un aveu d'échec assumé dès janvier.
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