Mohamed Salah ne remportera probablement pas la CAN d'ici la fin de sa carrière. Comme en 2022, c'est son ex-partenaire à Liverpool, Sadio Mané, qui a décidé de lui barrer la route vers le trophée continental suprême suite à la victoire du Sénégal sur l'Égypte (1-0). Un succès logique des hommes de Pape Thiaw, qui ont nettement dominé cette première demi-finale.
Koulibaly et Diarra suspendus pour la finale
Dès l'entame, les Lions de la Teranga imposaient leur rythme et monopolisaient le ballon, installant un pressing haut qui étouffait la relance égyptienne. Très actif sur le côté gauche, Mané multipliait les appels et les centres, tandis que Ndiaye et Diarra tentaient d'apporter du liant entre les lignes. La meilleure situation sénégalaise intervenait sur une frappe de Jackson à l'entrée de la surface, légèrement trop enlevée, puis sur plusieurs tentatives lointaines mal ajustées. En face, El Shenawy se montrait vigilant sur les rares ballons cadrés, sans être véritablement mis en danger.
Souvent acculée dans sa moitié de terrain, l'Égypte peinait à exister offensivement et voyait Salah et Marmoush manquer de ballons exploitables. La rencontre devenait plus heurtée au fil des minutes, avec de nombreux duels et plusieurs avertissements lourds de conséquences. Averti avant de céder sa place sur blessure, Koulibaly écopait d'un carton jaune synonyme de suspension en cas de qualification, tout comme Diarra, sanctionné pour contestation en fin de période. Un premier acte tendu, fermé et déjà marqué par des absences potentielles pour une éventuelle finale.
Mané libère le Sénégal
Comme en première période, les Lions de la Teranga confisquaient le ballon après la pause et installaient durablement le jeu dans la moitié de terrain égyptienne. La pression sénégalaise s'intensifiait au fil des minutes, avec une succession de corners et de centres venus des côtés, sans toutefois trouver la faille face à un bloc des Pharaons toujours aussi regroupé. Malgré une possession écrasante et plusieurs tentatives lointaines, le Sénégal se heurtait longtemps à son manque de justesse dans les trente derniers mètres, tandis qu'El Shenawy veillait sur les rares frappes cadrées.
Incapable de proposer la moindre menace offensive, l'Égypte subissait sans jamais réellement sortir de sa moitié de terrain. À force d'insister, le Sénégal finissait par être récompensé. Suite à une frappe contrée de Camara aux abords de la surface, Mané se montrait le plus prompt et ajustait El Shenawy d'une reprise du droit à ras de terre pour débloquer une rencontre jusque-là verrouillée (1-0, 78e). Contraints de se découvrir dans le dernier quart d'heure, les Pharaons tentaient timidement de réagir, mais ne parvenaient jamais à cadrer la moindre frappe, laissant les Lions de la Teranga gérer leur avantage jusqu'au coup de sifflet final.
La note du match : 4/10
Une demi-finale verrouillée à l'extrême, pauvre en rythme et en créativité, où l'enjeu a très largement pris le pas sur le jeu. Le Sénégal a contrôlé la rencontre de bout en bout, sans toujours trouver la justesse nécessaire pour concrétiser sa domination, tandis que l'Égypte a livré une prestation offensivement indigente en cadrant un seul tir à la 94e minute. Longtemps frustrante, la rencontre s'est finalement débloquée sur un éclair individuel, seul véritable moment de football dans un ensemble très pauvre. Une qualification logique, mais un spectacle très limité pour ce niveau de la compétition.
Le but :
- Sur une séquence installée aux abords de la surface égyptienne, Camara arme une frappe du pied droit qui est contrée par un défenseur et revient plein axe. À l'affût à l'entrée de la surface, Mané contrôle rapidement et déclenche une reprise du droit à ras de terre. Le ballon file au pied du poteau gauche et surprend El Shenawy, masqué et trop court pour intervenir. Une action confuse, mais une conclusion clinique pour faire sauter le verrou égyptien (1-0, 78e).
Les NOTES des joueurs
Maxifoot a attribué une note (sur 10) commentée à chaque joueur.
L'homme du match : Sadio Mané (7,5/10)
Peu en vue dans la finition pendant une grande partie de la rencontre, l'attaquant d'Al Nassr a néanmoins pesé en continu sur le bloc égyptien par ses appels, ses décrochages et sa capacité à fixer la défense. Très actif sur le côté gauche, souvent à l'origine des rares déséquilibres sénégalais, Mané a surtout répondu présent au moment clé. Opportuniste et lucide, l'ex-feu follet de Liverpool a sanctionné la seule vraie faille du match pour envoyer le Sénégal en finale, confirmant son statut de joueur décisif dans les grands rendez-vous.
SÉNÉGAL :
Édouard Mendy (6,5) : peu sollicité durant l'essentiel de la rencontre, le gardien d'A Ahli a longtemps vécu une soirée tranquille derrière un bloc très solide. Vigilant dans ses sorties aériennes et propre dans ses relances simples, il a surtout répondu présent au moment clé. Sa parade sur la frappe cadrée de Marmoush dans le temps additionnel a scellé la qualification et confirmé son sang-froid dans les rendez-vous à enjeu.
Krépin Diatta (6,5) : positionné dans le couloir droit, le joueur de l'AS Monaco a livré un match très sérieux, alternant projection et rigueur défensive. Juste dans l'utilisation du ballon, précieux dans le pressing et attentif dans le replacement, le Sénégalais a souvent fermé l'accès à son côté face aux rares tentatives égyptiennes. Un volume constant et une fiabilité précieuse dans un match verrouillé.
Kalidou Koulibaly (non noté) : le défenseur central d'Al Hilal a tenu son rang durant vingt minutes intenses, imposant son autorité dans les duels et sa lecture des trajectoires. Averti pour une faute tactique qui le privera de finale, le capitaine sénégalais a ensuite dû céder sa place sur blessure. Il ratera sa deuxième finale de CAN après celle de 2019 perdue contre l'Algérie. Remplacé à la 23e minute par Mamadou Sarr (7), qui a fait preuve de solidité malgré le contexte et qui s'est même distingué avec des relances osées.
Moussa Niakhaté (7) : patron discret mais essentiel, le défenseur central de l'Olympique lyonnais a parfaitement assumé la responsabilité de la charnière après la sortie de Koulibaly. Toujours bien placé, propre dans les relances et dominateur dans les duels, le Rhodanien a notamment neutralisé Salah sur les rares ballons exploitables. Une prestation pleine de maturité et de maîtrise.
El Hadji Malick Diouf (7) : très solide défensivement et constant dans l'effort, le latéral gauche de West Ham a livré l'un de ses meilleurs matchs du tournoi. Impeccable dans le un-contre-un, agressif sur le porteur et lucide dans ses montées, le Hammer a muselé Salah pendant plus de 90 minutes. Une performance de très haut niveau dans un contexte à très forte pression.
Pape Gueye (6,5) : au coeur du jeu, le milieu de Villarreal a dicté le tempo avec sobriété et intelligence. Précieux dans la récupération, propre dans l'orientation du jeu et discipliné tactiquement, l'ancien marseillais a permis au Sénégal de confisquer le ballon sur de longues séquences. Remplacé à la 90e+1 minute par Pathé Ciss (non noté).
Idrissa Gueye (6,5) : l'infatigable milieu d'Everton a encore répondu présent dans les grands rendez-vous. Impactant dans les duels, vigilant dans les couvertures et précieux à la récupération, le joueur passé par le Paris Saint-Germain a sécurisé l'entrejeu et coupé les transitions adverses. Son expérience et son sens du placement ont pesé lourd dans un match sans rythme mais très exigeant mentalement.
Habib Diarra (5,5) : le milieu de Sunderland a connu une première période contrastée. Actif dans le pressing et disponible entre les lignes, l'ancien joueur de Strasbourg a tenté d'apporter du liant mais s'est parfois heurté à la densité égyptienne. Averti pour contestation, synonyme de suspension en cas de finale, il a logiquement cédé sa place à la pause. Remplacé à la 46e minute par Lamine Camara (6), qui a apporté un peu plus de créativité dans l'entrejeu en étant à l'origine du but marqué par Mané.
Iliman Ndiaye (4,5) : aligné sur le côté droit, le joueur d'Everton a beaucoup proposé sans toujours être récompensé. Intéressant dans les déplacements, volontaire dans les appels et actif dans le pressing, l'ancien Marseillais a manqué de justesse dans le dernier geste. Remplacé à la 85e minute par Ismaïla Sarr (non noté).
Nicolas Jackson (6) : en pointe, l'attaquant du Bayern Munich a pesé par son jeu dos au but et sa capacité à fixer la défense. Auteur de la meilleure occasion sénégalaise en première période, le buteur a parfois manqué de précision dans la zone de vérité. Un match utile dans le travail collectif, malgré un manque d'efficacité offensive. Remplacé à la 85e minute par Chérif Ndiaye (non noté).
Sadio Mané (7,5) : lire commentaire ci-dessus.
ÉGYPTE :
Mohamed El Shenawy (6) : longtemps protégé par un bloc très bas, le gardien d'Al Ahly n'a pas eu à multiplier les exploits mais a tenu son rang dans un contexte défensif extrême. Attentif sur les frappes lointaines et propre dans ses sorties, le portier égyptien ne peut rien sur la reprise sèche de Mané à ras de terre. Un match sérieux sans être décisif.
Mohamed Hany (5) : aligné sur le flanc droit, le joueur d'Al Ahly a surtout passé sa soirée à défendre bas. Souvent sous pression face aux montées de Diouf et Mané, le latéral a manqué d'impact offensif et n'a jamais réellement apporté le moindre danger dans son couloir.
Yasser Ibrahim (6) : solide dans l'axe, le défenseur d'Al Ahly a multiplié les interventions propres et les dégagements sous pression. Bien placé et rarement pris de vitesse, il a longtemps contenu les centres sénégalais avant de céder collectivement dans le dernier quart d'heure.
Hossam Abdelmaguid (5) : rapidement averti, le défenseur de Zamalek a évolué sur un fil durant toute la rencontre. Souvent en difficulté face aux appels de Jackson et Ndiaye, le Pharaon a limité la casse par son engagement mais sans dégager une réelle sérénité. Il sera suspendu pour la petite finale. Remplacé à la 90e+3 minute par Salah Mohsen (non noté).
Rami Rabia (5) : utilisé dans une défense constamment acculée, le joueur d'Al Aïn a résisté tant bien que mal face aux vagues sénégalaises. Correct dans le jeu aérien mais en difficulté dans la lecture des seconds ballons, il a fini par céder sa place dans une tentative tardive de rééquilibrage offensif. Remplacé à la 81e minute par Zizo (non noté).
Ahmed Fatouh (5) : peu en vue offensivement, le latéral gauche de Zamalek s'est surtout contenté de défendre dans son couloir face aux projections adverses. Trop discret dans l'animation et rarement trouvé, l'Égyptien n'a jamais réussi à apporter le moindre soutien aux attaquants. Remplacé à la pause par Mahmoud Trezeguet (non noté).
Marwan Ateya (5,5) : positionné devant la défense, le milieu d'Al Ahly a tenté d'apporter de la densité dans l'axe. Actif à la récupération mais souvent dépassé par le rythme sénégalais, il a souffert dans la conservation du ballon et n'a pas réussi à casser le pressing adverse.
Hamdi Fathi (5) : le milieu d'Al Wakrah a beaucoup couru pour compenser le manque de possession de son équipe. Précieux par séquences dans le repli défensif, le régulateur du jeu a toutefois manqué de justesse technique et d'influence dans la construction. Remplacé à la 90e+4 minute par Mohsen Shalaby (non noté).
Emam Ashour (4) : censé être le lien entre le milieu et l'attaque, le joueur d'Al Ahly a traversé la rencontre sans jamais peser. Peu trouvé entre les lignes et rapidement étouffé par le pressing sénégalais, le meneur de jeu n'a pas su donner du rythme ni créer le moindre déséquilibre. Remplacé à la 83e minute par Mostafa Mohamed (non noté).
Mohamed Salah (4) : très isolé sur son aile droite, l'attaquant de Liverpool a vécu une demi-finale frustrante. Rarement servi dans de bonnes conditions, souvent contraint de jouer dos au but, le capitaine des Pharaons n'a jamais réussi à se mettre en situation de frappe. Une prestation marquée par l'impuissance collective et l'absence totale de munitions. Il a probablement laissé passer sa dernière chance de remporter la CAN.
Omar Marmoush (4) : l'attaquant de Manchester City a longtemps erré sans ballon dans le camp sénégalais. Transparent durant 90 minutes, le buteur égyptien a toutefois sauvé l'honneur statistique en déclenchant l'unique tir cadré de l'Égypte dans le temps additionnel, sans surprendre Mendy. Trop peu pour peser dans une demi-finale.
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La CAN ne sourit toujours pas à Salah