Le Real Madrid a pris une option sur la qualification, mais l'essentiel s'est joué ailleurs. Après l'ouverture du score de Vinicius Junior à la 50e minute, la rencontre a été brièvement interrompue par l'arbitre François Letexier. Selon Canal+, le terme «mono» aurait été prononcé par Gianluca Prestianni à l'encontre de l'ailier brésilien. Le Merengue est allé s'asseoir sur le banc, le protocole anti-racisme a été activé, puis le jeu a repris dans un climat extrêmement tendu.
Le Real serre les rangs
Sur le terrain puis au micro des diffuseurs, les Madrilènes ont affiché un front uni derrière leur partenaire offensif, sans la moindre hésitation. Federico Valverde a évoqué «quelque chose de très moche» entendu par plusieurs coéquipiers proches de l'action, regrettant qu' «avec autant de caméras, on ne puisse pas l'enregistrer» . Aurélien Tchouaméni a confirmé que le mot «singe» avait été rapporté dans les divers échanges, précisant que le joueur de Benfica avait ensuite affirmé avoir dit autre chose. «Ça ne peut pas arriver» , a insisté le milieu français.
Kylian Mbappé s'est montré le plus offensif. Selon des images diffusées par Movistar, l'attaquant a lancé à plusieurs reprises à Prestianni : «Tu es un putain de raciste.» En zone mixte, le Français a dénoncé «un cas grave» , estimant que «nous devons montrer l'exemple» et qu' «on ne peut pas accepter qu'un joueur comme lui joue la Ligue des Champions» . Sur les réseaux sociaux, Vinicius a fustigé «des lâches» qui se cachent derrière leur maillot, tandis que la Confédération brésilienne de football lui a apporté son soutien en rappelant que «le racisme est un crime» .
La riposte de Benfica
Accusé, Prestianni a rapidement livré sa version. Dans une story Instagram, l'Argentin a assuré n'avoir «à aucun moment proféré d'insultes racistes» , évoquant un «malentendu» et affirmant que ses propos avaient été «mal interprétés» . Selon lui, le mot employé n'aurait pas été «singe» , mais «pédé» , ce qui ouvrirait un autre débat sans pour autant éteindre la polémique. Le règlement de l'UEFA prévoit de lourdes sanctions en cas de comportement raciste avéré, mais pour l'heure, l'intéressé nie catégoriquement et s'en remet désormais à l'analyse des instances disciplinaires.
De son côté, Benfica a soutenu son joueur en publiant une vidéo sur X, estimant que, compte tenu de la distance et du bruit ambiant à l'Estadio da Luz, les joueurs de la Maison Blanche n'auraient pas pu entendre distinctement les mots prononcés par le jeune attaquant. En conférence de presse, José Mourinho a refusé de trancher publiquement : «Vinicius dit une chose et Prestianni en dit une autre» , tout en défendant l'identité du club lisboète, dont le plus grand joueur, Eusébio, «est Noir» . L'affaire dépasse désormais le cadre du match et place l'UEFA face à ses responsabilités.
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