Le choc est immédiat depuis l'annonce de la commission d'appel. Quelques semaines après avoir soulevé le trophée, le Sénégal s'est vu déposséder de sa victoire lors de la CAN 2025 au profit du Maroc.
Pour beaucoup, ce scénario est une première qui dépasse largement le cadre sportif. Dans les couloirs du football africain, on ne parle plus de tactique mais d'influence politique, notamment celle de Fouzi Lekjaa, dont le poids sur les décisions de la CAF est aujourd'hui ouvertement questionné.
Un malaise chez les anciens
L'indignation gagne les plus grands noms du football continental. Roger Milla n'a pas caché son agacement en apprenant la nouvelle. «C'est une honte, du n'importe quoi. On n'a jamais vu ça. Que fait-on avec les médailles ?» , a lâché la légende camerounaise, résumant un sentiment d'incompréhension généralisée. De son côté, Samuel Eto'o s'inquiète de voir la confiance des supporters s'effriter durablement si les résultats ne se décident plus sur la pelouse mais dans des bureaux.
Cette situation place Patrice Motsepe dans une position particulièrement délicate. S'il affirme que ses commissions sont indépendantes, le contraste entre le score du terrain et le verdict administratif est trop marqué pour passer inaperçu. Pour une grande partie du continent, l'image de la compétition est atteinte, transformant la fête du sport en un dossier juridique lourd de conséquences, où les pressions semblent avoir pris le dessus.
L'intervention de Weah
Dans ce contexte, George Weah a décidé de prendre publiquement position pour défendre le règlement. L'ancien président du Libéria rappelle une règle de base de la FIFA : l'arbitre est le seul maître à bord. «L'arbitre sur le terrain est l'autorité finale pour les décisions prises pendant le match» , a insisté l'ex-buteur. Pour lui, dès lors que la finale est allée au bout de la prolongation, le score final doit être maintenu. Il demande donc au TAS d'agir pour que cette décision ne fasse pas école.
Le Ballon d'Or 1995 a également démenti les rumeurs qui le disaient favorable à la décision de la CAF. Pour lui, valider un tel changement de vainqueur après coup serait un aveu de faiblesse majeur. «Les décisions de l'arbitre sur les faits liés au jeu sont définitives» , a-t-il rappelé en s'appuyant sur les textes officiels. La suite se jouera désormais à Lausanne, où les juges devront dire si un tapis vert peut légalement effacer une finale disputée jusqu'à son terme.
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