le 03/05/2026 à 18h30

Thoune : promu... et champion !

Mauro Lustrinelli, architecte de l'exploit du FC Thoune.
Promu en Super League, le FC Thoune a créé la plus grande sensation de l'histoire du football suisse en décrochant le titre de champion. Un an seulement après avoir quitté l'antichambre de l'élite, le petit club bernois a renversé la hiérarchie nationale pour s'offrir un premier sacre en 127 ans d'existence.

Le miracle est officiel. En profitant de la déroute de Saint-Gall contre Sion (0-3), ce dimanche, le FC Thoune a gravé son nom au palmarès de la Super League. Ce succès historique vient briser deux décennies d'hégémonie du trio Bâle-Young Boys-Zurich et valide la trajectoire irréelle d'un club qui flirtait encore avec la faillite en 2020.

La victoire du collectif sur le chéquier

La réussite de ce petit club est d'abord celle d'un binôme que rien n'a pu ébranler. D'un côté, le président Andres Gerber, resté seul aux commandes dans les larmes de la relégation pour sauver l'institution. De l'autre, Mauro Lustrinelli, qui a délaissé les espoirs suisses pour construire une identité de jeu verticale et exigeante. Plutôt que de s'offrir des stages clinquants au soleil, l'équipe a passé ses nuits en dortoir sur le Brünig pour forger un état d'esprit commando, rappelle Bluewin. Ce 4-4-2 discipliné, souvent jugé archaïque par les théoriciens, a fini par étouffer les cadors nationaux à force d'intensité et de solidarité.

Ce titre est aussi une leçon de gestion pour une Europe du foot à bout de souffle. Depuis la fin des années 1940, le club n'a cumulé que 4,5 M€ de dépenses en transferts pour plus de 18 M€ de recettes, prouvant que la cohésion de vestiaire vaut toutes les stars du marché. L'intégration de joueurs en quête de relance illustre cette science du recrutement malin où chaque franc doit être rentabilisé. Résultat, une valeur d'effectif passée de 8 à 20 M€ en dix mois et une place assurée en Ligue des Champions pour la première fois de son histoire.

Une anomalie devenue référence

Si l'exploit rappelle les épopées de Kaiserslautern (1998), Boavista (2001), Montpellier (2012) ou de Leicester (2016), l'histoire de Thoune reste unique par sa brutalité chronologique. Passer du purgatoire de la Challenge League au sommet national en moins d'un an relève de l'irréel. Le club a su profiter d'une saison de transition chez les géants habituels, mais il a surtout imposé son propre rythme, refusant de trembler même quand le titre lui tendait les bras. Malgré quelques revers fin avril, la marge de sécurité construite durant l'hiver a protégé un groupe qui n'avait jamais connu une telle pression.

Désormais, le plus grand défi d'Andres Gerber sera de ne pas laisser ce titre brûler les ailes du club. Entre le prêt relais de 4 millions de francs contracté en mars et les sollicitations prévisibles pour ses cadres, l'été s'annonce aussi brûlant que la fête à la Stockhorn Arena. Mais à Thoune, on a appris à ne jamais sacrifier l'équilibre financier pour des rêves de grandeur. Le club retourne en Europe avec son identité intacte et une certitude, la rigueur vient de renverser les hiérarchies établies du football suisse. Rendez-vous en juillet pour voir si le «petit Thoune» peut encore une fois faire bégayer l'histoire sur la scène continentale.

Que pensez-vous du sacre du FC Thoune en Suisse ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» …

Par Youcef Touaitia, le 03/05/2026 à 18h30
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