le 20/05/2026 à 11h50

Paris FC : l'ambition sans la démesure

Antoine Arnault rêve de Jürgen Klopp, mais...
Auteur d'un maintien serein pour son grand retour dans l'élite, le Paris FC s'apprête à aborder son deuxième marché estival en Ligue 1. Si les investissements de la famille Arnault et l'arrivée déjà actée du jeune Patrick Zabi pour 25 M€ attisent déjà la curiosité, le club de la capitale refuse de céder à la folie des grandeurs.

L'exercice 2025-2026 s'est terminé en beauté avec une victoire de prestige dans le derby face au Paris Saint-Germain (2-1), synonyme d'une 11e place encourageante. Pourtant, pas question pour l'actionnaire majoritaire Antoine Arnault de basculer dans l'euphorie ou de reproduire le modèle des débuts de l'ère QSI.

Invité au micro de RMC dans l'After Foot, le dirigeant a calmé les attentes : «Il faut se rendre à l'évidence, on est un projet naissant. On est certes un actionnaire important et visible, mais on n'est pas la fille la plus sexy de la piste de danse.»

L'objectif du TOP 10 avant l'Europe

Pour ce mercato d'été, le directeur sportif Marco Neppe disposera d'une enveloppe estimée entre 35 et 50 M€ pour les recrutements, un montant inférieur aux 72 M€ investis l'an dernier. Cette baisse s'explique notamment par l'intégration du transfert record de Patrick Zabi (19 ans), recruté à l'avance de Reims pour 25 M€. Avec une marge de manoeuvre plus réduite, Paris devrait surtout cibler deux ou trois renforts précis, notamment un avant-centre capable d'épauler Ciro Immobile. La piste menant à Wilson Isidor (Sunderland) reste d'ailleurs active.

Cette prudence répond aussi à certaines limites structurelles que le dirigeant francilien ne cherche pas à masquer. «Si vous allez à Orly, vous verrez un centre d'entraînement qui n'est pas encore au niveau de la Ligue 1» , a reconnu Arnault. Si l'homme d'affaires s'autorise à rêver à long terme, avec l'idée de convaincre un jour Jürgen Klopp en cas de qualification en Ligue des Champions, le court terme impose surtout de consolider les bases du projet. L'objectif affiché pour la saison prochaine reste clair : «Le plan, en tout cas, c'est de progresser chaque année et donc, l'année prochaine, c'est être TOP 10.»

La prudence face aux risques financiers

Si certains supporters réclament déjà un recrutement plus spectaculaire, le Paris FC sait qu'il sera observé de près par les instances du football français. Dans un contexte toujours fragile autour des droits TV, la DNCG impose une vigilance importante sur les budgets, tandis que la rétrogradation conservatoire de l'Olympique Lyonnais sert d'avertissement à l'ensemble du football français. Dépenser massivement dès maintenant exposerait immédiatement le PFC à des contraintes sur sa masse salariale ou sur son recrutement.

Arnault l'assume pleinement et refuse de céder à la pression populaire : «Les gens veulent qu'on aille vite, plus vite que la musique. Le problème si on fait ça, c'est qu'on va rater une marche. Et quand on rate une marche, on tombe.» Avec les règles du fair-play financier de l'UEFA, qui limitent désormais les coûts d'effectif à 70% des revenus, le PFC doit d'abord renforcer progressivement ses ressources et sa stabilité. Le mot d'ordre reste donc la continuité, avec l'espoir de prolonger Antoine Kombouaré sur le banc, tout en tempérant les attentes autour du projet parisien : «Vous n'aurez probablement pas de grandes affiches de Coupe d'Europe du Paris FC à Jean-Bouin dans un an et demi.»

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Par Youcef Touaitia, le 20/05/2026 à 11h50
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