Si le Ballon d'Or n'était qu'une histoire de rendement statistique individuel, il n'y aurait même pas besoin de procéder à un vote, ni même d'organiser une cérémonie, puisque la récompense reviendrait automatiquement dans les mains d'Harry Kane.
Mais les triomphes collectifs ont aussi toute leur importance. Si l'avant-centre du Bayern Munich peut compter sur la razzia réalisée par son équipe en Allemagne, il dépendra encore du parcours de l'Angleterre à la Coupe du monde.
61 buts en 51 matchs !
Autre point charnière : toucher la sensibilité footballistique des électeurs. Dans ce domaine, Kane souffre encore d'un sacré manque de reconnaissance face à des profils plus spectaculaires, alors que l'Anglais excelle de partout. Finisseur insolent, créateur d'exception, récupérateur redoutable, il multiplie les courses défensives et les tacles sans les compter, quitte à dépenser de l'énergie, et donner l'impression qu'il arrivera en retard, ou moins lucide dans la surface… Pensez-vous ! Il n'est ni plus ni moins que le joueur idéal pour un collectif, et son influence ne se résume pas à une simple accumulation de chiffres.
Car ses statistiques, justement, donnent le vertige. Avec son triplé inscrit samedi contre Stuttgart (3-0) en finale de la Coupe d'Allemagne, Kane a bouclé l'exercice avec 61 buts en 51 rencontres toutes compétitions confondues avec son club, du jamais-vu pour un joueur évoluant dans un grand championnat européen depuis Cristiano Ronaldo en 2014-2015. Le Portugais en avait marqué 61 également. Le dernier à avoir fait mieux, c'est Lionel Messi, avec 73 réalisations en 2011-2012. Mais aucun d'eux n'a atteint son ratio exceptionnel : un but toutes les 66 minutes en moyenne, témoin d'une régularité incontestable.
L'un des meilleurs matchs de sa carrière
Même quand le Bayern a été un peu moins bien, quand Michael Olise et Luis Diaz ont été moins flamboyants, Kane, lui, n'est jamais descendu du sommet qu'il a côtoyé toute la saison. À l'image de ce dernier rendez-vous de l'exercice à Berlin, qu'il a magnifié à lui seul, avec un but de la tête sur un centre du Français, un enchaînement de classe mondiale après avoir fracassé la barre, et un penalty pour compléter son cinquième triplé de la saison.
«C'était certainement l'une des meilleures soirées de ma carrière. J'étais incroyablement excité pour cette finale. J'en avais tellement entendu parler par de nombreux joueurs qui avaient déjà vécu cette finale avec le club. Et puis marquer un triplé en finale, c'est vraiment un match très spécial et une sensation très spéciale. Je suis extrêmement fier de ça. J'ai adoré cette saison au Bayern», a savouré l'ancien joueur de Tottenham après la rencontre.
Longtemps moqué pour son incapacité à garnir son palmarès, Kane a cette fois coché presque toutes les cases. Champion d'Allemagne, vainqueur de la Coupe et la Supercoupe sur le plan national, auteur d'une saison historique sur le plan individuel, il a effacé tous ses concurrents au même poste (Kylian Mbappé a inscrit 19 buts de moins, Erling Haaland accuse un retard de 23 réalisations). Une saison de prince, qu'une couronne mondiale, cet été, pourrait glorifier à sa juste valeur.
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