le 27/05/2026 à 16h00

Gérone : le crash total

La détresse de Joel Roca après la relégation de Gérone.
Dix-huit mois après avoir découvert la Ligue des Champions, Gérone évoluera en deuxième division espagnole la saison prochaine. Le nul concédé face à Elche (1-1) a définitivement scellé la chute d'un club qui incarnait pourtant l'une des plus belles histoires du football européen récent.

Samedi soir, le verdict est tombé dans une atmosphère pesante à Montilivi. Avec 41 points, un total qui aurait permis de se maintenir la saison passée, Gérone termine finalement à la 19e place et accompagne Majorque ainsi qu'Oviedo en Liga 2. Le contraste reste saisissant pour une équipe qui affrontait encore Arsenal et le Paris Saint-Germain en Ligue des Champions il y a quelques mois.

Cette relégation rappelle aussi une tendance assez rare ailleurs en Europe mais déjà aperçue en Espagne. Avant le club catalan, le Celta en 2004 puis Villarreal en 2012 avaient eux aussi sombré en championnat après avoir disputé la plus prestigieuse des compétitions européennes. Un scénario quasiment inédit dans les autres grands championnats du continent.

Des ventes majeures et des blessures fatales

Pour comprendre une telle chute, il faut d'abord regarder l'évolution de l'effectif depuis la qualification historique obtenue en 2024. Après sa troisième place en Liga, Gérone a perdu plusieurs éléments essentiels avec les départs d'Artem Dovbyk vers l'AS Roma et d'Aleix García au Bayer Leverkusen. L'été suivant, d'autres cadres importants ont également quitté le navire, comme Miguel Gutiérrez, Yangel Herrera ou encore Ladislav Krejci. En deux ans, Michel a dû reconstruire une grande partie de son équipe sans véritable continuité.

Dans le même temps, les blessures ont lourdement fragilisé le groupe tout au long de la saison. Arrivé pour renforcer un poste de gardien devenu instable, Marc-André ter Stegen s'est rapidement blessé, privant Gérone d'un repère important. Le coup le plus dur est toutefois intervenu au printemps avec la grave blessure de Vladyslav Vanat, principal atout offensif de l'équipe en Liga. Sans son meilleur buteur pour le sprint final, et avec plusieurs cadres diminués physiquement, l'écurie espagnole a perdu beaucoup de certitudes dans les moments décisifs.

Le piège du beau jeu et l'inévitable saignée

La philosophie de jeu de Michel a également montré certaines limites dans ce contexte plus hostile. Toujours capable de produire du jeu face aux grandes équipes, Gérone a souvent souffert contre des adversaires regroupés et engagés dans la lutte pour le maintien. Le manque d'efficacité dans les deux surfaces et une forme de nervosité récurrente ont régulièrement coûté des points précieux au fil de la saison. Le match contre Elche a parfaitement résumé ces difficultés avec une domination longtemps stérile et trop peu de justesse dans les derniers mètres.

Désormais, le club doit préparer une reconstruction qui s'annonce particulièrement délicate. Selon AS et Marca, plusieurs départs importants sont déjà envisagés afin d'équilibrer les finances. Azzedine Ounahi pourrait être vendu rapidement, tandis que Viktor Tsygankov, Arnau Martinez ou encore Vladyslav Vanat disposent de nombreux prétendants. Dans le même temps, plusieurs joueurs prêtés vont retourner dans leurs clubs respectifs, laissant Gérone face à un immense chantier avant son retour en deuxième division.

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Par Youcef Touaitia, le 27/05/2026 à 16h00
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