Cela aurait été un peu malhonnête de comparer l'équipe d'Arsenal à une bande d'imposteurs, malgré la pauvreté de la prestation proposée, tant sa campagne européenne, remarquable en termes de résultats, a confirmé son statut parmi les plus solides d'Europe.
Pourtant, après le but de Kai Havertz dès la 6e minute, les Gunners ont disparu du paysage offensif, laissant progressivement le Paris Saint-Germain prendre le contrôle absolu d'une finale de Ligue des Champions perdue au bout du suspense (1-1, 3-4 t.a.b.).
Arsenal inexistant et surclassé
Un dénouement cruel pour la formation anglaise ? Dans l'absolu, pourquoi pas. Arsenal n'a perdu aucun match de C1 cette saison, l'équipe londonienne a même été menée au score seulement 43 minutes (sur près de 1 500 au total) sur l'ensemble de sa campagne européenne. C'est évidemment le total le plus faible de la saison parmi les 36 équipes en lice au départ. Et pourtant, les Gunners ont échoué sur la dernière marche. L'équipe de Mikel Arteta aura appris à ses dépens que la solidité ne fait pas tout. Que savoir ne pas perdre ne suffit pas.
Vouloir gagner, c'est mieux. Après le but rapide d'Havertz, Arsenal n'a tiré que trois fois au but jusqu'à la fin du temps réglementaire. 0,23 expected goal créé en 84 minutes (hors temps additionnel), à peine une demi-occasion franche, sur une frappe de l'Allemand contrée par Marquinhos. Il n'y a rien eu non plus pendant la première période de la prolongation, puis seulement trois tirs à l'approche de la 120e minute, sans dépasser les 0,08 xG. «Le PSG était la seule équipe à vouloir jouer», a d'ailleurs noté le milieu parisien João Neves sur M6.
Des tirs au but fatals
Arsenal a garé son bus dès la 6e minute. Un seul titulaire (Havertz) a évolué au-delà du rond central en position moyenne sur le terrain, contre quatre Parisiens dans le camp adverse. Les Gunners n'ont eu que 24,7% de possession, soit le plus faible total à ce stade de la compétition depuis qu'Opta collecte la donnée. Ils n'ont échangé que 196 passes entre eux, pendant que les Parisiens ont réussi 809 transmissions.
Ils ont fini par s'incliner logiquement sur des tirs au but non cadrés d'Eberechi Eze et Gabriel. L'Anglais restait sur un échec, lors du Community Shield remporté par Crystal Palace contre Liverpool (2-2, 3-2 t.a.b.) en début de saison, il a conservé sa course d'élan étrange, avant de perdre ses moyens au moment de tirer, en voyant que Matvey Safonov n'avait toujours pas plongé. Le Brésilien, lui, n'avait jamais tenté le moindre penalty en carrière.
C'est aussi ce qui fait la force de PSG : tout maîtriser, jusque dans les moindres détails. Les séances de tirs au but lui ont permis, plus ou moins directement, de remporter six trophées depuis fin 2024. Chacune des quatre finales que Paris a joué cette saison s'est d'ailleurs décidée de la sorte ; c'est dire l'importance de la maîtrise de cet exercice, qui a permis aux Parisiens de se forger un palmarès colossal.
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