L'un entraîne, l'autre construit. L'un pense le jeu, l'autre façonne l'environnement sportif. Et plus les mois passent, plus le tandem paraît indissociable dans la naissance du PSG le plus cohérent, le plus stable et peut-être le plus fort de l'ère QSI.
Campos, enfin dans le projet parfait ?
Longtemps perçu comme un génie du recrutement ou du «trading» intelligent après une modeste carrière de coach dans son pays, Luis Campos a clairement changé de dimension à Paris. À Monaco puis à Lille, le Portugais avait déjà prouvé sa capacité à bâtir des équipes compétitives. Mais dans la capitale, l'as du scouting dispose désormais d'un terrain de jeu à la hauteur de ses idées. Le plus frappant n'est d'ailleurs pas le mercato lui-même. Entre les deux sacres européens, Paris n'a quasiment pas bouleversé son effectif. Pas de révolution à 300 M€, pas de pluie de stars. Juste des ajustements ciblés et des profils pensés sur le long terme.
La gestion des gardiens résume à elle seule cette nouvelle approche par étapes, avec ses paris et ses corrections. En 2024, l'arrivée de Matvey Safonov pour près de 20 M€ dans un relatif anonymat laissait sceptique. Un an plus tard, le club a tenté le gros coup Lucas Chevalier pour succéder à Gianluigi Donnarumma. Mais le costume s'est révélé trop grand et le portier français n'a pas convaincu. C'est là que la logique de Campos a payé : relancé dans le onze, Safonov a haussé son niveau au point de briller et de s'imposer. Une erreur de casting vite réparée grâce à une doublure qui s'est révélée être la vraie bonne pioche.
Le PSG a absorbé ceux qui lui ont fait mal
Le plus fascinant ? Luis Enrique reste l'homme de la remontada de 2017, ce traumatisme qui a profondément changé l'histoire du PSG avec son craquage à plus de 400 M€ pour s'offrir Neymar et Kylian Mbappé quelques mois plus tard. Campos, lui, était derrière les deux équipes ayant privé Paris du titre en Ligue 1 sur la décennie écoulée : Monaco en 2017 et Lille en 2021. Et plutôt que de combattre ces profils, le double champion d'Europe les a finalement intégrés à son propre projet pour finir par trôner sans partage sur le Vieux Continent.
Aujourd'hui, cette complémentarité saute aux yeux. Luis Enrique définit les exigences footballistiques, Campos construit l'effectif capable d'y répondre, tandis que Nasser Al Khelaïfi paraît désormais beaucoup plus en retrait sur le plan sportif. Le président reste la vitrine institutionnelle du club, mais le terrain appartient enfin aux spécialistes. Le récent message publié par Campos sur X – «Demain au travail... ensemble. Comme une équipe» – résume parfaitement la nouvelle identité d'un PSG qui ressemble enfin, et plus que jamais, à un véritable projet collectif.
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