Des dizaines et des dizaines de joueurs auraient eu leur place dans notre petite sélection. Nous avons modestement porté notre attention sur un contingent représentant à peine plus de 1% des profils représentés à la Coupe du monde 2026. Découvrez notre première sélection de joueurs à suivre pendant le Mondial.
YAN DIOMANDE (Côte d'Ivoire, 19 ans - 10 sélections, 3 buts)
Yan Diomandé a l'un des parcours les plus romanesques de cette liste. Né à Abidjan, passé par les États-Unis (lycée et académie en Floride) suite au déménagement de sa famille, l'ailier ivoirien est arrivé seulement en 2025 dans le radar européen, après un drame personnel : le décès de sa petite soeur. Il voulait la rendre fière, selon ses propos, et il lui dédie désormais ses buts. Propulsé en quelques mois vers RB Leipzig, après un passage express à Leganés, Diomandé a immédiatement impressionné de par ses qualités de déstabilisation.
Pour les latéraux adverses, c'est un cauchemar de l'affronter. Rapide, excellent dribbleur (3,6 dribbles réussis par match, soit la meilleure moyenne du championnat allemand, et de loin, devant les 2,2 d'Antonio Nusa et Michael Olise), extrêmement percutant et décisif (12 buts et 8 assists), il s'est révélé comme l'un des meilleurs joueurs de Bundesliga. Son passage en Espagne n'avait duré que 10 matchs, celui à Leipzig pourrait aussi s'arrêter rapidement au vu du nombre de courtisans. À la Coupe du monde, nul doute que l'ailier de 19 ans sera l'atout offensif numéro un des Éléphants.
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ESMIR BAJRAKTAREVIC (Bosnie-Herzégovine, 21 ans - 16 sélections, 1 but)
Esmir Bajraktarevic est l'archétype du joueur de diaspora devenu symbole national. Né dans le Wisconsin aux États-Unis, de parents qui ont fui le génocide de Sberenica - qui a coûté la vie à plusieurs membres de sa famille -, l'ailier de 21 ans est passé par la filière américaine. Il a d'abord porté les couleurs des sélections US avant de choisir la Bosnie. Ce genre de décision dépasse le sport : pour beaucoup de familles bosniennes expatriées après le génocide des Musulmans à la fin du XXe siècle, le maillot national reste un lien identitaire fort.
Gaucher, rapide, imprévisible, il aime provoquer, rentrer intérieur, tenter des gestes audacieux. Il peut alterner éclairs géniaux et choix frustrants, ce qui est souvent la marque des vrais créatifs. Les supporters du PSV et de la Bosnie parlent d'un joueur parfois différent selon le contexte : plus discipliné en club (7 buts et 5 passes décisives toutes compétitions confondues cette saison), plus libéré en sélection. Dans une Bosnie longtemps dépendante de ses anciens cadres, il représente la nouvelle génération.
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IBRAHIM MAZA (Algérie, 20 ans - 16 sélections, 2 buts)
Ibrahim Maza est le fruit d'un joyeux melting pot. Né à Berlin et donc formé en Allemagne, doté de racines algériennes par son père et vietnamiennes par sa mère, il a finalement choisi de représenter l'Algérie après avoir évolué chez les jeunes allemands jusqu'en U20. Sur le terrain, c'est un meneur de jeu moderne, capable d'occuper tous les postes de l'entrejeu : dribble court, vivacité, créativité, capacité à jouer entre les lignes...
Le Bayer Leverkusen l'a recruté en le présentant comme un des grands talents offensifs de sa génération. L'Algérie a souvent cherché un lien entre milieu et attaque depuis que Riyad Mahrez se trouve sur le déclin ; Maza peut devenir ce connecteur. Humainement, il symbolise aussi une sélection qui attire des profils cosmopolites sans perdre son identité.
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NESTORY IRANKUNDA (Australie, 20 ans - 15 sélections, 5 buts)
Nestory Irankunda possède l'un des parcours humains les plus forts de cette liste. Né dans un camp de réfugiés en Tanzanie, de parents ayant fui la guerre civile au Burundi, puis arrivé à l'âge de trois mois en Australie où sa famille a obtenu l'asile, il a grandi loin des parcours traditionnels. Sur le terrain, l'attaquant polyvalent est un explosif pur : vitesse, frappe lourde, dribble direct. Son tempérament fougueux demande encore de la canalisation, mais c'est aussi ce qui le rend spécial.
Recruté à Adélaïde par l'équipe réserve du Bayern Munich en 2024, avant de partir un an plus tard à Watford et d'y obtenir un temps de jeu régulier, il représente l'avenir du football australien. Les Socceroos n'auront pas la meilleure génération de leur histoire cette année, les individualités comme Irankunda peuvent leur permettre de faire mieux que les quatre buts inscrits au Qatar en 2022.
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ASSANE DIAO (Sénégal, 20 ans - 4 sélections)
Assane Diao, l'une des premières pierres du projet en plein essor de Cesc Fabregas à Côme, incarne la bataille moderne des sélections pour les binationaux. Né au Sénégal mais arrivé en Espagne à l'âge de trois ans, puis formé au Betis, il a porté les couleurs ibères sur la scène internationale jusque chez les Espoirs, avant d'opter pour les Lions de la Téranga au moment de faire son choix définitif. Sur le terrain, c'est un ailier de rupture : rapide, technique, capable de partir d'un côté puis de finir dans l'axe, mais qui manque encore d'efficacité et de tranchant dans les derniers mètres (seulement 2 buts et 1 passe décisive cette saison).
Dans le même temps, le Sénégal prépare l'après Sadio Mané. Diao peut devenir l'un des nouveaux visages d'une sélection qui veut rester au sommet africain et continuer sa progression sur la scène mondiale. Lui, le malheureux forfait de dernière minute avant la Coupe d'Afrique des nations 2025, rêve d'effacer ce petit traumatisme et de porter fièrement les couleurs sénégalaises lors d'un tournoi majeur.
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AYMEN HUSSEIN (Irak, 30 ans - 94 sélections, 33 buts)
Les Bleus devront se méfier d'Aymen Hussein, l'un des grands héros populaires du football irakien, forgé par un parcours extrêmement difficile. Son père, officier dans l'armée irakienne, s'est fait assassiner par l'Etat islamique en 2008. Six ans plus tard, son frère est capturé par l'organisation terroriste. Depuis, l'avant-centre des Lions de la Mésopotamie reste sans nouvelles de son frangin. Ce sera donc un magnifique symbole que de le voir porter les couleurs et le brassard de son pays à la Coupe du monde.
Côté rectangle vert, ce n'est pas un joueur spectaculaire, mais un attaquant puissant, excellent de la tête, généreux dans l'effort, qui est le point d'appui naturel de sa sélection, dont il incarne la résilience (l'Irak a joué… 21 matchs de qualification afin d'obtenir son billet pour l'Amérique du Nord). Dans un pays marqué par des décennies de conflits et d'instabilité, Hussein, par ses buts et son engagement, est devenu une figure rassembleuse. Petit Poucet du groupe I, l'Irak pourra quand même s'appuyer sur un avant-centre efficace.
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NICO PAZ (Argentine, 21 ans - 8 sélections, 1 but)
Un temps destinée à Thiago Almada, la succession de Lionel Messi au sein de l'Albiceleste, sur le plan technique, pourrait revenir entre les crampons de Nico Paz. Né à Tenerife en Espagne, fils de l'ancien international argentin Pablo Paz, formé au Real Madrid mais révélé à Côme en Italie, livrant notamment une saison 2025-2026 de qualité (12 buts et 6 passes décisives en Serie A) : il a grandi entre plusieurs cultures footballistiques.
Ce mélange se ressent dans son jeu : rigueur européenne, sens créatif sud-américain. Milieu offensif gaucher, capable de casser des lignes par la passe comme par la conduite, il aime recevoir entre les lignes, orienter, et même conclure. Il a progressé en ce sens. Même si pour ce Mondial, Lionel Scaloni pourrait lui confier un rôle qui s'inscrirait dans la rotation, Paz incarne de toute façon le futur de la sélection argentine.
Rendez-vous dès ce mercredi 10 juin pour découvrir les 7 autres joueurs !
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