le 16/06/2026 à 08h27

Un Français à New York, au coeur du Mondial 2026

Times Square, veille de Brésil-Maroc.
La Coupe du monde a démarré, mais New York ne semble pas l'avoir tout à fait remarqué. Popularité relative du soccer, effet Knicks et premiers ratés logistiques dessinent un début de compétition à contretemps dans la métropole américaine. Immersion dans la Grosse Pomme.

Monsieur le pilote, voilà ce qu'on appelle avoir le sens du timing ! Les trains d'atterrissage de l'avion se sont posés sur le tarmac ce vendredi 12 juin, à peine quelques minutes avant l'entrée en lice des États-Unis dans leur Coupe du monde. Après de longues semaines d'attente, nous y sommes enfin ! Heureux d'arriver chez l'Oncle Sam pour vivre sur place ce grand moment de sport. Un événement qui, pourtant, n'est pas encore perçu comme tel par tout le monde. À la descente de l'appareil, il y eut une première douche froide, ce qui n'aurait pas été désagréable au sens littéral du terme, tant la chaleur restait étouffante, même une fois la nuit tombée.

Devant les écrans installés dans les longues files d'attente de l'aéroport, avant les contrôles douaniers, voyageurs internationaux comme citoyens américains semblaient avoir mieux à faire que de fixer leurs yeux sur ce USA-Paraguay. Aucune clameur particulière, ni manifestation quelconque d'enthousiasme, n'a accompagné les buts américains. À vrai dire, le plus démonstratif fut sans doute ce dirigeant d'un grand club français, quelques mètres devant nous dans la queue, au moment de la première des deux réalisations de Folarin Balogun.

Bon, on s'attendait à autre chose... Difficile de croire que l'on arrivait dans le principal pays organisateur de la plus grande compétition de football au monde. Une impression de détachement confirmée d'ailleurs par les premiers chiffres tombés un peu plus tard. Certes, la première sortie de Team USA a battu un record historique d'audience pour la sélection américaine de soccer - près de 25 millions de téléspectateurs sur Fox et Telemundo -, mais rapporté aux 350 millions d'âmes qui peuplent le pays, l'engouement paraît soudain bien modeste. À peine 7% de la population états-unienne a vu l'avant-centre de l'AS Monaco allumer la cage paraguayenne.

Une pomme pas mûre

Petite déception, donc, dès notre arrivée. La deuxième a suivi rapidement. Le lendemain, pour assister au très attendu Brésil-Maroc, il fallait se montrer patient. Rejoindre le MetLife Stadium à East Rutherford (New Jersey), dans la banlieue ouest de New York, s'est transformé en parcours du combattant. Comme si tout était fait pour abattre un peu plus notre enthousiasme dans ces premières heures aux États-Unis... La FIFA n'avait prévu que deux passages de navettes pour les centaines de journalistes présents au départ de Manhattan.

Nombre d'entre eux, pourtant arrivés au point de rendez-vous plus de cinq heures avant le coup d'envoi de la rencontre, et voyant le bazar arriver, ont opté pour les taxis, lesquels se sont rapidement empilés sur les autoroutes conduisant jusqu'au stade. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à partager une voiture avec une consoeur péruvienne et un confrère japonais, échappant de justesse à l'enfer routier qui allait engloutir la région dans l'après-midi. Au bout du périple, nous attendait une tribune de presse pour le moins déroutante. Exit l'espace médias habituellement niché au coeur des gradins.

Un Brésil-Maroc vu de derrière les barreaux

Ici, les journalistes sont installés dans une sorte d'open space fermé, réparti sur plusieurs rangées, presque isolé du public derrière d'épaisses vitres insonorisées. Une bulle confortable, certes (vu la température extérieure, on a apprécié la clim, pour être honnête), mais qui nous coupait d'une partie de l'ambiance et n'offrait qu'un aperçu limité du spectacle dans les tribunes. Un petit coup de froid pour une expérience Coupe du monde. Pas aussi saisissant que le vent polaire soufflé par la climatisation de la salle de conférence de presse, mais un coup de froid tout de même. Et une troisième déconvenue, donc.

Les yeux rivés sur les Knicks

La braise s'est rallumée dans New York le soir-même. Depuis le début de la Coupe du monde, la Big Apple regardait ailleurs : vers la balle orange, infiniment plus sacrée de ce côté-ci de l'Atlantique. Après un trajet de plus d'une heure pour avaler les quinze malheureux kilomètres séparant le MetLife de Manhattan, notre navette a eu la bonne idée d'arriver à Times Square une poignée de secondes avant la fin du match 5 des finales de NBA entre les New York Knicks et les San Antonio Spurs. La donne était simple : une victoire des Knicks au Texas leur offrait leur premier titre depuis 53 ans.

Coupe du monde ou NBA, Times Square avait choisi son camp

Malmené (comme souvent dans la série) puis remis d'aplomb par un excellent Jalen Brunson, le pensionnaire du Madison Square Garden touchait au but. Dans les rues, de petits groupes s'étaient formés autour de téléphones diffusant les dernières possessions. Des petits malins s'amusaient à faire croire que leur flux avait de l'avance sur les autres et à crier victoire avant même le retentissement du buzzer. Puis, à 23h30 précises, New York a explosé pour de bon ! Les attroupements se sont démantelés pour mieux envahir les avenues. «J'arrive pas à y croire, on est les putains de champions !», a-t-on entendu sur un trottoir de Broadway, au milieu du début de l'effervescence collective.

Times Square s'est rapidement couvert d'une marée humaine. Dans les entrailles de la ville, les rames de métro résonnaient de chants à la gloire des champions, quand Victor Wembanyama, la star française des Spurs, en prenait pour son grade. De l'homme d'affaires en cravate complètement déchaîné sur le quai, aux fans en joie, maillot bleu sur le dos, tout New York s'apprêtait à basculer dans une nuit d'ivresse. Avant, peut-être, de se mettre enfin à l'heure de la Coupe du monde.

Qu'avez-vous pensé de ce début de Coupe du monde ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

Par Clément Barbier, le 16/06/2026 à 08h27
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