le 01/07/2026 à 16h00

Uruguay : Bielsa, l'adieu en 100 minutes

Marcelo Bielsa s'est expliqué après la déroute de l'Uruguay.
Après l'élimination de l'Uruguay dès la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, Marcelo Bielsa a quitté la Celeste au terme d'une conférence de presse de 100 minutes. Entre bilan sportif, tensions avec ses joueurs et sentiment d'incompréhension, l'Argentin a livré une sortie à son image.

Marcelo Bielsa ne quitte jamais une aventure sans expliquer. Quelques jours après l'élimination de l'Uruguay dès le premier tour du Mondial 2026, le sélectionneur de 70 ans a pris la parole pendant une heure et quarante minutes. Une conférence de presse dense, parfois déroutante, où El Loco a reconnu l'échec de sa sélection, tout en défendant la logique de son travail et en répondant aux tensions apparues ces derniers jours autour de ses méthodes.

Le poids d'un échec

Pour Bielsa, cette sortie prématurée résonne forcément avec son histoire. En 2002, l'Argentin avait déjà vécu un immense revers avec l'Albiceleste, éliminée dès la phase de groupes alors qu'elle faisait partie des grandes favorites du tournoi. Vingt-quatre ans plus tard, l'Uruguay n'avait pas le même statut, mais le scénario reste dur à encaisser pour un entraîneur dont le travail devait culminer pendant cette Coupe du monde. «Cette fin, ces adieux, sont très douloureux. Vu les espoirs que j'avais et la façon dont cela s'est mal terminé» , a reconnu le technicien sud-américain.

Bielsa n'a pas cherché à nier la déception. «Je ne peux pas justifier notre résultat final» , a admis le principal intéressé, en estimant que l'Uruguay avait «déçu les supporters» et que son classement était «totalement inattendu» . Mais l'ancien entraîneur de l'OM a aussi refusé de résumer son Mondial à deux points pris contre l'Arabie Saoudite, le Cap-Vert et l'Espagne. «Je peux parfaitement expliquer pourquoi nous aurions dû terminer le groupe avec sept points» , convaincu que sa sélection aurait dû battre les Saoudiens et les Cap-Verdiens, puis accrocher la Roja.

Des tensions assumées

Cette conférence a surtout permis à Bielsa de revenir sur les tensions apparues avec certains cadres avant le match décisif contre l'Espagne. Les joueurs avaient contesté plusieurs aspects de sa méthode, notamment l'organisation des séances et le volume de ses interventions. «Les joueurs ont suggéré de ne plus s'entraîner séparément en deux groupes. On m'a aussi demandé de réduire le nombre de causeries d'équipe.» L'Argentin assure avoir accepté ces demandes, tout en expliquant qu'il préférait travailler en groupes réduits pour mieux observer ses joueurs et limiter la fatigue dans des conditions difficiles.

Au-delà des choix sportifs, Bielsa a laissé entendre que son message n'avait pas vraiment trouvé d'écho. «Personne n'était intéressé par ce que je transmettais, je n'ai pas le moindre doute là-dessus» , a lancé le natif de Rosario. Il a aussi nié tout conflit personnel avec Federico Valverde, régulièrement présenté comme l'un des cadres les plus éloignés de ses méthodes. «Je n'ai jamais eu de problème avec Valverde. J'ai rêvé d'entraîner Araujo, Valverde, Bentancur…» Entre justification, franchise et amertume, Bielsa a refermé son passage en Uruguay comme il l'avait mené : en expliquant tout, jusqu'au bout.

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Par Youcef Touaitia, le 01/07/2026 à 16h00
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