le 04/07/2026 à 13h45

Colombie : faux outsider, vraie menace

La Colombie file tout droit.
Qualifiée pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 après sa victoire contre le Ghana (1-0), la Colombie poursuit son parcours sans faire beaucoup de bruit. Pourtant, entre sa solidité collective, son volume de jeu et son vécu récent, la sélection de Néstor Lorenzo a tout d'une équipe à prendre très au sérieux.

La Colombie n'a pas le vacarme médiatique des grands favoris. Elle n'a pas non plus la lumière d'une France impressionnante, d'une Argentine portée par Lionel Messi, d'un Brésil toujours scruté ou d'une Espagne installée parmi les références du moment.

Ses horaires tardifs n'ont pas aidé à la rendre très visible en Europe, et son absence du Mondial 2022 l'a peut-être sortie de l'imaginaire immédiat du grand public. Mais sur le terrain, les Cafeteros avancent avec cohérence : victoire contre l'Ouzbékistan (3-1), succès maîtrisé contre la RD Congo (1-0), nul convaincant face au Portugal (0-0), puis qualification logique contre le Ghana (1-0).

Une équipe moins surprise qu'on ne le croit

Ce parcours ne sort pas de nulle part. La Colombie avait déjà envoyé un signal fort lors de la dernière Copa América, en atteignant la finale avant de céder contre l'Argentine en prolongation, sur un but de Lautaro Martinez à la 112e minute. Cette défaite avait laissé des regrets, mais elle avait aussi validé le travail de Néstor Lorenzo. Deux ans plus tard, on retrouve les mêmes bases : un bloc dense, une vraie intensité, des milieux capables de répéter les efforts, des latéraux impliqués, James Rodriguez dans un rôle de chef d'orchestre, Luis Diaz comme menace permanente et une solidarité qui donne l'impression d'une équipe très sûre de ce qu'elle veut faire.

C'est peut-être pour cela que la Colombie donne une impression aussi sérieuse. Elle ne survole pas forcément les scores, mais elle domine souvent les matchs. Contre le Portugal, elle a frappé 24 fois. Contre le Ghana, elle a terminé avec 20 tirs, 8 cadrés, 5 grosses occasions et aucun tir cadré concédé. Sur cette partie, les Colombiens ont parfois manqué de précision, mais ils ont encore étouffé leur adversaire. Dans un Mondial où beaucoup d'équipes vivent sur des individualités ou des séquences, la Colombie ressemble à une vraie force collective. Pas forcément spectaculaire à chaque minute, mais compacte, stable, intense et difficile à manoeuvrer.

Le plafond dépendra de l'efficacité

Le seul vrai doute concerne sa capacité à tuer les matchs. La Colombie produit beaucoup, mais elle ne transforme pas toujours sa domination en score large. Luis Suarez apporte de l'activité et a encore été décisif contre le Ghana en servant Jhon Arias, Luis Diaz reste une menace majeure, James conserve une qualité de passe rare, mais il manque peut-être à cette équipe un Radamel Falcao dans ses meilleures années, ce finisseur capable de convertir une période de domination en avantage définitif. C'est le danger principal avant d'affronter la Suisse : laisser vivre un adversaire organisé, discipliné et capable de punir sur une transition ou un coup de pied arrêté.

Mais si elle règle ce problème, la Colombie peut vraiment regarder plus loin. La Suisse sera un test sérieux, pas un cadeau, mais les Cafeteros partiront avec des arguments supérieurs dans le jeu. Et derrière, un éventuel quart contre l'Argentine aurait tout d'un rendez-vous brûlant, deux ans après cette finale de Copa América perdue au bout de la prolongation. Est-ce suffisant pour parler d'un candidat au titre ? Peut-être pas encore. Mais la Colombie n'a plus grand-chose du simple outsider. Elle avance masquée, sans bruit, avec une identité, une continuité et une vraie force collective. À force de dominer sans être vraiment regardée, elle est peut-être en train de devenir l'équipe que personne n'a envie de croiser.

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Par Youcef Touaitia, le 04/07/2026 à 13h45
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