Le billet d'humeur de Clément Barbier
Jusque-là, tout était trop facile, ou presque, pour l'équipe de France. Une phase de poules survolée (dix buts marqués, deux encaissés), un 16e de finale contre la Suède qui a tourné à la correction (3-0), et des éloges en tout genre venus du monde entier qui saluaient la puissance offensive des Bleus.
Après s'être amusés, les Tricolores ont dû combattre pour éliminer le Paraguay (1-0) en 8es de finale, dans la nuit de samedi à dimanche. La victoire a plus de saveur que prévu, tant, dans l'étuve du Lincoln Financial Field de Philadelphie, où 44 degrés étaient ressentis au coup d'envoi, la Albirroja s'est montrée détestable.
Refus de jeu total
Le 5-4-1 installé par Gustavo Alfaro au coup d'envoi ne laissait guère de doutes quant aux intentions des Paraguayens. De là à ce qu'ils sortent une immondice de la sorte… Il fallait le voir pour le croire. Aucun projet de jeu, si ce n'est d'envoyer courir Julio Enciso tout devant, dans l'espoir que ce dernier déstabilise d'une manière ou d'une autre la charnière française. Cela n'a pas été le cas. Le Paraguay a le droit d'être limité, de ne pas vouloir se découvrir de la sorte, mais un tel refus de jeu laisse perplexe.
La grille de statistiques est hallucinante. Les joueurs paraguayens n'ont réussi que 99 passes (contre 510 pour les Bleus). Soit moins d'une par minute (103 au total, temps additionnel inclus). À peine plus d'une sur deux a trouvé les pieds d'un coéquipier (54,1%). Personne ne fait pire depuis que la donnée est disponible dans un Mondial (1966), sauf… le Paraguay, déjà, un peu plus tôt lors de cette édition, contre la Turquie (1-0). Plus frappant encore, la Albirroja n'a réussi que 13 transmissions dans les 35 derniers mètres adverses (25%), quand la France en a complété… 15 fois plus : 199 sur 233 (85%).
Enfin, si le sélectionneur paraguayen ne résiste pas à l'élimination et prend la porte, qu'il ne s'inquiète pas, son CV est déjà étudié de près par Scania, Iveco, et sûrement beaucoup d'autres constructeurs de bus. La position moyenne des joueurs sur le terrain fait état d'une belle ligne de sept joueurs à l'arrière. Seul Enciso ayant évolué dans le camp français. Chez les Bleus, il n'y a que William Saliba et Dayot Upamecano dont la position moyenne n'est pas allée au-delà de leur propre camp (mais à 45 mètres du but). Quel supporter paraguayen pourra se vanter du match livré par son équipe ? Y en a-t-il un qui a pris du plaisir ?
Arbitrage complice
Là n'est pas le problème. Une équipe a le droit de ne pas vouloir jouer, de bétonner, peu importe. Le souci, c'est l'agressivité déplacée et la complicité de l'arbitrage désastreux d'Ilgiz Tantashev, qu'on ne reverra certainement plus sur les pelouses américaines. L'officiel ouzbek a tout fait pour favoriser le plan de jeu paraguayen, qui consistait tout simplement à saboter le match. On pourrait parler des nouvelles règles de la FIFA qui n'ont jamais été appliquées pour combattre le gain de temps disproportionné. On ne s'éternisera pas sur le temps passé à terre par les Sud-Américains. Mais là, passe encore.
Le plus frappant, ce sont les coups, antisportifs et méchants, ni plus ni moins, qui n'ont jamais été sanctionnés. Pas vus ? Simplement ignorés ? Difficile de trouver une explication à cette aberration. Monsieur Tantashev a réussi l'exploit de ne sortir aucun carton contre le Paraguay (une première pour la Albirroja dans un Mondial depuis 1998), et trois côté français, alors que les Tricolores n'ont frappé personne et ont fait deux fautes de moins.
Adrien Rabiot percuté dans le dos par Juan José Caceres ? Rien. Kylian Mbappé boxé par Matias Galarza sur une course vers le but alors qu'il n'avait pas le ballon ? Rien. Puis accroché par le maillot ? Rien. Gustavo Velazquez qui sabote le point de penalty ? Rien. Une semelle sur Mbappé ? Rien. Un coup dans le ventre d'Upamecano ? Rien. Un coup dans le visage de Manu Koné ? Rien. Et ce n'est pas exhaustif. Seul un membre du staff a écopé d'un carton jaune à la suite d'échauffourées après le coup de sifflet final. C'est encore pire : cela veut dire que M. Tantashev savait comment faire. Ce samedi, il y avait donc les Bleus, les voyous et l'aveugle.
Qu'avez-vous pensé du plan de jeu du Paraguay et de l'arbitrage du match ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...