le 08/07/2026 à 11h30

Argentine : un fil de plus en plus mince

Messi, en mode Messie.
Portée par un Lionel Messi toujours immense, l'Argentine affrontera la Suisse en quart de finale de la Coupe du monde 2026 après un parcours favorable sur le papier. Mais depuis deux matchs, les champions du monde avancent avec une marge de plus en plus réduite.

L'Argentine est encore là, et c'est bien l'essentiel pour un champion du monde en titre. Mais avant d'affronter la Suisse, samedi, en quart de finale, l'Albiceleste ne dégage pas exactement la sérénité d'une équipe en pleine maîtrise. Depuis le début du tournoi, son tableau fait beaucoup parler.

Algérie, Autriche, Jordanie, Cap-Vert, Égypte, puis Suisse. Avec un classement moyen de 38e au classement FIFA avant la compétition, ses adversaires composent un chemin très abordable pour un demi-finaliste potentiel. Le constat est réel, sans tout expliquer.

Un chemin favorable, mais pas choisi

Il faut d'abord le dire clairement, l'Argentine n'a pas choisi son tableau. Elle a terminé première de son groupe, avec neuf points, et a simplement pris ce que la compétition lui offrait. Si l'Uruguay a disparu trop tôt après une quinzaine cataclysmique, si le Portugal a basculé dans une autre partie du tableau ou si la Colombie a chuté contre la Nati, ce n'est pas le problème de Lionel Scaloni et de ses joueurs. En Coupe du monde, le premier devoir reste de survivre. De ce point de vue, les Argentins font leur travail.

Mais ce chemin favorable a peut-être aussi installé un confort trompeur. L'Algérie, 28e nation mondiale, avait le profil pour bousculer l'Albiceleste, mais elle l'a surtout regardé jouer. L'Autriche, 24e, n'a pas proposé grand-chose. La Jordanie, novice à ce niveau et déjà éliminée, n'a pas réellement placé les champions du monde dans le doute. Le premier tour parfait a donné une impression de supériorité naturelle. Depuis, le Cap-Vert a poussé l'Argentine en prolongation, puis l'Égypte a mené 2-0 jusqu'à la 79e minute. Deux matchs, deux alertes.

Le tout-Messi, miracle et limite

Ce n'est pas totalement nouveau dans l'histoire récente de l'Argentine. En 2022 déjà, le sacre au Qatar n'avait pas ressemblé à une promenade de santé, entre la défaite contre l'Arabie Saoudite, les moments tendus contre le Mexique, l'Australie ou les Pays-Bas, puis cette finale presque renversée par la France sur l'arrêt d'Emiliano Martinez devant Randal Kolo Muani. L'Albiceleste sait vivre sur le fil. La différence, quatre ans plus tard, c'est que sa marge paraît encore plus fine, avec une équipe moins souveraine physiquement.

À 39 ans, Messi continue pourtant de porter l'Argentine avec une influence presque irréelle. Il compte déjà 8 buts dans ce Mondial, alors qu'aucun autre joueur argentin n'a marqué plus d'une fois. Julian Alvarez traverse la compétition sans véritable impact, Lautaro Martinez reste très irrégulier, et l'animation offensive attend souvent l'éclair du numéro 10. La Suisse, froide et pénible à manoeuvrer, peut tester cette fragilité. Puis viendra peut-être l'Angleterre ou la Norvège. L'Argentine peut encore monter en puissance, mais le fil devient de plus en plus mince.

L'Argentine peut-elle croire en ses chances de doublé ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

Par Youcef Touaitia, le 08/07/2026 à 11h30
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