Nous y sommes. Ce samedi marquera la fin d'une incroyable histoire d'amour entre Didier Deschamps et l'équipe de France.
Après 14 ans de bons et loyaux services, l'ancien coach de l'Olympique de Marseille rendra son tablier de sélectionneur suite à la petite finale de la Coupe du monde face à l'Angleterre, avant d'être remplacé par Zinédine Zidane. L'heure de faire le bilan, donc, puisque l'éventuelle place sur le podium du Mondial pèsera finalement peu dans la balance.
2018, au-dessus de tout
«Personne ne va pleurer ici, mais je sais que l'équipe de France va me manquer. J'ai eu le privilège pendant 14 ans de connaître des moments magiques, mais aussi d'autres moments plus difficiles. La vie continue, je suis de nature positive, je sais que l'après sera bien aussi. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée, ça a pris 25 ans de ma vie en tant que joueur et sélectionneur, et ça marque. Il reste des souvenirs inoubliables», a déclaré DD, presque ému ce vendredi pour son ultime conférence de presse d'avant-match.
Parmi ces souvenirs inoubliables, un seul restera forcément au-dessus des autres : 2018 et ce titre de champion du monde glané à Moscou contre la Croatie. Vingt ans après la première étoile décrochée à Saint-Denis en tant que capitaine des Bleus, Deschamps en a offert une seconde à la patrie. L'accomplissement d'une vie, le titre ultime, qui pèse forcément très lourd dans le bilan du sélectionneur. Bien plus que son unique autre titre avec les Bleus, à savoir la Ligue des Nations remportée en 2021 face à la Roja.
Le plus grand sélectionneur français de l'histoire ?
«Quand on fera le bilan, il sera considéré comme le plus grand sélectionneur des Bleus. C'est vrai que Michel Hidalgo en 1984 puis Aimé Jacquet en 1998 étaient, eux, partis avec un titre, et j'aime quand la sortie est belle, mais il faut tout de même rendre hommage à tout ce qu'a fait Deschamps à la tête de la sélection», a commenté son ancien coéquipier chez les Bleus et à l'OM, Eric Di Meco. Il est vrai qu'au-delà des titres, les différentes équipes de «La Dèche» ont fait vivre de folles émotions au peuple français en 186 matchs, pour 122 victoires.
De cruelles désillusions, aussi, comme cette finale de l'Euro 2016 perdue contre le Portugal ou celle du Mondial 2022 face à l'Argentine. Un autre sélectionneur aurait-il réussi à amener l'équipe de France aussi loin dans ces différentes compétitions ? On ne le saura jamais. Ce que l'on sait, c'est que Deschamps a repris une sélection au bord du précipice en 2012, et qu'elle fait aujourd'hui partie des meilleures de la planète. Une demi-finale, comme celles perdues contre l'Espagne en 2024 et mardi dernier, est devenue la norme.
«Ça fait 14 qu'on se fait chier»
Quelques ombres au tableau, malgré tout. L'échec cuisant de l'Euro 2021 et cette élimination dès les huitièmes de finale contre la Suisse, mais aussi un jeu pas toujours flamboyant. «Il a brillé pendant toute sa carrière de sélectionneur en négligeant le jeu collectif. Ça fait 14 qu'on se fait chier. On m'a toujours dit que Deschamps gagnant mais, sur sept compétitions, il en gagne une. À l'arrivée il a le même palmarès que Roger Lemerre et qu'Aimé Jacquet», a par exemple pointé du doigt Christophe Dugarry.
L'avis de cet autre ancien coéquipier est légèrement biaisé, inimité entre les deux hommes oblige, mais peut s'entendre. L'ex-attaquant de Bordeaux a également parlé des «générations exceptionnelles» - comme celle d'aujourd'hui - que DD n'a pas su mener au beau jeu, et surtout à la victoire. Zidane parviendra-t-il à faire mieux ? L'avenir nous le dira. Et sans doute que le véritable accomplissement de Deschamps se mesurera en fonction de ce que feront ses successeurs. En attendant, il y a une sortie à soigner…
Si vous deviez décrire le bilan de Deschamps en quelques mots ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire»…