Deux mois après avoir vécu la plus grande désillusion de sa carrière, Omar Artan tient enfin son grand rendez-vous. Sélectionné pour arbitrer la Coupe du monde 2026, l'officiel de 34 ans avait été refoulé à son arrivée à Miami malgré son visa et son passeport diplomatique.
Une décision justifiée par les autorités américaines par des problèmes de vérification de ses antécédents et des soupçons de liens avec des personnes associées à des organisations terroristes. Artan, lui, assurait simplement avoir «tous les papiers en règle» .
Du rêve brisé à une finale européenne
Le coup avait été particulièrement brutal pour le meilleur arbitre africain de l'année 2025. Premier Somalien retenu pour une Coupe du monde après avoir déjà officié à la CAN et en finale de Ligue des Champions africaine, le natif de Mogadiscio avait vu son rêve s'arrêter avant même le début du tournoi. «C'était une période très difficile. Lorsqu'on travaille dur pendant des années dans l'espoir d'accomplir quelque chose et qu'on en est finalement empêché, c'est une épreuve très dure» , a raconté le sifflet au site de l'UEFA.
Sa réponse viendra donc sur le terrain. Désigné pour PSG-Aston Villa dans le cadre de la coopération entre l'UEFA et la CAF, Artan deviendra le premier arbitre non européen à diriger une Supercoupe d'Europe. Une nouvelle étape majeure pour celui qui avait été accueilli en héros à son retour en Somalie et qui a depuis continué à officier dans son pays, au Koweït ou encore au Rwanda. «Je suis honoré d'avoir été désigné pour ce match d'envergure» , a savouré le Somalien.
Un joli pied de nez de l'UEFA
Difficile également d'ignorer la dimension politique de cette nomination. Lorsque la FIFA avait regretté son exclusion tout en expliquant ne pas pouvoir dicter leur conduite aux autorités américaines, l'UEFA avait rapidement choisi de lui offrir une nouvelle scène internationale. Aleksander Ceferin avait alors insisté sur «l'unité, l'égalité et la non-discrimination» , tout en mettant en avant les qualités d'Artan. Une manière assez claire de rappeler que son absence au Mondial ne reposait pas sur des considérations sportives.
La désignation avait été décidée avant la récente escalade des tensions entre l'UEFA et la FIFA, mais le contexte actuel lui donne forcément encore plus de relief. Artan n'a toutefois pas besoin de transformer la soirée en revanche politique. Son meilleur message restera de réussir sa prestation entre le PSG et Aston Villa. Deux mois après avoir été empêché d'exercer sur la plus grande scène mondiale, l'arbitre somalien dispose enfin d'une occasion en or de montrer qu'il avait bien sa place parmi les meilleurs.
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