On dit que 40 ans est l'âge de la sagesse. Cristiano Ronaldo a visiblement décidé d'y faire exception. Mardi, le quintuple Ballon d'Or a longuement raconté son conflit avec Jorge Jesus, les promesses non tenues et les discussions qui ont précédé son départ.
Reste une question : comment la gestion d'un joueur de 41 ans, resté sur le banc lors du deuxième match, peut-elle provoquer un tel séisme autour de la sélection ?
Tout ramener à son statut
Ce qui frappe d'abord dans cette histoire qui n'en finit plus, c'est que Ronaldo ne se contente pas de donner sa version : il reconstruit toute l'affaire autour de son statut. Chaque détail devient important parce qu'il le concerne. Une promesse de 30 minutes non tenue, un échauffement sans entrée en jeu, une conférence de presse jugée insatisfaisante... Des situations banales dans la vie d'un groupe prennent une dimension exceptionnelle dès qu'elles touchent le capitaine.
Le fameux document qu'il dit avoir validé résume bien cette déconnexion. Jorge Jesus devait notamment reconnaître avoir eu tort de faire s'échauffer «un joueur de l'envergure de Pelé ou de Maradona» sans le faire entrer. Dans le même texte, l'ancienne star du Real Madrid assure pourtant ne réclamer aucun privilège et vouloir être traité comme les autres. Il dit accepter son déclassement... mais il semble attendre qu'il soit organisé avec les égards dus à la légende qu'il a été.
Le football relégué au second plan
Le plus fort est peut-être d'avoir complètement déplacé le débat. Ces dernières années, les questions portaient sur le terrain. Ronaldo devait-il encore débuter ? Son profil convenait-il toujours au Portugal ? Sa présence freinait-elle l'évolution de l'équipe ? Aujourd'hui, on ne parle presque plus de football. On débat de respect, de parole donnée, de communication, d'excuses, et même des conditions de son éventuel retour.
Pendant ce temps, la Seleção a gagné ses trois derniers matchs sans lui, et Gonçalo Ramos a parfaitement occupé l'espace laissé vacant. Pas de quoi affirmer que le Portugal est meilleur sans CR7, mais assez pour rappeler une évidence : à bientôt 42 ans, après 234 sélections, son pays peut avancer sans lui. Ronaldo a construit sa légende en refusant toutes les limites. À force de repousser la dernière, il semble surtout oublier de laisser les autres respirer.
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