Il fut un temps où chaque ballon que touchait Vinicius Junior sentait la poudre. Capable de briser des reins sur une simple accélération, de débloquer un match fermé ou de plier une finale, l'ailier brésilien avait pris une dimension exceptionnelle.
Deuxième du Ballon d'Or 2024, l'ancien joueur de Flamengo paraissait alors intouchable. Deux ans plus tard, la chute est brutale. Avec un seul but en huit matchs cette saison, l'Auriverde traverse une vraie crise de confiance.
Un joueur devenu plus prévisible ?
Le problème dépasse le simple manque de réalisme. Vinicius donne surtout le sentiment de ne plus faire peur. Ses prises de balle bousculent moins les blocs, ses accélérations créent moins de danger et ses choix manquent de justesse. Autrefois bourreau des défenseurs, il bute désormais sur leur organisation. Un constat d'autant plus troublant que sa vitesse et sa technique restent intactes sur le papier.
Son football exige pourtant une prise de risque constante. Pour briller, Vinicius doit provoquer et accepter le déchet. Quand la réussite le fuit, cette audace ressemble soudain à de l'entêtement. Le Madrilène s'enferme aujourd'hui dans un cercle vicieux. Il rate, doute, hésite et finit par gommer l'instinct qui a bâti sa réputation. Ses récentes prestations décevantes avec le Brésil prouvent que le malaise est profond.
Une place à retrouver dans le nouveau Real
Pendant des années, le jeu du Real penchait à gauche pour lui. L'arrivée de Kylian Mbappé a rebattu les cartes et modifié les circuits de passes. Le Français aspire les ballons, monopolise l'attention et piétine parfois ses zones préférentielles. Sans être incompatibles, les deux stars cherchent encore leurs automatismes. Cette nouvelle donne oblige le Brésilien à se réinventer, puisqu'il ne peut plus être l'unique rampe de lancement des attaques madrilènes.
José Mourinho fait donc face à un vrai casse-tête. Comment libérer ce joueur d'instinct sans déséquilibrer un système rigoureux ? D'autant que le jeune Yan Diomandé pousse fort derrière pour s'imposer en attaque. Si le technicien portugais le soutient publiquement et que son contrat court jusqu'en 2032, le crédit de Vinicius n'est pas inépuisable. À 26 ans, son talent reste immense. Mais il devra muscler son jeu pour redevenir le patron d'une équipe qui apprend déjà à avancer sans lui.
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